Federer de nouveau sacré à Wimbledon, une bonne nouvelle ?

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La troisième levée du Grand Chelem s’est achevée sur la victoire du plus grand joueur de tous les temps, défiant le temps et Guinness Book. Un happy end idéal ? Pour le résultat brut, sans aucun doute, pour le niveau de jeu, c’est moins certain.

Il l’a fait ! Même si l’on en doutait pas vraiment, Roger Federer a ajouté un nouveau joyau à sa déjà si belle couronne, un dix-neuvième majeur eu un huitième Wimbledon, dans les deux cas un record, évidemment.

Un nouveau triomphe londonien…

Pour les nombreux afficionados ayant lu mon bilan de l’Open d’Australie (vous êtes au moins cinq), on peut difficilement me targuer d’être un anti Roger, tant je soutiens le Bâlois depuis ses tout débuts. Le champion Suisse incarne son sport comme très peu de sportifs avant lui. Tout dans son jeu me plaît, aérien, élégant, créatif, il n’y a rien à jeter, son service illisible est un régal, son coup droit est l’incarnation de la perfection, son déplacement est un modèle de précision et que dire de son revers à une main qu’il frappe de mieux en mieux…

Bref, Roger est le tennisman ultime tout en restant un mec normal. Avec ses 1m85, il est en effet loin de la mode des golgoths de 2M frappant à plat sur tout ce qui bouge et nous permettrait même de nous identifier un peu à lui. Il est particulièrement inspirant et laissera un très grand vide à son départ, qui pourrait d’ailleurs ne pas intervenir de sitôt. Tout cela pour dire qu’avoir assisté à son nouveau triomphe m’a bien évidemment fait kiffer. Pourtant, cette victoire me laisse un petit goût amer dans le bouche, une amertume qui n’est pas à chercher dans le jeu pratiqué par mon idole mais bien dans l’opposition à laquelle il a du faire face.

…un peu top facile à mon goût !

Soyons clair, je ne souviens pas avoir autant vu Federer se balader autant du côté du All England Tennis. Cette quinzaine s’est apparentée à une gentille balade de santé où l’on n’a jamais tremblé pour lui. Que celui qui l’a vu transpirer ou douter, ne serait-ce qu’un tout petit peu, lève le doigt ! Dimitrov, Raonic, Berdych, Cilic, il a mis des tôles à tout le monde sans jamais trembler ni perdre un set, une première pour lui à Wimbledon ! A-t-il alors joué le meilleur tennis de sa carrière ? Même pas, pas besoin, il était bien au-dessus de tout le monde et ça s’est vu à chacun de ses matches, des cavaliers seuls dont le scénario n’a jamais semblé pouvoir être ré-écrit. Sa joie, retenue voire convenue au moment de son sempiternel ace final, en dit d’ailleurs long sur la difficulté qu’il a rencontré. Lui, d’ordinaire si émotif, a presque du se forcer pour verser quelques larmes.

C’est là où l’on peut se poser une question, comment un papy de presque 36 peut autant se promener en Grand Chelem ? Plus que dans le niveau de Roger, clairement redevenu un cador, la réponse me semble se trouver dans l’adversité qu’il a eu à affronter. Malgré nos espoirs de début de saison, la relève complètement est aux fraises. Et, comme Porte d’Auteuil où un autre ancien considéré en mort clinique quelques mois auparavant à massacré toute ébauche de rébellion, les limites des « jeunes » sont encore apparues criantes à Londres. Quand Murray, Djoko voire Stan (tous également trentenaires) sont moins bien, personne n’est en mesure de déboulonner la statue du commandeur, que ce soit celle de Rafa à Paris ou celle de Roger à Londres. Si j’ai adoré les voir gagner, j’aurais aimé que ce soit dans la douleurs, au terme de combats inoubliables. De quels matches de ce Wimbledon nous souviendrons nous ? Nadal-Muller ? C’est un peu mince.

La surprise est venue des vieux !

Ça va même plus loin, si Dominic Thiem avait vaguement laissé croire à un renouvellement des cadres à Roland avant de se faire maltraiter par Rafa, les jeunes loups n’ont pas existé en Angleterre. Pire encore, la surprise est venue d’habituels seconds couteaux qui ont profité d’un niveau d’ensemble bien médiocre pour réaliser leur meilleure performance majeure. Querrey, 29 ans, et Muller, 34 ans, ont ainsi respectivement atteint le dernier carré et les quarts, une bouffée d’air frais un peu rance… Car, malgré tout le bien que je pense d’eux, difficile de croire à un destin à la Wawrinka pour ces deux-là, ils n’ont pas mieux joué que d’habitude mais on leur a juste laissé plus de place. Ils retrouveront bien vite leur standing habituel.

Dans un tournoi où les tauliers étaient clairement diminués, où étaient les jeunots prêts à profiter de l’aubaine ? Dimitrov, plus vraiment jeune d’ailleurs, était éparpillé en huitièmes par Roger et Zverev et Thiem lâchaient l’affaire au même stade de la compétition face à Raonic et Berdych. Derrière eux, le vide absolu. Un néant très inquiétant pour les prochaines échéances car, franchement, même s’il paraissent éternels, voir Roger et Rafa remporter des majeurs sans suspense ni combat homérique, ça pourrait nous lasser. Après un Open d’Australie génial et porteur d’espoir, je me suis quand même bien emmerdé pendant les deux autres levées du Grand Chelem ponctuées de finales insipides et prenant parfois des airs d’exhibitions au niveau de jeu incertain et décousu. Soyons clair, après une régalade de quinze ans, le tennis masculin régresse ! Espérons que l’US Open, à travers pourquoi pas l’émergence de nouveaux champions, Zverev, Kachanov ou la horde de jeunes américains, nous donne de nouveau des sensations autres que la seule remise du trophée, sinon on va finir par devoir se remettre à regarder jouer les filles…

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