Soufflante N°11 : Fabien Galthié en sauveur des Bleus ? La bonne blague !

Sur Sport-Vox, tous les lundis c’est « La Soufflante » ! Un ou plusieurs membres de notre rédaction vous livre leur coup de gueule sur le week-end sportif qui vient de s’achever. Cette semaine, on parle rugby et XV de France.

À moins que vous n’habitiez dans une grotte ou que vous n’en ayez rien à carrer du sport (ce qui rendrait surprenante votre présence sur ce site), cela ne vous aura pas échappé que l’équipe de France de rugby traverse une passe difficile. Non, pour de vrai, elle est nulle à chier comme rarement. Mais rassurez-vous car Zorro va arriver !

Prémonitoire…

Une situation alarmante

S’il y a une chose qu’on peut dire du XV de France, c’est qu’il n’apprend pas vite. Et pourtant, les professeurs, Fidjiens, Gallois ou Anglais, se succèdent pour lui donner de bonnes leçons. Mais rien n’y fait, l’équipe du charismatique et facétieux Guilhem Guirado a beau toucher le fond, elle creuse encore match après match et, si elle nous a fait le plaisir de ne pas nous humilier un peu plus ce week-end, c’est uniquement car le tournoi faisait relâche…

Alors à qui la faute ? Beaucoup ont l’habitude de taper sur le Top 14 mais, au vu des performances des clubs tricolores en Coupe d’Europe, ça devient quand même difficile. On me dit dans l’oreillette que c’est la faute aux méchants étrangers qui volent la place de nos jeunes français en club. Pourtant, avec l’obligation, respectée par tous, d’aligner treize JIFF par rencontre, le réservoir de joueurs nationaux jouant dans l’élite est le plus large au monde. De plus, les clubs dominants du moment alignent des joueur français, les mêmes qui forment le XV de France à leurs postes clés.

Bref, arrêtons de nous cacher derrière notre petit doigt, les responsables sont à chercher dans l’encadrement de cette équipe. Le board de la fédération tout d’abord qui s’obstine à installer des vieillards cacochymes à la tête de l’équipe. Si le choix Novès, pourtant complètement dépassé en club, pouvait se comprendre eu égard au palmarès exceptionnel du sorcier toulousain, la nomination de Jacques Brunel avait de quoi laisser songeur. Un sexagénaire au palmarès quasi vierge, pas de quoi pavoiser ou s’attendre à des merveilles…

Un staff à reconstruire

Et bizarrement, ça n’a pas marché. Non content de mettre en place un entraîneur globalement dépassé tactiquement, on lui a adjoint des quasi novices dont l’un avait consciencieusement détruit le jeu d’arrière du Stade Toulousain pour commencer sa carrière. Bref, une sacrée équipe de pieds nickelés qui ne semble pas vraiment savoir où elle va ni même avoir un quelconque projet de jeu. Ça navigue clairement à vue sans aucune cohérence en changeant tout d’une semaine à l’autre en suivant la hype du moment. Brunel ferait son équipe en lisant les commentaires des forumers de rugbyrama que ça ne m’étonnerait qu’à moitié.

Du coup, cet amateurisme ambiant commence à lasser, notamment du côté des joueurs. Les clermontois Parra et Lopez, rayonnants en club et inexistants sous le maillot frappé du coq, sont montés au créneau pour expliquer que les entraînements étaient bidons. Hou la surprise ! Franchement, ces coups de gueules auraient presque quelque chose de rassurant. S’ils s’entraînaient bien pour jouer comme ça, il n’y aurait plus qu’à fermer boutique. Non, visiblement, le bordel et la tristesse qu’on voit sur le pré n’est que le reflet des mises en place de la semaine.

Avant de parler de parler de Coupe du monde, il faut parler de la vérité. Elle est maintenant, et je ne veux pas tenir le discours bateau du « il faut bosser ». Mais on ne travaille pas assez à l’entraînement les choses du haut niveau. C’est un constat. Les Anglais sont sûrs de leur stratégie, de ce qu’ils veulent faire. On est capable de le faire aussi. Est-ce qu’on le travaille ? Non.

Morgan Parra, après Angleterre-France

Du coup, Bernie le dingue va devoir réagir. À un moment, si on ne respecte même plus la sacro-sainte discipline, ça va le tendre le chauve. Mais bon, dégager moustache risquant quand même de le décrédibiliser un tantinet, il va faire ça dans la douceur. On voyait de loin venir le coup, plutôt que de débarquer son pote, il va lui mettre une nounou qui deviendra le vrai patron du sportif tout en laissant le catalan beurrer les tartines et signer la feuille de match. Franchement, sur le principe, je suis plutôt chaud, on prépare la suite en intégrant le futur sélectionneur, celui qui ira jusqu’en 2023, tout en laissant un semblant de stabilité. Non, là où ça ne passe pas, c’est sur l’identité présumée du sauveur.

À quand la fin de la consanguinité ?

Et oui, car aux dernières nouvelles, c’est un autre joyeux drille, le sémillant Fabien Galthié, qui viendrait récupérer la patate chaude. Mettre un fin psychologue de la trempe du columérin dans un tel panier de crabe, voilà une idée qu’elle est bonne ! Et là franchement, ce n’est même plus de l’incompétence, c’est du sabotage. Alors qu’il faudrait de la délicatesse pour regonfler un groupe traumatisé, on enverrait un Panzer ? Un éléphant dans un magasin de porcelaine ? L’ancien capitaine des Bleus sort de deux expériences plus que mitigées en club et arriverait en sauveur de la patrie, ne nous mentons pas, la greffe ne prendra pas.

Car, au delà de ses compétences reconnues de technicien, c’est bien humainement qu’il touche ses limites. Intransigeant et caractériel, il a réussit à se mettre à dos les deux derniers vestiaires qu’il a eu à diriger. Sans même parler de ses imbroglios judiciaires avec le MHR, ce sont surtout les toulonnais qui vont être contents de le voir débarquer. Les mecs ont eu sa tête en club et le voilà de retour en sélection. Mais pas de problème, Guirado et Bastareaud, peu influents dans le groupe, ne sont « que » capitane et vice-capitaine…

Au delà du profil controversé du consultant, c’est surtout cet entre-soi permanent qui m’écœure. Alors que toutes les autres nations du Nord ont compris que la théorisation et l’innovation de ce jeu venaient de l’hémisphère sud et ont confié leur destin à des Néo-Zélandais ou Australiens, la FFR continue de jouer la carte cassoulet. Alors que l’heure est à la vitesse et l’évitement, on s’évertue à parler de combat, on laisse carte blanche à des entraîneurs qui ont pour seule qualité d’être du terroir. On critique le jeu du Top 14 mais on persiste à mettre ses apôtres, et pas les plus brillants, aux commandes de l’Équipe de France. Ce chauvinisme aveugle confine à la bêtise, à la xénophobie rugbystique et nous mènera droit dans le mur !

Pour 2019 c’est plié alors préparons dès à présent 2023 en donnant les clés à un staff compétent et moderne sous la coupe d’un manager sudiste. Faudra t-il essorer tous les coaches français avant d’enfin se rendre compte que les solutions sont à l’étranger ? Soufflante

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