Russie 2018 : le meilleur et le pire de la première semaine

La 21èmeédition de la Coupe du Monde de football est désormais bien lancée. Après une première série de matches où l’on a pu jauger concrètement des forces en présence, l’équipe de « l’Observatoire du Sport Business », partenaire de Sport-Vox, nous a livré ses coups de cœur et ses coups de gueule pour cette première série de matches.

La Russie :

À tout seigneur, tout honneur. Loin de moi l’idée de penser que de ne pas commencer par féliciter le pays hôte serait dangereux pour ma santé mais la Mère Patrie mérite largement sa place dans ce top. Tout d’abord pour l’organisation, pour l’instant impeccable, de la compétition. Après l’épisode des hooligans russes à Marseille, on craignait le pire pour la sécurité des supporters du monde entier mais pour le moment, aucun heurt n’a été signalé. Pourvu que ça dure !

Sportivement ensuite. Après une campagne de matches amicaux désastreuse, la Sbornaya semblait à des années lumières de ses grandes heures. Pourtant, dans le sillage d’un superbe duo de créateur Golovin-Cherishev et avec une combativité de tous les instants, elle régale son public et a déjà composté son billet  pour les phases finales. On l’imagine désormais s’offrir un destin à la Corée du Sud 2002.

Le Mexique

Quelle semaine pour le football mexicain ! Sur le terrain bien sûr où la Tri a rappelé à tout le monde pourquoi elle restait sur six qualifications consécutives en 1/8èmede finale. Solide, cohérente et inventive, elle s’est tout simplement offert le tenant du titre allemand et se pose presque en favorite de son groupe.

Mais c’est en dehors du terrain que le Mexique a signé sa plus belle victoire. À la veille de lancer le mondial russe, la Fifa a en effet décidé d’attribuer l’organisation de l’édition 2026 au trio Etats-Unis-Mexique-Canada. Avec cette nouvelle attribution, le pays Aztèque deviendra la première nation à obtenir cet honneur pour une troisième fois après 1970 et 1986.

Cristiano Ronaldo

Alors que de nombreuses stars attendues de ce mondial ont débuté plutôt tranquillement, le portugais n’a lui pas attendu pour faire parler la poudre ! Exceptionnel contre l’Espagne lors d’un match splendide, il fait la pluie et le beau temps chez les champions d’Europe. Après un triplé ponctué d’un coup franc déjà mythique, il a mis la Selecçao dans des conditions idéales avant son dernier match en inscrivant le seul but de Portugal-Maroc.

Avec quatre buts en deux rencontres, il s’annonce comme le grand bonhomme du tournoi et ses rivaux pour le Ballon d’Or peuvent déjà se faire une raison, ce n’est pas cette année, a priori, qu’il lâchera son bien. Quant à Juste Fontaine, il pourrait presque se mettre à trembler pour son légendaire record.

La VAR

C’est l’autre star de la compétition. Il était très attendu et l’arbitrage vidéo n’a pas tardé à faire parler de lui. La France en aura d’ailleurs été la première bénéficiaire avec le penalty accordé contre l’Australie. Alors bien sûr les polémiques ne sont pas éteintes et la présence du VAR dans les tops en offusquera certains mais il est indéniable que le football vient de franchir son rubicond de manière irréversible.

Si tout n’est pas parfait et que les arbitres peinent encore à l’utiliser, cette assistance a répondu à de nombreuses craintes. Rapide et sans incidence sur la continuité du jeu, elle va vite s’imposer de manière incontournable comme une manière d’assainir les contacts, d’augmenter la transparence dans les surfaces, bref d’améliorer la qualité du jeu en protégeant les acteur. Une bonne nouvelle en somme.

En vrac :

  • Espagne-Portugal : un premier sommet de jeu
  • Croatie et Belgique : plus que des outsiders
  • Europe : patron du football mondial
  • Iran : loin d’être ridicule
  • Harry Kane : le patron qu’il fallait à l’Angleterre
  • Aliou Cissé : un sélectionneur local qui fait gagner le Sénégal

 

Le Maroc :

Si le Mexique a tout gagné, le Maroc est lui le grand perdant de cette première semaine de compétition puisque l’Empire chérifien a perdu deux coupes du monde en l’espace de quelques jours. Candidat à l’organisation de l’édition 2026, il n’a donc pas été retenu par la FIFA et devra retenter sa chance.

Sur le pré, alors que l’on attendait les Lions de l’Atlas, emmenés par Hervé Renard, comme une possible surprise de la compétition, ils se sont complètement ratés en concédant deux défaites 1-0 en autant de rencontres. Contre le champion d’Europe portugais mais surtout contre le petit poucet iranien. Incapables de marquer malgré plus de 30 tirs, ils devront essayer de sauver l’honneur face à l’adversaire considéré comme le plus fort de leur poule, l’Espagne. Pas simple…

Le football africain

L’Afrique peut remercier le Sénégal qui lui a évité l’humiliation d’un zéro pointé. Avant la victoire des Lions de la Terenga sur la Pologne, Marocains, Nigérians, Tunisiens et Égyptiens s’étaient tous inclinés dans leurs poules respectives. Un bilan triste et problématique pour une confédération qui milite régulièrement pour obtenir un quota de places plus important.

Mais plus que le résultat brut, c’est la manière qui inquiète. Loin d’enflammer les matches comme à leur habitude, les nations africaines ont rendu des copies insipides, sans aucune imagination ni conviction. Avec le seul Sénégal comme possible qualifié pour les phases finales, ce n’est pas encore cette année qu’on verra un capitaine africain soulever le trophée.

Lionel Messi :

Alors que son meilleur ennemi flambe, la Pulga fait grise mine. La performance du quintuple ballon d’or a d’ailleurs été parfaitement antinomique de celle du portugais. Alors que ce dernier se fendant d’un hat-trick, le barcelonais ratait le penalty de la gagne et vendangeait le coup franc de la dernière chance contre l’Islande.

Le n°10, maudit en sélection, semble errer comme un fantôme dans une équipe sans structure, sans idées et sans envie qui ne vit que par ses fulgurances. S’il ne se réveille pas, c’est toute l’Argentine qui pourrait cauchemarder tant le spectre de l’élimination des les phases de poules se fait grandissant.

Affaire Lopetegui :

Comment une nation comme l’Espagne peut-elle se tirer une balle dans le pied de cette manière ? Licencier un entraîneur unanimement soutenu par son vestiaire à deux jours d’une telle compétition est juste grand guignolesque ! Si Lopetegui n’est pas exempt de tout reproche, la réaction capricieuse de Luis Rubiales est juste hallucinante d’immaturité.

Si pour l’instant cette affaire n’a pas eu de répercussions négatives sur le terrain où la Roja fait globalement le boulot, attention à l’implosion aux premières turbulences. Avec des caractères aussi forts que Ramos ou Piqué, tout peut arriver dans une équipe sur les charbons ardents. Fernando Hierro, le pompier de service, a du pain sur la planche.

En vrac :

  • Uruguay : un outsider qui peine
  • Allemagne, France, Brésil, Argentine : des favoris qui inquiètent
  • Neymar : c’est grave docteur
  • Will Smith : un hymne officiel qui ne s’impose pas sur les ondes
  • Amsud : un continent habituellement dominant qui rentre dans le rang

Tout va cependant très vite dans le sport et ces considérations pourraient bien être obsolètes dans quelques jours. Rendez-vous la semaine prochaine !

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