Un duel Federer-Djokovic et une Next Gen à la peine, nos pronostics pour Wimbledon messieurs

En dépit de mes espoirs, Roland Garros n’a pas marqué un renversement des forces par la jeune génération, Thiem étant encore un peu juste face à l’ogre Nadal. Traditionalisme oblige, ce renouvellement que j’appelle de mes voeux ne devrait pas avoir lieu à Wimbledon, qui devrait s’offrir à un habitué.

Le vainqueur : Roger Federer

On va être honnête, comme pour Roland Garros, j’ai laissé le coeur parler. Si je ne vois aucune nouvelle tête s’imposer en Grand Chelem, autant que ce tournoi soit le dernier joyau de la couronne de l’Helvète qui arrive à Londres avec de solide repères. Bien qu’il ait été poussé dans ses retranchements à Halle par Tsonga et Bautista Agut, il est monté en puissance pour terminer en fanfare. De bon augure.

Suffisant pour triompher une neuvième fois au All England Court, j’ai envie d’y croire même si ma tête me pousserait à être plus pragmatique et à parier sur le Djoker qui a hérité d’un tableau très light pour arriver frais dans le dernier carré. Mais vu que c’est aussi le cas du Suisse qui ne devrait pas être inquiété avant les demies, j’ai rangé la raison et fait parler les sentiments.

La surprise : Miomir Kecmanovic

J’en ai déjà parlé, j’aime beaucoup ce jeune homme au mental bien trempé et la technique très propre. Pas impressionnant physiquement, il compense par un déplacement clinique et un timing parfait, une sorte de mix entre son idole Djokovic et Gilles Simon. À l’aise sur gazon, le Serbe arrive lancé après sa première finale sur le grand circuit à Antalya. Bien que défait par Sonego, il a prouvé cette semaine avec des victoires au couteau, qu’il faudrait compter avec lui du côté de Londres.

Et, ça tombe bien, il a plutôt été épargné par le tirage. Après un premier tour qu’il devrait maîtriser face à Carballes Baena, il a hérité d’une tête de série jouable en la personne de Benoît Paire pour espérer défier Alexander Zverev au troisième tour. Face à l’Allemand si irrégulier en majeur, il y aura un coup à jouer pour signer l’exploit du tournoi.

La déception : Stefanos Tsitsipas

J’ai hésité avec Kevin Anderson qui pourrait disparaître d’entrée de jeu contre Pierre-Hugues Herbert mais, dans l’absolu, il ne s’agirait pas d’une énorme déception. Le Sud-Africain a beau être finaliste en titre, il revient tout juste de blessure et l’on en attend finalement pas grand-chose. Non, la vraie surprise pourrait venir du formidable grec.

Soyons clair, j’adore ce joueur au mental de guerrier et au jeu offensif, il a tout pour remporter un jour ce tournoi. Et pourquoi pas dès cette année. Pourtant, il y a un obstacle sur son chemin dès le deuxième tour : Ivo Karlovic. Le croate est capable de battre tout le monde et Stefanos n’aime pas le jouer. Ce match a tout du test ultime pour lui, il le passe et tout est possible, il ne le passe pas et il rencontrera un premier gros coup d’arrêt dans sa progression. Grosse pression pour lui en perspective…

Le meilleur français : Gilles Simon

Ce Wimbledon pourrait être assez paradoxal pour nos Bleus. Alors qu’ils ont particulièrement brillé lors de cette courte saison saison sur herbe, on pourrait assister à une petite Berezina. La faute à un tirage vraiment défavorable. C’est bien simple, alors qu’il y a clairement des coups à jouer sur des têtes de série peu à l’aise sur gazon, les français n’y seront pas opposés. Tsonga aura à défier Shapovalov puis le vainqueur de Nadal-Kyrgios, Pouille et Gasquet s’affronteront d’entrée avant de jouer sa majesté Roger dès le troisième tour quant à Mannarino et Herbert, ils ont pris du lourd d’entrée avec Cilic et Anderson…

Un seul pourrait tirer son épingle du jeu et, ça tombe bien, c’est le plus en forme. Gilles Simon est dans la bonne partie du tableau, pour atteindre les huitièmes où l’attendrait Thiem, pas vraiment un cador sur herbe, il a hérité de Fognini au troisième tour, rien d’insurmontable. Il y aura donc clairement quelque chose à faire pour le Niçois, récent finaliste au Queen’s, s’il arrive à être performant au meilleur des cinq manches. J’ai très envie de croire qu’il peut rééditer ici sa meilleure performance en majeur en atteignant les quarts.

Le match : Rafael Nadal – Nick Kyrgios

Malgré une pléthore de matches emballants sur les deux premiers tours, il ne faut pourtant pas chercher très loin pour trouver l’affiche de cette première semaine. Une rencontre qui n’est d’ailleurs pas garantie car il faudra d’abord que l’australien se défasse de son compatriote Thompson, très à l’aise en ce moment pour défier le roi de l’ocre. Cependant, l’enfant terrible du circuit ne vit que pour ces matches d’exceptions et je l’imagine très motivé pour ne pas manquer le coche.

En effet, et avant d’être la promesse d’un match explosif et spectaculaire, ce sera avant tout l’occasion pour lui d’assumer ses propos très critiques envers le majorquin ces dernières semaines et, de l’autre côté du filet, de les lui faire regretter. Cette rencontre sent clairement la poudre, à n’en pas douter le premier temps fort de la quinzaine.

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