PSG outragé, PSG brisé, PSG martyrisé mais PSG libéré !

La France du football occupée depuis quatre ans par les infâmes forces de la lose peut enfin souffler, sourire et fêter ses libérateurs ! Le PSG est de retour en quarts de finale de la Ligue des champions.

Le Général était un visionnaire et il a effectivement bien fallu en passer par les trois étapes de l’humiliation pour retrouver un peu de dignité et réintégrer le grand huit du football européen. Outragé par l’arbitre lors de la Remontada de 2017, brisé par le cyborg Ronaldo en 2018 et martyrisé par leurs propres insuffisances l’an passé, le PSG s’est libéré hier en dominant Dortmund.

Une qualification finalement maîtrisée

Sincèrement, et même après la dernière mesquinerie du destin et l’absence au coup d’envoi de Mbappé (rendant obsolète mon argumentation d’hier), il n’y a pas vraiment eu photo entre les deux équipes. Venu jouer prudemment en contre, comme une vulgaire équipe de Ligue 1, le Borussia s’est planté dans son approche du match.

Plutôt que d’attaquer la rencontre à fond en partant du principe qu’un but les mettraient en position de force et augmenterait encore la pression sur les parisiens, ils ont laissé leurs adversaires imposer leur rythme et prendre confiance. Une stratégie forcément discutable contre une équipe privée de match le week-end précédant et qui avait besoin d’un round d’observation.

Dès lors, une fois le PSG à sa main, difficile d’imaginer la défense des jaunes et noirs, si friable, rester inviolée. Favre et ses hommes se sont donc trompé et les parisiens n’ont jamais vraiment tremblé. Finalement, cette qualification s’est sans doute jouée à l’aller, où le résultat ne reflétait pas l’ultra-domination des champions d’Europe 1997 et la performance innommable des hommes de Tuchel.

Une combativité retrouvée

Dans l’absolu, sans le passif de déveine exceptionnelle du club francilien, on n’aurait jamais vraiment tremblé dans ce match au rythme plutôt pépère que les Borussen n’ont jamais pu enflammer. On ne craignait finalement que l’irrationnel, un but improbable ou un penalty douteux. Mais si le match n’a pas vraiment atteint de sommets de suspense, c’est bien que les parisiens ont mis les ingrédients attendus à ce niveau de compétition.

Dans le sillage d’un Marquinhos épatant dans le leadership, d’un Paredes plein de grinta et d’un Cavani toujours aussi combatif, tout le monde s’est mis au diapason. Il suffit de regarder cette séquence de repli et de pressing de Neymar à la demi-heure de jeu pour s’en convaincre. Pour leur plus grand bonheur, les champions de France ont sorti le bleu de chauffe et ont, dans l’intensité et la combativité, offert un match référence.

Un match référence disputé sans Thiago Silva, pas un hasard. Aux reproches et râleries continuelles d’El Monstro, qu’on espère (enfin et définitivement) à la cave, Marquinhos a opposé son leadership positif, fait d’encouragements et de solidarité envers ses hommes. Loin d’être critiquable, cette « générale » de fin de rencontre avec l’ancien romain en première ligne est symbolique de l’envie qui animait tout le groupe hier. Une envie qui peut leur donner de l’ambition.

Il reste du boulot pour rêver plus grand

Car désormais il faut regarder devant, plus loin. Si le PSG a montré de belles choses hier, il reste selon moi très fragile. Les atermoiements tactiques de Tuchel, la fragilité physique, voire mentale de certains de ses cadres et les attitudes individualistes de ses stars sont autant de limites à leurs rêves de grandeur. Soyons clair, le PSG n’est pas devenu un favori de la compétition en sortant le Borussia.

Cependant, ils ont gagné le droit d’y croire. Dans une Ligue des Champions orpheline de Liverpool et désormais sans favori clairement identifié, tout le monde à sa chance. Toutes les équipes restant en lice ont des forces mais aussi des faiblesses, des temps forts et des temps faibles. Quel que soit l’adversaire au prochain tour, il sera donc à la portée des parisiens mais représentera un danger.

Un danger qui pourrait d’ailleurs venir de l’extra-sportif avec ce coronavirus qui n’en finit plus de mettre le doute sur cette fin de saison. Avec la quarantaine de la Juventus, la boîte de Pandore est ouverte et qui sait si on pourra la refermer. Il serait cocasse que la saison où le PSG semble prêt à passer un cap sur la scène continentale soit la première où la Ligue des Champions n’arrive pas à son terme. On pourrait vraiment parler de malédiction…

Malgré cette qualification, la route reste donc semée d’embûches, sur le terrain comme en coulisse pour un effectif qui commence tout juste à se fabriquer une âme.

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