Quel mercato pour le PSG ?

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Vainqueur des quatre dernières éditions du championnat de France de Ligue 1, le Paris Saint-Germain traverse actuellement une zone de turbulences, certains allant même jusqu’à parler de crise. A quelques jours d’un mercato qui s’annonce particulièrement actif, penchons-nous sur la situation du club et les différentes options qui s’offrent à ses dirigeants.

Une situation inconfortable mais pas préoccupante

  1. Un PSG dans les temps de ses prédécesseurs

A la moitié du championnat, le tenant du titre ne pointe ainsi qu’à la troisième place du classement, avec 39 unités, à cinq longueurs du leader niçois. Une situation qui, bien qu’inconfortable, reste néanmoins dans la norme du club version qatarie.

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En effet, depuis l’arrivée des investisseurs du golf à l’été 2011, soit la sixième saison, le club n’a atteint ou dépassé la barre des quarante points à la mi- saison qu’à trois reprises. Avec ses trente-neuf points, l’équipe d’Unai Emery n’a ainsi pas véritablement à rougir de son bilan comptable. De plus sur le plan du jeu, l’attaque parisienne présente le troisième bilan depuis 2011, rien de honteux donc. L’exception comptable n’est donc pas cette saison d’Unai Emery mais bien la précédente, exceptionnelle, de Laurent Blanc.

De plus, le classement à ce moment de la saison est loin d’être définitif. En 2011-2012, le PSG avait terminé champion d’automne mais avait laissé le titre à Montpellier alors qu’en 2014-2015, il avait remporté Hexagoal malgré une troisième place début janvier. Les « supporters » déjà prêts à demander la tête d’Emery après avoir eu celle de Blanc peuvent donc ranger leur guillotine, pour l’instant…

  1. Une concurrence exacerbée

Si les temps de passage du club sont ainsi tout à fait honorables, il sont surtout minimisés par les performances des autres clubs. Alors que le club parisien est dans une saison moyenne selon ses nouveaux standards, l’opposition qu’il doit affronter n’a, elle, jamais été aussi forte.

Un championnat ne se joue pas seul et, comme l’a prouvé Leicester l’an passé, les pétro-dollars ne font pas tout. Ainsi, alors qu’aucun de ses rivaux n’avait dépassé les 41 points à Noël depuis le rachat du club, ils sont deux à dépasser ce chiffre cette saison. Avec Nice, qui réalise le meilleur début de saison de son histoire et Monaco, qui possède la meilleure attaque d’Europe, les parisiens ont trouvé à qui parler. Une très bonne nouvelle !

Pour l’intérêt de la Ligue 1 tout d’abord car l’ultra domination parisienne commençait clairement à gonfler tout le monde mais aussi à moyen terme pour les parisiens eux-mêmes. La concurrence tire vers le haut et pourrait à terme leur apporter ce petit plus qui leur manque sur la scène européenne. Seul lésé, Unai Emery qui se retrouve déjà sous pression.

  1. Une équipe diminuée

En plus de l’émergence de féroces compétiteurs, le nouvel entraîneur du club a dû composer avec une intersaison particulièrement compliquée. Arrivé en remplacement de Laurent Blanc qui sortait d’un exercice record, le technicien basque n’a pas bénéficié des mêmes armes que son prédécesseur. Pour la première fois dans l’ère qatarie, Nasser Al Khelaifi a complètement raté un mercato.

Parce que bon, perdre Ibrahimovic et David Luiz n’est quand même pas anodin ! En plus de leurs qualités sur le terrain, les deux hommes ont laissé un trou béant dans le vestiaire parisien où ils étaient deux des principaux leaders. Un trou que le capitaine Thiago Silva, qui a mainte fois montré ses limites dans ce secteur (oui je pense à Brésil-Chili) est clairement incapable de combler.

Sur le terrain, combien de fois le géant suédois a tiré le club du bourbier ? Si Cavani a su prendre la succession dans le scoring, il est désormais seul là où il formait avec le suédois l’un des duos les plus prolifique d’Europe et il est très loin d’avoir le talent et l’impact d’Ibra dans le jeu. Quant à Luiz, si on lui reprochait certaines carences, on voit bien que la relève n’est pas aussi prête qu’on pouvait le penser. Marquinhos est certes déjà très fort mais connaît encore des trous d’air légitimes pour un joueur de son âge. Et Kimpembe est encore un gamin, beaucoup trop léger en troisième option.

Au rayon des arrivées, aucune valeur sûre n’est arrivée. Si Krychowiak, Ben Arfa, Meunier et Jésé (déjà sur le départ) ont des qualités, aucuns d’eux n’avait l’expérience d’un très grand club et n’a su s’imposer dans l’effectif. Après six mois de compétition, la seule entrée dans le onze titulaire est celle, plus que mitigée, du très surcoté Areola qui n’apporte pas plus que Trapp en encaissant pas loin d’un but par tir adverse. Bref, l’équipe est tout simplement moins forte.

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Quels changements au mercato ?

Si Unai Emery n’est ainsi, à mon avis, pas à blâmer, il faut maintenant lui donner véritablement les clés du camion afin qu’il puisse donner une véritable identité à son équipe.

  1. Combler les trous

Zlatan Ibrahimovic et David Luiz n’ont donc pas été remplacés et cela a créé un déséquilibre dans l’effectif parisien auquel le mercato qui s’annonce doit remédier.

Si Cavani a pris les choses en main à la pointe de l’attaque, il est beaucoup trop seul à assumer ce rôle. Le jeune Augustin n’est pas mauvais mais il est très loin d’avoir le niveau pour un club qui vise la gagne en Ligue des Champions. Qu’il commence déjà par essayer de faire son trou dans un club à sa mesure style Nancy ou Lorient en prêt. Paris doit donc trouver un remplaçant immédiatement opérationnel et suffisamment fort et expérimenté pour pallier à une éventuelle blessure d’El Matador. La perle rare donc.

En ne recrutant pas l’été dernier, les dirigeants du club se sont compliqué la tâche, les joueurs de qualité ne jouant pas la Ligue des Champions ne sont pas légion. Les pistes Alario et Luan sont intéressantes à moyen terme mais les joueurs sud-américains connaissent souvent une acclimatation difficile. En revanche, rapatrier Carlos Bacca, un joueur que connait bien Emery a tout du joli coup pour cette saison mais ses 30 ans font relativiser un investissement qui s’annonce lourd. Bref, aucune piste ne remplira tous les critères. Il faut donc trancher et l’urgence me ferait pencher vers le colombien.

En défense central, Marquinhos a donc montré certaines limites et Kimpembe est loin d’être au niveau, un troisième homme s’impose pour apporter une réelle concurrence et compenser les méformes et les blessures. Pour ce rôle particulier, il faut de l’expérience et un vrai sens du collectif. Mettre dans les pattes de Marquinhos un jeune ambitieux, genre Lindelhof, mettrait le foutoir dans le vestiaire et bloquerait l’évolution de Kimpembe. Un nom s’impose ainsi à moi : Mamadou Sakho. J’en voit déjà rire mais, s’il sort d’une année compliquée, il possède le profil idéal. Combatif, leader et connaissant parfaitement la maison, il offrirait une solution rapide et très bon marché. De plus, à seulement 26 ans, il peut encore devenir le Desailly qui sommeille en lui.

  1. Se séparer des flops

C’est une certitude, le club s’est raté l’été dernier et certains joueurs doivent faire leurs bagages au plus vite. En tête de ces indésirables se trouve Jésé. L’attaquant espagnol était l’énigme du dernier mercato. Recruté en doublure de Cavani, il n’est vraiment pas un avant-centre et ne semble pas en mesure de troubler la hiérarchie aux ailes où Emery lui préfère même Matuidi. Avoir un retour sur un investissement inconsidéré de 25 M€ est à oublier tant cet achat a été surcoté. Un prêt en Espagne (on parle de Las Palmas) avant une vente cet été semble la solution. En espérant qu’il retrouve quelques sensations pour perdre un peu moins d’argent en juin.

Deuxième cas compliqué, Hatem Ben Arfa. Si les qualités du joueur sont réelles et que le pari se tentait, l’ancien lyonnais a confirmé une tendance lourde de sa carrière : il n’est pas fait pour un gros club. Jamais aussi performant que quand il est indiscutable dans une équipe , il ne peut tenir ce rôle dans un club comme le PSG où la concurrence est rude. Inefficace dans un rôle de joker et lâché par une partie du vestiaire pour sa nonchalance (et je suis poli) à l’entraînement, il doit partir pour retrouver sa confiance et ses sensations.

Dernier départ à envisager, celui d’Angel Di Maria. Stop à l’imposture ! Alors oui l’Argentin est une star, mais il n’en a que le statut. Comme au Real ou à Manchester, ses performances sinusoïdales ne justifient pas son coût et sa place indiscutable de titulaire. Il était médiocre l’an dernier, il est invisible cette saison ! La Ligue chinoise a de l’argent à perdre ? Tant mieux ! Il faut en profiter et leur extorquer une centaine de millions inespérée. Di Maria est loin du niveau escompté et son remplaçant, Draxler, est déjà là. Il doit partir en cas de proposition indécente.

  1. Recruter un meneur de jeu

Ce n’est un secret pour personne, Unai Emery souhaiterait articuler son équipe autour d’un 4-2-3-1 avec un véritable n°10 en soutien de Cavani. Un rôle sur mesure pour Javier Pastore qui devait enfin exploser et devenir le joueur de classe mondiale qu’il devrait être.

Malheureusement, il faut se rendre à l’évidence, l’argentin est en cristal. Son physique de danseuse ne lui permettra jamais de devenir le grand joueur qu’il aurait pu être et le cantonnera à un rôle de joker magnifique. Hatem Ben Arfa, plus soliste qu’organisateur et Marco Verratti, trop peu à l’aise dans les trente derniers mètres ne sont pas non plus taillés pour le poste. Pour permettre enfin au nouvel entraîneur d’imprimer son style à l’équipe, un meneur de jeu de grande classe doit débarquer à Paris.

Ça tombe bien, le meilleur buteur de la dernière Coupe du Monde est disponible. Le colombien James Rodriguez, puisqu’il s’agit de lui, est en échec au Real dans un milieu de terrain surpeuplé et a besoin d’un nouveau challenge. Il n’a que 25 ans, connaît bien la Ligue 1 et possède des qualités techniques hors-normes. Si la concurrence est rude sur le dossier, c’est une opportunité à saisir tant les joueurs de son calibre sont rarement sur le marché. Il a le profil idéal pour venir éclairer le jeu parisien, James Rodriguez est LE gros coup à faire pour le club.

3 thoughts on “Quel mercato pour le PSG ?

  1. Au final Paris tenu….. Un mercato interessant avec notamment:

    – Un Draxler plein de promesses qui cerise sur le gâteau semble avoir amené avec lui le niveau perdu de Di Maria dans ses valises.

    – Un Guedess qui me semble plein de potentiel

    – Un geste fort avec la confirmation de Kipembe qui même si il semble peut être un peu léger, envoi un signal fort pour les jeunes générations du PSG.

    En somme un bon mercato hivernal aprés un été ou seul meunier semble avoir séduit.

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