Un vainqueur inédit en majeur, le retour des mousquetaires…nos paris tennis pour 2019

2018 est mort, vive 2019 ! Après une saison qui a vu une énième renaissance, celle de Novak Djokovic, chez les garçons, et une dispersion des trophées chez les filles, que nous réserve cette nouvelle année ?

Pour être honnête, 2018 ne me laissera pas un goût impérissable. Entre Les performances désastreuses des Bleus, des Grands Chelem pas vraiment inoubliables et la mort de la Coupe Davis, cette année ne restera pas un grand cru, loin s’en faut. Faut-il espérer mieux pour 2019 ? Ce n’est pas gagné pais tentons de rester optimiste.

Un vainqueur inédit en Majeur :

Depuis le temps qu’on attend ce renouvellement des générations, ça commence à être lassant. La facilité avec laquelle Novak Djokovic a repris le trône est symptomatique de la baisse générale de niveau de ces dernières saisons. Soyons clairs, ce n’est pas normal que personne ne soit en mesure de concurrencer sérieusement le trio infernal qui a encore tout raflé l’an dernier ! Ils sont moins forts que lors de leurs meilleures années (et de loin) mais continuent à empiler les Grands Chelems comme si de rien n’était.

Le pire est qu’ils sont encore moins challengés, non seulement personne n’a pris leur place mais aucun jeune  n’a même pris la suite des seconds couteaux magnifiques qui leur en faisaient baver. Où sont les successeurs des Tsonga, Berdych, Ferrer, Wawrinka ou Del Potro, capables de les pousser dans leurs retranchements au meilleur des cinq manches ? Nulle part. Il suffit de voir l’inexistence d’un Zverev sur ces formats pour s’en convaincre.

Bref, J’ai envie qu’on tourne enfin la page de cette génération magnifique qui commence sérieusement à me gonfler. Du coup, on va parier, sans trop y croire, sur un nouveau vainqueur. Honnêtement, c’est plus de la méthode Coué qu’une véritable conviction mais tant pis… Alors, qui pour le rôle ? Thiem ? Il en est le plus proche mais n’est performant qu’à Roland Garros et Rafa sera là. Zverev ? Parier sur un effet Lendl est tentant mais plutôt pour 2020. Tsitsipas, Kachanov, Medvedev, Shapovalov ou Coric ? Trop tendres. Non, si je devais parier ma maison, j’irais plutôt vers un joueur à maturité et sûr de son jeu comme Anderson, pas forcément hyper réjouissant…

Un baroud d’honneur des mousquetaires :

Avant l’inéluctable prise de pouvoir à moyen terme d’Ugo Humbert (ne me faites pas rire avec l’escroquerie Moutet que je n’imagine même pas en Top 30), le tennis français traverse une une période particulièrement pauvre. Aucun des joueurs dans la force de l’âge ne me semble en mesure de nous faire vraiment plaisir. Pouille, Paire ou Herbert tiendront leur place mais n’ont vraiment pas ce qu’il faut pour aller s’installer durablement dans le Top 15 ou faire une perf majuscule en Grand Chelem.

Dans ce marasme, il va encore falloir compter sur les anciens. Certains ont cru déceler leur chant du cygne en 2018, moi je crois qu’il en ont encore dans le ventre. Sans doute pas pour revenir squatter le Top 10 mais certainement pour nous offrir un ou deux jolis frissons. Que ce soit en Majeur ou en Master 1000, je suis persuadé que, si un Top 10 doit s’incliner contre un joueur français cette saison, ce sera face à Tsonga, Gasquet, Monfils ou Simon.

Richard est d’ailleurs toujours N°1 tricolore et Jo et Gilles ont déjà montré la voie cette semaine pour la reprise. Ils seront encore là si leur corps leur fout un peu la paix, n’en déplaise à tous leurs haters qui polluent trop régulièrement les sites spécialisés. La plus brillante génération du tennis français va nous offrir de beaux moments en 2019, j’en suis convaincu.

Un retour en grâce du tennis féminin :

Le tennis, c’est un peu les vases communiquant. La bonne santé médiatique de l’un circuit ne rejaillit pas nécessairement sur l’autre, ce serait plutôt l’inverse. Lorsque le tennis masculin régale, il n’y a pas grand monde pour s’intéresser aux filles. Or, actuellement, les garçons font de moins en moins recette. En dehors des matches de Roger et Rafa, les stades peinent à se remplir et les audiences se font maigrelettes. Du coup, par acquis de conscience, on jette un coup d’oeil aux jeunes femmes.

Et ça tombe bien. On le sentait poindre depuis quelques temps et ça se confirme, une nouvelle génération arrive et elle est beaucoup plus sympa à voir jouer. Le temps des clones semble quelque peu révolu et il n’est plus impossible de voir des oppositions de styles intéressantes sur les courts de la WTA. Stephens, Bellis, Sabalenka, Vondrousova, Anisimova, Osaka… Elles ne sont pas rares les filles qui varient le jeu pour produire des effets et parfois s’offrir des montées au filet. Une petite révolution dans un tennis fait depuis 10 ans (depuis la retraite du duo Mauresmo/Hénin en fait), de lancinantes frappes de fonde court à plat.

L’an dernier, je le dis sans honte, j’ai parfois pris plaisir à regarder du tennis féminin ! Impensable il y de ça quelques saisons, la chose pourrait même bientôt se banaliser. Les filles jouent bien, se tirent la bourre et apportent un vent de fraicheur et d’incertitude sur la planète jaune. De quoi peut-être accompagner agréablement cette interminable période transitoire chez les hommes.

Une modernisation des formats de jeu :

Dans quelques années, quand on regardera en arrière, on s’apercevra que la fin de la Coupe Davis aura tourné une page définitive dans l’histoire du jeu. Je suis persuadé que sa mise à mort n’est pas une conclusion mais une introduction vers un tennis résolument différent. La boîte de Pandore a été ouverte et n’est pas prête de se refermer. La tennis traditionnel vit certainement ses dernières heures. Les premiers effets n’ont d’ailleurs pas tardé. L’un après l’autre, Wimbledon et l’Open d’Australie ont mis fin aux cinquième sets à rallonge.

Si l’obligation de remporter deux jeux d’écart pour gagner la manche décisive a fait la légende des tournois majeurs, c’est désormais de l’histoire ancienne. Si Roland Garros résiste encore et toujours à l’envahisseurs, gageons que cet ultime bastion ne devrait pas tarder à tomber. Et avec lui, le tennis d’antan. Car oui, ne soyons pas dupe, devant la dictature de l’audimat et de l’urgence, le format en cinq manches finira lui aussi par s’éteindre, comme les avantages ou les lets pour laisser place au coaching, aux micros et aux timers.

Les tests réalisés en tournoi exhibition ne sont pas innocents, les formats ludiques du Master Next Gen ou de la Roger Cup vont peu à peu s’installer dans les tournois officiels pour apporter plus de rapidité, d’intensité et de télégénie à des rencontres parfois un peu monotones. Le tout spectacle pour le plus grand bien ? Ça reste encore à voir. Mais ne soyons pas des vieux cons, si tous ces changements ne seront pas judicieux, le tennis doit trouver des moyens de se moderniser pour continuer à exister auprès du grand public et tant pis pour les puristes.

2019 risque bien d’être une année de transition sur les courts et un laboratoire en dehors, espérons qu’elle nous offre de grands moments et de belles surprises, pourquoi pas en Bleu…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *