Soufflante N°4 : Coupe Davis, Noah veut-il gagner seul ?

Sur Sport-Vox, désormais, tous les lundis c’est « La Soufflante » ! Un ou plusieurs membres de notre rédaction vous livre leur coup de gueule sur le week-end sportif qui vient de s’achever. Cette semaine, exceptionnellement un mercredi, nous nous interrogeons sur l’équipe choisi pour défendre le saladier d’argent.

Yannick Noah a donc fait son choix définitif et l’on connaît désormais les cinq hommes qui défieront la Croatie à Lille du 23 au 25 décembre prochain. Des choix qui me laissent vraiment perplexe tant cette équipe ne me paraît pas la mieux armée pour triompher une deuxième année consécutive.

La terre battue, pourquoi ?

Avant même le choix des hommes, c’est le choix du cadre qui m’avait étonné. Si ça m’avait gonflé de voir que Lille avait une fois de plus décroché la timbale (il y a d’autres belles salles en France !), je n’avais pas été surpris. En revanche le choix de recevoir Cilic et Coric sur terre battue m’avait laissé perplexe. Si les croates ne sont effectivement pas des spécialistes de la surface ocre, c’est surtout très loin d’être le cas de nos Bleus ! J’ai toujours été contre l’idée de tabler plus sur les faiblesses adverses que sur ses propres forces et en l’occurrence, ça a semble t-il été la stratégie : mettre Cilic en difficulté en l’obligeant à s’adapter en revenant du Masters en indoor.

Pourtant, je pensais que ce choix était plus complexe, qu’il cachait un coup fourré, que le magicien Noah allait nous sortir un tour de son chapeau en la personne de Gaël Monfils. Tout semblait en effet parfait pour un come back du parisien. Un retour en forme au bon moment, une surface idéale et une capacité à se transcender dans les grands événements. Il avait la gueule idéale du coup de poker à la Noah, du Leconte version 2018 qui aurait justifié le choix de la terre battue.  Et bien non, il n’en sera pas. Et les choix de Noah sont même d’un surprenant conservatisme.

Une sélection surprenante

Alors oui, le chanteur tient particulièrement à l’esprit de corps, il aime s’appuyer sur un groupe et mise avant tout sur le collectif pour triompher mais là quand même, que viens foutre Lucas Pouille dans l’équation ? Ok le nordiste a rapporté le point décisif l’an dernier mais soyeux sérieux, il est complètement à la rue. Mentalement, physiquement ou techniquement, il semble complètement perdu sur le court depuis de longs mois et ne semble pas vraiment en état de se sublimer et de retrouver ses sensations en quelques semaines. Surtout qu’il va devoir assumer le statut de N°1 !

Car oui, la blessure de Gasquet, qui rate décidément toutes les occasions de donner un peu de peps à sa fin de carrière, va laisser un grand vide. Une absence pourtant prévisible qui n’a pas été anticipée dans le groupe. Alors que Gilles Simon, qui facture un bilan de 6/1 contre Cilic et 2/0 contre Coric, a été  laissé à la maison. À sa place, un Jérémy Chardy toujours irréprochable mais limité et un Tsonga qui n’a plus disputé un match officiel sur sa plus mauvaise surface depuis plus d’un an…

Noah en facteur X

En fait, cette équipe est bâtie pour vivre et mourir par le charisme de son capitaine. Il n’a pas voulu faire table rase des différences avec Simon ou Monfils pour le bien commun. S’il avait voulu se mettre encore plus au centre de l’attention qu’il ne le fait déjà (remember son show de l’an dernier), Noah n’aurait pas agit différemment. Il a fait des choix forts et  avance avec un groupe disloqué et en plein doute. Désormais, il est le seul recours, celui qui peut tout changer grâce à son charisme et sa magie. Quoi qu’il arrive, la victoire ou la défaite portera son sceau, sa patte.

Noah ayant donc préféré se priver de ses seuls éléments d’expérience, il est clair que les Bleus sont au pied du mur et se présenteront en complets outsiders face aux croates qui alignent deux Top 15 en pleine forme. Si la statue du commandeur est indéboulonnable et que critiquer la gestion du mythe Noah relève du crime de lèse majesté, force est de constater que le gourou ne fait donc rien comme tout le monde. Son mode de fonctionnement est sa grande force et sa grande faiblesse., aucune tête ne doit dépasser la sienne et tout le monde doit se plier à sa façon de faire, quitte à tout perdre.

Le cadre est posé et à moins d’un miracle, la France ne devrait pas conserver son bien mais, ça tombe bien, les miracles, c’est la spécialité de son charismatique capitaine.

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