Keylor Navas : l’arme anti-remontada du PSG

S’il transpire l’humilité et la discrétion, le costaricien est pourtant l’une des grandes satisfactions du Paris Saint-Germain en matière de recrutement. Au moment d’accueillir Barcelone, son club compte sur son exceptionnel talent pour s’éviter toute déconvenue.

Keylor Navas est l’un des meilleurs gardiens du monde. Ses trois victoires en Ligue des Champions avec le Real Madrid et ses envolées actuelles au PSG en font foi. Pourtant, le portier se remet constamment en question. «Chaque jour, c’est comme s’il repartait de zéro», explique Santiago Cañizares, ancien gardien de but madrilène. Voilà peut-être le secret de son excellence régulière.

Sa réussite se forge d’abord dans la misère d’Amérique centrale. Enfant, il est échangé par l’école de football de San Isidro El General, son village natal au sud du Costa Rica, contre un peu d’argent et quelques ballons. Le Deportivo Saprissa, club le plus titré de l’histoire costaricienne, recrute ainsi un gardien petit (1,83m aujourd’hui) mais très doué.

Keylor Navas tire bien des enseignements de ce «transfert» peu conventionnel. Fidèle chrétien, il remercie Dieu d’avoir réussi à s’imposer dans le football de haut niveau. Il le remercie par ailleurs d’avoir rencontré lors de services religieux au Costa Rica, son épouse et ange gardien, la mannequin Andrea Salas. L’humble portier fait aussi jouer son acharnement face aux obstacles à surmonter. 

Le chemin vers le monde professionnel s’est avéré sinueux. Sa petite taille l’a longtemps décrédibilisé. Mais son envie d’atteindre ses objectifs pour «aider sa mère et sa grand-mère» était inaltérable. En 2014, après des années de travail monstrueux, le «Faucon» sort de son nid lors de la Coupe du monde. La naissance de son fils Mateo l’a sûrement galvanisé.

La défense du Costa Rica est robuste. Keylor Navas n’encaisse que deux buts en cinq matchs là où le Brésil, pays hôte, en concède sept en une rencontre face à l’Allemagne (1-7). Dès lors, son aisance sur la ligne de but, sa faculté à gérer les face-à-face et ses arrêts réflexes attirent les grandes écuries européennes.

Élevé au statut de dieu vivant au Costa Rica, Keylor Navas obtient la nationalité espagnole après sa signature au Real Madrid. Il effectue sa spéciale : déloger le gardien en place lorsqu’il arrive dans un club. Après avoir fait le coup à Albacete en deuxième division espagnole puis à Levante, dans la banlieue de Valence, c’est Iker Casillas qui se mue en proie pour le «Faucon».

L’icône Merengue, autre “petit gardien” (1,82m), et ses 725 matchs avec le Real Madrid sont vite dépassés par le Costaricien. Après une saison, l’Espagnol alors âgé de 33 ans laisse les buts à Keylor Navas qui brille sans retenue. Il établit d’emblée un record en n’encaissant aucun but lors de ses huit premiers matchs de Ligue des Champions. Keylor Navas se montre incontestable pour rester incontesté. Le résultat semble presque surréaliste : trois saisons où il est titulaire, trois Ligue des Champions remportées sous les ordres de Zinédine Zidane (2016, 2017, 2018).

Désormais âgé de 34 ans, le doyen de l’effectif parisien est un taulier depuis son arrivée au PSG en septembre 2019. Keylor Navas tente d’inculquer sa rage de vaincre à ses coéquipiers tout en étant (presque) irréprochable à son poste. Cette saison, il arrête 84.4% des tirs subis en Ligue 1. Seul Jan Oblak (Atletico Madrid) fait mieux dans les cinq grands championnats.

Échangé pour quelques ballons de football au cours de sa jeunesse, Keylor Navas est désormais une référence mondiale au poste de gardien de but. L’histoire de sa vie est digne d’un récit initiatique. D’ailleurs, le protagoniste a présenté son biopic au Festival de Cannes, en 2017.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *