Soufflante N°7 : Ras le bol de l’omniprésence médiatique du PSG !

Sur Sport-Vox, désormais, tous les lundis c’est « La Soufflante » ! Un ou plusieurs membres de notre rédaction vous livre leur coup de gueule sur le week-end sportif qui vient de s’achever. Cette semaine, on parle du traitement médiatique de la Ligue 1.

En ce jour de remise du Ballon d’Or, tous les yeux sont rivés sur les médias sportifs, notamment l’Équipe TV qui devrait se régaler en termes d’audience. L’occasion pour moi de souligner une constante qui me gonfle depuis le début de saison : nos confrères ne parlent que du PSG !

Bien évidemment le club parisien est le nouveau porte étendard du football français et il est logique et légitime que le temps qui lui est consacré dans les émissions spécialisées soit en corrélation avec ce statut mais là, ça va clairement trop loin. Les autres clubs de Ligue 1, exception faite de l’OM voire de Lyon ne sont évoqués, rapidement, que lorsqu’il s’y passe quelque chose de trop essentiel pour qu’il soit éludé. Pour le reste, en bien ou en mal peu importe, c’est PSG, PSG, PSG…

Appelez le « Paris Football Club » !

La soirée d’hier en a été le parfait reflet. Après le match nul entre le club qatari et les girondins de Bordeaux, ces derniers ont été évacués à une vitesse effarante dans les commentaires d’après rencontre. C’est bien simple, dans le Canal Football Club, c’est à peine s’ils ont été évoqués. Une fois mentionné leur match « courageux », ils sont passés complètement à la trappe, noyés dans les sujets consacrés au champion de France.

Pourtant, où était la performance, à Bordeaux ou à Paris ? Ce match nul, le premier pour le PSG, n’était-il pas l’occasion de s’interroger sur l’avenir de ce club en pleine reconversion, de souligner les performances individuelles ayant permis ce résultat, de se projeter sur les points à améliorer au prochain mercato pour les nouveaux actionnaires ? Si on n’en parlait pas hier après une vraie prouesse, on ne risque pas d’en parler plus durant la saison…

Mais non, aucune analyse tactique sur la domination girondine du soir (18 tirs à 9, 4 cadrés contre 2 à Paris) mais par contre encore un sujet consacré à Neymar et bien évidemment un focus sur les joueurs n’étant pas rentré Cavani et Rabiot. Bref, comme toutes les semaines finalement, toujours les mêmes débats et les mêmes problématiques, ça en devient navrant. Bientôt nous saurons ce qu’ils ont bouffé et quand ils sont allés pisser.

Une sur-médiatisation contre productive

La chaîne cryptée n’est d’ailleurs pas la seule à avoir suscité mon courroux. Dès la fin du CFC, j’ai comme d’habitude zappé sur L’Équipe TV où, au vu du temps d’antenne, plus d’une heure contre une petite quinzaine de minutes, j’espérais voir un débrief digne de ce nom qui n’occulterait pas complètement l’un des deux protagonistes de la soirée. Que nenni, sur les six sujets du soir, aucun n’était dédié au FCGB ! Effarant… Encore une fois, on nous abreuvait des malheurs de Neymar ou Cavani sans parler des joueurs au scapulaire.

Cette attitude est devenue une constante dans les médias français qui n’offrent aucun temps d’antenne ni aucune visibilité aux « petits » clubs de notre championnat. Car là, on parle quand même de l’une des plus belles institutions du football hexagonal, européen de surcroît, alors imaginez le complet anonymat qui peut entourer Dijon, Angers ou Caen… Alors, j’entends d’ici les arguments des rédactions concernées qui, oppressées par les contraintes du dieu audimat, argueront sans doute qu’ils donnent au téléspectateur ce qu’il a envie de voir et, sur ce point, ils auront raison.

Cependant, je pense que c’est aussi leur rôle de valoriser le championnat et tous les éléments qui en font partie, d’éduquer leur public à autre chose qu’aux sujets convenus et faciles. En étant en clair, ces émissions ont presque une mission de service public. Comment voulez-vous convaincre des investisseurs  de s’intéresser aux autres membres de Ligue 1 s’ils constatent qu’ils n’ont aucune visibilité dans leur propre pays ? Les indicateurs d’exposition existent et, avec ce type de comportements, ils ne jouent vraiment pas en la faveur d’éventuels acquéreurs et d’une progression du championnat, prérequis à des belles performances continentales.

Le PSG est une formidable locomotive pour notre championnat mais il a besoin de concurrence pour grandir en Europe, sur le terrain et dans les médias, alors, messieurs les journalistes, faites votre job et accordez, parfois, un peu de votre attention aux autres !

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