Soufflante #18 : Djokovic disqualifié, un séisme bénéfique pour le tennis

En même temps que les compétitions sportives, « La Soufflante » est de retour. Un ou plusieurs membres de notre rédaction vous livrent leur coup de gueule sur le week-end sportif qui vient de s’achever. Cette semaine, on parle de l’avenir du tennis.

C’est un tremblement de terre qui a donc frappé New-York hier soir avec la disqualification du N°1 mondial et immense favori du tournoi Novak Djokovic pour un geste d’humeur bien malheureux. Une catastrophe pour un tournoi déjà plus que bancal mais une bénédiction pour le tennis mondial.

Une sanction cruelle mais juste

Avant toute chose, attardons nous une minute sur « l’action » de la nuit. Le Serbe, bousculé par l’Espagnol Carreno Busta, a toutes les peines du monde à mettre son jeu en place dans un premier set d’une qualité moyenne et évacue sa frustration en envoyant une balle derrière lui sans regarder. Pas de bol, ce qui n’est qu’un geste d’humeur comme on en voit dans tous les matches, va se transformer en drame puisque le projectile va toucher une juge de ligne en plein visage. Alors que le stade est à huis clos, il fallait au Djoker une sacrée poisse pour que cela arrive mais, dès cet instant, son sort était scellé.

Car oui, il a beau eu palabrer, la sanction était inévitable et irrévocable. À se niveau, il faut savoir se maîtriser ou, à tout le moins, savoir viser quand on s’énerve. En balançant une balle de toutes ses forces dans les tribunes, il n’aurait ainsi eu qu’un avertissement. Mais là, le juge arbitre n’avait pas d’autre choix que de l’exclure, n’en déplaise à certains chroniqueurs de l’Équipe du Soir qui devraient parfois se contenter de parler de football… Il n’y a pas de statut ou d’intérêt du tournoi qui tienne, ne pas prendre cette décision aurait été un scandale sans précédent et aux lourdes conséquences dans l’histoire du tennis.

Une porte ouverte inattendue

Bref, Novak se retrouve à la porte de cet US Open qui, déjà en proie aux forfaits de plusieurs cadors et à une organisation plus que douteuse, se retrouve décapité de son futur vainqueur. Car oui, on aura beau m’expliquer que le solide Espagnol s’apprêtait à servir pour le set, il ne fait aucun doute pour moi qu’il n’aurait pas inquiété plus que cela le triple vainqueur du tournoi. Pas plus que les autres survivants du tableau d’ailleurs. Invaincu cette saison, Djokovic était une jambe au dessus de la concurrence et aurait très certainement soulevé le trophée dimanche. Sa disqualification change complètement la donne et donne du piment à un tournoi qui en manquait sérieusement !

Alors ok, l’USTA doit faire la gueule ce matin en se retrouvant sans tête d’affiche. Déjà privée de Nadal, Federer, Wawrinka et Del Potro sur forfait et de Murray et Cilic, éliminés en première semaine, l’organisation n’a plus aucun vainqueur de majeur dans son tableau à l’orée des quarts de finale. Une mauvaise nouvelle de prime abord certes mais peut-être surtout une opportunité incroyable d’amorcer une nouvelle ère. De nombreux fans appelaient de leurs voeux l’avénement d’une nouvelle génération et la fin du diktat de l’infernal triumvirat. Il aura fallu un coup du sort mais cette fois-ci on y est. Et ça fait du bien !

Une jeunesse enthousiasmante

Le tennis qui se sclérose dans une gestion archaïque commençait sérieusement à pâtir de l’ultra domination du Big3. Le sport se nourrit certes de rivalité mais il a surtout besoin d’incertitude et de suspense et, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on va être servi cette semaine. Car, au delà de la chute du roi, c’est l’identité des douze survivants qui me met personnellement l’eau à la bouche. Car oui, du talent, de la fougue et du charisme, il en reste énormément dans ce tableau ! Cette jeunesse qui avait sans doute besoin d’un coup de pouce pour renverser la table, est devant une exceptionnelle opportunité.

Hormis Carreno Busta et Pospisil, qui ne gagneront pas le trophée, tous font partie de cette « Next Gen » tant attendue. Derrière Thiem et Medvedev, déjà finalistes en majeur et désormais favoris, on retrouve ainsi Zverev, Shapovalov, Auger-Aliassime, Berrettini, Rublev, Tiafoe, Coric et De Minaur, que des cadors en devenir âgés de moins de 24 ans. Parmi eux s’en trouve un qui va se révéler, un qui va réussir à saisir cette chance exceptionnelle, un qui va transformer son destin. Celui qui l’emportera dimanche démontrera une réelle force de caractère tant le plus dur dans le sport est d’être présent le jour J et d’assumer la pression. Dimanche, nous assisterons donc à la naissance d’un champion qui changera définitivement de dimension et sans doute le visage du circuit ATP. Je crois d’ailleurs que le match de ce soir entre Thiem et Auger-Aliassime, va nous apporter un nouvel élément de réponse et, je le crois, une nouvelle surprise…

Si cette disqualification est triste pour le N°1 mondial, elle est surtout une chance inespérée pour le tennis masculin de se trouver un nouveau taulier pour enfin tourner la, superbe mais un peu longue, page du Big 3.

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