Soufflante #16 : avant le Tournoi, grand bleu sur l’Europe du rugby

Pour la première soufflante de l’année, trêve de mauvaise humeur puisque le rugby français me donne l’opportunité d’un vrai coup de cœur. En attendant les Bleus avec impatience (on y reviendra), j’ai envie de féliciter nos clubs qui rayonnent sur la scène européenne et pourraient bien nous offrir des phases finales palpitantes à Marseille.

Ils sont ainsi six, trois en Champions Cup (Toulouse, Clermont, Racing 92) et autant en Challenge Cup (RCT, UBB et Castres) à s’être offert un printemps continental et à pouvoir rêver de rejoindre la cité phocéenne les 22 et 23 mai prochains.

Champions Cup : Toulouse pour la cinquième ?

À tout seigneur, tout honneur, parlons du champion de France toulousain qui a régalé durant cette phase de poule. Avec six victoires en autant de rencontres, le club haut-garonnais n’a pas vraiment dans le détail pour se poser en épouvantail de la compétition et s’assurer un quart à la maison. Malgré une poule dense (Gloucester, Montpellier, Connacht) et une flopée d’internationaux incorporés au compte goutte, le Stade est définitivement redevenu une machine de guerre prêt à rouler sur l’Europe.

S’ils seront accompagnés par Clermont et le Racing, qui s’affronteront d’ailleurs en quarts à Michelin, c’est bien sur les tenants du bouclard qu’il faudra compter pour ramener la coupe dans l’hexagone pour la première fois depuis Toulon en 2015. Tout d’abord parce que les deux autres ne semblent pas suffisamment armés pour le faire mais également par habitude. Avec ce Toulouse là, on a l’impression de revenir quinze ans en arrière quand le Stade gagnait alternativement le Top 14 et la Hcup. Vu qu’ils ont soulevé le Brennus l’an passé, cette saison sera européenne.

Challenge Cup : un boulevard pour Toulon ?

Une saison qui pourrait d’ailleurs se parer complètement de rouge et noir tant la petite sœur semble promise au RCT. Impériaux en phase de poule qu’ils ont terminés avec six victoires et le meilleur bilan de l’ensemble des poules, les varois sont sur une autoroute. Invaincus depuis près de trois mois, ils vont recevoir en quart, en demie et même en finale puisque cette dernière se disputera au Vélodrome. Difficile de voir le trophée leur échapper dans ces conditions.

Pourtant, la concurrence est vive dans cette trop sous-estimée Challenge Cup. Une concurrence fratricide car le principal adversaire des hommes de Collazo pourraient bien être les actuels patrons du Top 14, l’Union Bordeaux Bègles. Également invaincus en poules, ils devront néanmoins se coltiner une demie à l’extérieur, probablement à Bristol, pour espérer connaître leur première finale continentale. Une inexpérience profonde (aucune phase finale de Top 14) qui pourrait d’ailleurs faire défaut aux Girondins face à des varois rompus à l’exercice.

Cette réussite, symbole d’un souffle nouveau

Si nos clubs nous ont habitués à briller en Europe, cette édition a néanmoins un parfum de renouveau. Longtemps critiqué pour son jeu restrictif et son appel trop systématique à des stars sudistes, le Top 14 va aujourd’hui dans le bon sens. Comme souvent, le rugby français, trop ancré dans ses certitudes et dans sa consanguinité,  aura pris le train en retard sur les autres nations mais aujourd’hui, il semble enfin sur de bons rails. Il suffit de regarder les têtes d’affiches de Toulouse, Toulon et Bordeaux pour s’en convaincre.

Exit les Jonny Wilkinson, Diego Dominguez ou autres Brock James, ouvreurs légendaires ayant conduit aux destinés européennes des grandes équipes françaises. Place aujourd’hui à Ntamack, Carbonel et Jalibert, trois gamins de moins de 21 ans qui ont déjà le sort du rugby tricolore dans leurs mains. Une chance et une opportunité qui ne doit pas occulter les failles d’un système fédéral et institutionnel globalement défaillant et dont les règlementations plus que discutables sont loin d’encourager la formation.

Cette génération émergente et cet élan de nos clubs sont un cadeau du ciel dont tous les caciques qui sclérosent les instances vont malheureusement s’attribuer la paternité. Espérons cependant qu’ils ne gâchent pas tout comme ils s’en sont fait une spécialité…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *