Russie 2018 : notre bilan

Après avoir bien fêté le titre des Bleus, l’équipe de « l’Observatoire du Sport Business », partenaire de Sport-Vox, nous offre une dernière fois son sentiment après cette magnifique compétition.

La victoire incontestable des Bleus :

Comment ne pas débuter par le triomphe des Bleus ? L’équipe de France, dirigée de main par un Didier Deschamps parfait en chef d’orchestre, s’est offert une seconde étoile inoubliable et indiscutable. Le parcours des hommes de Lloris a été marqué par une maîtrise exceptionnelle, particulièrement impressionnante pour une équipe aussi jeune. En effet, auteur d’une montée en puissance quasi irrésistible et avec son jeu particulièrement efficace fait de projections rapides, rarement un champion du monde n’aura été aussi dominateur.

Au delà de l’impression défensive laissée et des critiques infondées, l’équipe de France est tout simplement, depuis 1986 et l’instauration de ce format, le vainqueur le plus incontestable. Après une phase de poule tranquillement maîtrisée, les Bleus ont ainsi été le seul champion du monde à n’être pas passé par la case prolongations ou tirs au but. Ils sont également en tête, égalité avec l’Allemagne 2014 et son carton 7-1 contre le Brésil, du classement des meilleures attaques en phase finale avec 11 buts. Ils n’ont été mené au score que 9 petites minutes sur l’ensemble du tournoi et sont les premiers depuis 1970 a avoir marqué 4 buts en finale, et encore, sans la boulette de Lloris, il y a fort à parier que le score aurait pris une ampleur encore plus écrasante dans le dernier quart d’heure…

Bref, bien qu’ils aient abandonné la possession à leurs adversaires, ils ne se sont jamais fait peur. Personnellement, j’ai beaucoup plus tremblé devant France 98 (Paraguay, Italie, Croatie) et je me suis beaucoup plus ennuyé devant Espagne 2010 (quatre fois 1-0). D’ailleurs, en dehors de nos frontières et mis à part les croates et les belges trop déçus pour être objectifs, le monde du football a unanimement salué la supériorité irréfutable de cette équipe. Comme quoi, en France, on n’est vraiment jamais prophète en son pays…

Le spectacle :

Si parfois la montagne accouche d’une souris, on ne pourra vraiment pas se plaindre de cette édition de la Coupe du Monde qui nous a proposé un super spectacle. Malgré la faillite de nombreux favoris, nous avons assisté à beaucoup de rencontres enthousiasmantes. Pas toujours sur le strict plan du jeu mais indiscutablement dans l’émotion avec nombre de scénarios inoubliables.

Entre les séances de tirs au but à répétition, le parcours héroïque de la Croatie, les retournements de situations  de Belgique-Japon ou France-Argentine et un top but absolument royal, Russie 2018 n’a pas à rougir de la comparaison avec ses devancières ! Comme quoi, on n’a finalement pas forcément besoin que les stars annoncées soient au rendez-vous ou que les supposés patrons tiennent leur rang pour vivre de grands moments. Exit donc Messi, CR7, Neymar, la Manschafft, la Squaddra Azzura ou la Roja et merci à Mbappé, Hazard, Modric, Schmeichel, aux Three Lions ou à la Sbornaya.

Vladimir Poutine :

On l’a déjà évoqué mais la réussite indiscutable de cette compétition est également à mettre au crédit de l’organisation russe. On avait tout à craindre de cette compétition organisée dans l’un des fiefs du hooliganisme européen et tout s’est finalement déroulé sans accroc. De l’accueil irréprochable des équipes à l’ambiance dans des stades superbes en passant par la convivialité dans les villes hôtes et les fan zones ou l’utilisation historique de la VAR, cette édition restera dans les mémoires.

Cerise sur le gâteau, l’équipe hôte a agréablement surpris. Plus mauvaise équipe au classement FIFA, elle  su se dépouiller pour réaliser un parcours magnifique seulement stoppé par le futur finaliste croate aux penalties. Bref, et même si la gestion du cas des Pussy Riots laisse un léger goût amer, il faut reconnaître que la Mère Patrie et son omnipotent Tsar ont très bien fait le job.

Nike & Dior :

La Coupe du Monde ce n’est cependant pas que de l’émotion, c’est également un business juteux et, à ce petit jeu là, il y a bien évidemment les gagnants et les perdants. Dans la première catégorie on retrouve l’équipementier à la virgule qui a pris une revanche éclatante sur son rival allemand Adidas. Après une finale 100% trois bandes au Brésil en 2014, c’est l’inverse qui s’est produit cette année avec un 5/8 en quarts, un 3/4 en demie et un 2/2 en finale pour la firme de Portland. Un quasi carton plein avec la perspective de faire un carton avec le maillot des Bleus orné des deux étoiles.

Autre vainqueur, beaucoup plus inattendu, la marque de luxe française Dior qui s’est offert un buzz exceptionnel et gratuit grâce à Samuel Umtiti. À la mi-temps de la demi-finale, juste avant de marquer le but qualificatif, ce dernier s’est aspergé de « Dior Homme », qu’il a baptisé le parfum de la victoire. Nul doute qu’avec une telle publicité, ce dernier devrait voir ses ventes exploser.

Les critiques :

Je me répète mais les Bleus sont objectivement et statistiquement l’un des vainqueurs de Coupe du Monde les plus aboutis et incontestables de l’histoire et les critiques incessantes autour de son soit-disant absence de mérite me révulsent. Depuis quand faire tourner la balle est synonyme de beau jeu ? Ras le bol de cette dictature héritée des années Guardiola qui voudrait que le nec plus ultra soit de faire de la passe à dix !

Les Belges pensent avoir mieux joué ? Qu’ils commencent par avoir des occasions ! Lloris n’a eu qu’un arrêt significatif à faire quand Courtois a du multiplier les parades décisives. Et je n’évoquerai même pas leur quart de finale miraculeux… Nous aurions volé la finale à la Croatie ? La belle affaire, quand on encaisse quatre buts en 60 minutes, on commence par regarder ses propres failles avant de parler des autres. Sans la bourde de Lloris qui leur redonne espoir, ils auraient certainement pris la pire valise de l’histoire de la compétition.

N’en déplaise à tous les pisse-froids et pseudo connaisseurs qui sévissent dans l’hexagone, il va falloir arrêter avec la « chatte à Dédé ». La France possédait le meilleur esprit de groupe, la meilleur organisation, le meilleur tacticien et le onze le plus équilibré du plateau.

Paris :

Certains se demandent sans doute ce que la capitale française vient faire là dedans mais le moins que l’on puisse dire, c’est que les pouvoirs publics parisiens n’ont pas été à la hauteur de notre équipe. Dès le début de la compétition, alors qu’à l’étranger les fan zones tournaient à plein régime, la municipalité à cru bon de les interdire. Je peux comprendre les problématiques sécuritaires mais elles étaient encore plus drastiques en 2016 et pourtant les fan zones avaient pourtant été autorisées.

Deuxième couac, l’organisation de la parade des Bleus. Alors que des centaines de milliers de supporters s’étaient massés sur les Champs Élysées pour célébrer leurs champions, ils n’auront pu les apercevoir que très furtivement, 12 minutes au lieu de l’heure et demie de 1998. Encore une fois la sécurité est évoquée mais cela fait très désordre.

Neymar :

À titre individuel, le champion brésilien est le grand perdant de la compétition. Au delà de l’élimination précoce de son équipe, c’est son image qui a été très largement écornée pendant ce mois russe. Arrivé superstar adulée, il repart presque comme la risée des réseaux sociaux. Si les critiques ayant accompagnés ses nombreux roulés-boulés me semblent sévères tant il subit de fautes, c’est surtout son mental qui aura surpris. Impeccable en 2014 dans la tourmente, il s’est liquéfié cette année, comme dévoré par l’enjeu, une facette nouvelle et inquiétante de sa personnalité.

Et comme si sa baisse de considération en sélection ne suffisait pas, cette Coupe du Monde risque de le fragiliser également en club ! Auparavant patron indiscutable au PSG, il va désormais devoir composer avec l’explosion de Kylian Mbappé qui incarne plus que jamais l’avenir et se pose en successeur du duo Messi/Ronaldo, une étiquette que portait le Brésilien. Alors qu’il affirmait vouloir seconder Neymar dans sa quête du Ballon d’Or, la pépite de 19 ans pourrait le soulever avant lui. Retrouver l’amour du public et réaffirmer son leadership en club, la saison à venir s’annonce chargée pour Neymar.

Le reste du monde :

Après l’Italie en 2006, l’Espagne en 2010, l’Allemagne en 2014, la France a confirmé la main mise de l’Europe sur le football mondial. Quatre titres consécutifs pour un même continent, ce n’était tout simplement jamais arrivé dans l’histoire de la compétition. Avec un 6/8 en quarts et un 4/4 en demies, la domination du vieux continent aura été sans partage. Mais plus qu’une progression européenne, c’est une déliquescence du reste du monde à laquelle on assiste.

En effet, hormis le Brésil, aucune équipe sud-américaine ne semble avoir de réservoir suffisant pour être concurrentiel et l’émergence des autres continents se fait toujours attendre. Seules deux confédérations étaient ainsi présentes en quarts de finale, l’Afrique et l’Asie régressant par rapport aux éditions précédentes. S’il peut nous flatter, cet état de fait est inquiétant pour l’avenir car une Coupe du Monde qui se transforme en Euro, c’est toujours un peu triste.

Finalement le principal problème d’une Coupe du Monde, c’est qu’on va devoir attendre quatre ans la suivante, voire quatre ans et demi pour celle de 2022. Ça va être long…

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