Placardisé aux Knicks, l’avenir de Frank Ntilikina en NBA s’inscrit déjà en pointillé

L’imbroglio autour de Frank Ntilikina, meneur des New York Knicks, ne cesse de grandir et cela fait plusieurs mois que sa situation est inquiétante…

16 matchs qu’il ne joue plus, et sa franchise prétexte toujours la même douleur à l’aine. A croire que les diagnostics médicaux sont complices de ceux faits par son coach, David Fizdale, sur le terrain. On parle tout de même du basketteur français le mieux “drafté” de l’Histoire de la NBA, que les Knicks de New York et les Mavericks de Dallas se disputaient jusqu’aux dernières heures précédant la Draft 2017. 

Pourtant, le 31 janvier dernier, les Mavericks frappent un grand coup sur la planète NBA. Ils font venir le prodigieux intérieur Kristaps Porzingis en envoyant leur jeune meneur Dennis Smith Jr. (9e choix de la Draft 2017) à New York dans un transfert XXL. En voyant ces deux noms dans les médias, on s’imagine directement que Ntilikina, mis de côté par les Knicks, est du voyage pour Dallas, qui vient donc de laisser partir son meneur titulaire. (Tiens donc, Smith Jr., c’est bien le joueur à qui New York faisait les yeux doux en 2017 avant de lui préférer Frank Ntilikina en tant que 8e choix.) 

Or, le nom du Frenchie n’apparaît finalement pas dans les détails du transfert. Suspect, quand on se souvient des intérêts explicites des Mavericks pour celui qui évoluait alors à Strasbourg. C’est son agent, Olivier Mazet, qui faisait part de ceux-ci en juin 2017 : “Dallas est intéressé, clairement. Ils sont intéressés et Mark Cuban a voulu le rencontrer et s’est déplacé pour le voir.”

Mark Cuban, propriétaire de Dallas, est un homme d’affaires qui flaire les bonnes. En témoigne la Draft de Dirk Nowitzki, cette perche européenne à la démarche peu commune, qui deviendra MVP de la saison en 2007 puis MVP des Finales en 2011, apportant au passage le seul titre de l’histoire de la franchise à Dallas. Récemment, il s’est illustré en obtenant le prodige slovène Luka Doncic, lors d’un échange avec Trae Young et Atlanta, le soir de la Draft 2018. 

On peut donc se poser clairement la question : pourquoi les Mavericks n’ont pas récupéré Frank Ntilikina dans le transfert Porzingis-Smith Jr., alors qu’ils lui montraient un intérêt un an et demi plus tôt ?

Muons-nous d’abord en avocats du diable. On sait que Frank Ntilikina est un pur produit du basket-ball strasbourgeois, archétype du jeu à l’européenne. On défend dur, on cherche à mettre en valeur ses coéquipiers et surtout, on ne force pas son jeu dans l’optique de noircir la feuille de match. A l’heure actuelle, si les formateurs du natif d’Ixelles en Belgique avaient cette philosophie à lui inculquer, c’est banco. Le meneur sophomore est un monstre défensif. Il n’y a qu’à se délecter de ces quelques clips réalisés par la Knicks Film School. On y voit le Français se mettre dans la poche et Trae Young (aucun point en première mi-temps), 3e choix de la Draft 2018, et James Harden (limité à 1/6 au tir face à Ntilikina), MVP de la NBA en titre.

Par ailleurs, son altruisme permet de faire briller ses coéquipiers. En novembre dernier, après 16 rencontres de saison régulière, une statistique significative montrait l’importance de Frank dans le jeu new-yorkais. Quand le Français jouait plus de 30 minutes, les Knicks avaient un bilan de 3victoires-2défaites, mais quand il jouait moins de 30 minutes, ils tombaient à 1victoire-10défaites. Un constat criant qui n’est surement pas tombé sous les yeux de David Fizdale.

En revanche, il y a des points négatifs à soulever quant à l’apport de Ntilikina sur le terrain et à son avenir en NBA. On soulignera tout d’abord son manque de prise d’initiative en attaque. Il a tendance à exaspérer les fans des Knicks, mais les observateurs de NBA en général, qui prônent l’individualisme offensif et statistique. 

Or, si ses quelques tentatives étaient couronnées de réussite, alors raison lui serait donnée. Mais c’est là que vient le véritable hic du jeu offensif de Ntilikina. En une saison et demie, le Knick tourne à 35.6% au tir en moyenne, avec seulement 30.7% de réussite au tir à 3 points. Couplée à son manque de confiance en attaque, cette adresse déplorable énerve et fait perdre du crédit au jeune Français. Surtout quand on voit ses performances lorsqu’il prend les choses en main en attaque. On a en tête son beau match face à Charlotte (18 points en 20 minutes, avec 4/4 à 3 points) mais aussi son gros dunk sur la tête de Rudy Gobert. Très frustrant constat qui laisse sur notre fin en tant que soutiens de Frank.  

C’est triste à dire mais, plus que de rester à New York, Ntilikina n’a peut-être pas les épaules pour rester en NBA. Il devrait peut-être se refaire une santé en Europe, là où son basket collectif et défensif avant tout serait fort serviable. A chaque fois on pense que les New-yorkais vont le faire rejouer, puis c’est la même rengaine. Il joue quelques minutes, ne se montre pas convaincant en attaque et ressort la tête baissée. L’échec ne s’est donc pas vérifié par un transfert, mais bien par l’acquisition de Dennis Smith Jr, évoquée plus tôt dans l’article.  A tel point que son coach expliquait en janvier dernier que l’altruisme de Ntilikina “[n’est] pas une mauvaise chose … “ et qu’il veut que “Frank reste Frank.”. Pourtant, voilà désormais 16 matchs que Fizdale ne le fait pas jouer et que cela semble tout à fait normal du côté de la Big Apple. Pour se défendre, l’ancien Strasbourgeois clame que “Jouer aux Knicks, c’est plus compliqué que dans une autre franchise en ce qui concerne la médiatisation et la pression.”. Et dire qu’au début de la saison 2017, le patron LeBron James prévenait  “[Smith Jr] devrait être un Knick, estime James. Les Knicks ont laissé passer un très bon joueur…” sans aucune considération pour le potentiel de Frank Ntilikina.  

Selon moi, le fait que Dallas n’ait pas voulu s’en emparer révèle le peu de confiance dont bénéficie Ntilikina aux Etats-Unis. Arrêtons de nous entêter à croire à un futur en NBA, et rendons lui le basket-ball qui lui convient. Allez, reviens en France mon garçon, et aide l’ASVEL en Euroleague la saison prochaine. Là, tu seras notre French Prince !

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