Surprenant, cet Open d’Australie est un régal, et ce n’est pas fini !

En début de semaine, en théorie sur Sport-Vox, c’est « La Soufflante », mon coup de gueule hebdomadaire. Mais pas aujourd’hui, car pour une fois, j’ai envie de m’enthousiasmer ! Direction Melbourne et l’Australian Open.

Alors que le circuit ATP, incapable de se renouveler, filait un mauvais coton ces dernières saisons, le premier majeur de l’année me redonne vraiment le sourire et de l’espoir pour l’avenir de ce jeu. Clairement, depuis une semaine, on se régale ! Presque une révolution quand on repense aux insipides dernières levées du Grand Chelem !

Du spectacle comme rarement !

Murray-Bautista, Wawrinka- Raonic, Carreno-Busta-Nishikori ou Medvedev-Djokovic, matches spectaculaires, intenses et indécis ne sont que la partie immergée de l’iceberg tant les rencontres de hautes volées se sont multipliées dans une première semaine de dingue ! C’est bien simple, j’ai bien du mal à me souvenir d’une première semaine de grand chelem avec un tel niveau de jeu et une telle densité.

Si l’Australian et sa surface hybride, idéale pour convenir aux attaquants comme aux défenseurs, et ses températures caniculaires est un cadre souvent propice à ces affrontements homériques, cette édition a monté le curseur d’un cran. Les joueurs ont plus que jamais laissé place à des gladiateurs multipliants les combats dantesques, grâce notamment à une brusque montée en puissance simultané de nombreux talents.

La Next Gen enfin au rendez-vous

En effet, et on l’attendait depuis longtemps, le renouvellement de génération est enfin arrivé. Malgré l’habituelle défaillance de leur leader Alexander Zverev, toujours aussi timorés au meilleur des cinq manches, et les relatives déceptions de ses lieutenants Coric et Kachanov, les jeunes loups du circuit ont montré les dents. De Minaur, Fritz, Opelka, Popyrin ou Medvedev se sont montrés et ont pris date pour l’avenir. Mais surtout, deux d’entre eux ont crevé l’écran pour intégrer le grand huit !

Tiafoe s’est payé les scalps d’Anderson et Dimitrov pour s’offrir un match de gala contre Rafa qui ne devrait pas s’amuser et Tsitsipas, le jeune grec de 20 ans, a déboulonné la statue du commandeur suisse avant de confirmer contre Agut pour atteindre le dernier carré. Alors oui, le Djoker qui a difficilement essoré un Medvedev brillant au terme d’une rencontre splendide reste encore favori du tournoi mais pour combien de temps ? Ces gamins, à la différence beaucoup de leurs aînés, n’ont plus ce respect inhibant pour le Big Three, jouent leur chance à fond et ça change tout !

Des Bleus pas si pâles

Enfin, le tournoi des antipodes aura offert  quelques motifs de satisfaction inattendus au tennis hexagonal. Alors que l’on s’attendait à une bérézina, le tennis français masculin présentera finalement un bilan a minima honorable. Présenté comme un joueur de double, Pierre-Hugues Herbert a montré une consistance inédite à ce niveau en simple. Solide vainqueur de Querrey et Chung, il n’a cédé que contre un Raonic injouable depuis le lancement de la quinzaine. Chardy a poussé Zverev dans ses retranchements et sa victime du premier tour, Ugo Humbert, a prouvé qu’il était un véritable espoir pour l’avenir.

Mais surtout, ce tournoi sonne la renaissance de Lucas Pouille. À l’arrêt depuis deux ans, le nordiste a retrouvé de la confiance et de la solidité. Poussif et bénéficiant d’un tableau dégarni sur les trois premiers tours, il a monté le curseur pour dominer un Coric sur un nuage depuis six mois. S’il est prématuré de parler d’en « effet Mauresmo » et qu’il paraît improbable de le voir se défaire de Raonic en quarts, son retour aux affaires est une promesse pour l’avenir et une bouffée d’oxygène pour le tennis tricolore. Et qui sait, dans ce tournoi fou, un exploit reste possible pour magnifier la quinzaine tricolore…

Le tournoi entre dans sa dernière ligne droite et nous offre une incertitude bienvenue. Si parier sur une finale Nadal-Djoko reste le placement le plus sûr, on n’y jouerait cependant plus sa maison tant leur statut paraît (un peu) fragilisé. C’est déjà sacrément rafraichissant !

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