Open d’Australie, nos pronostics : tableau masculin

2017 est morte vive 2018 ! Après quelques tours de chauffe de seconde zone, la saison débute véritablement cette semaine du côté de Melbourne ou papy Federer, tenant du titre, s’avance en grand favori pour la première fois depuis des lustres. Il aura cependant fort à faire face à un autre revenant.

Le vainqueur : Novak Djokovic

L’histoire est un éternel recommencement et, après l’inattendue résurrection du phénix suisse l’an dernier, pourquoi ne pas tabler sur un autre retour fracassant ? Honnêtement, entre les forfaits, les retours incertains, la forme chancelante de Nadal et une autoroute en guise de tableau, tout porte pourtant à croire que Federer soulèvera dans deux semaines son 20ème majeur. Mais je n’arrive pas à y croire…

De son côté le Djoker arrive sur la pointe des pieds avec le dossard 14 sur le dos et devra se coltiner un tableau dantesque mais je crois que c’est une excellente nouvelle pour lui. Car ne vous y trompez pas, il joue bien, très bien même. Absent à Brisbane, il s’est offert une balade contre Thiem à Kooyong et a surtout retrouvé l’envie et le sourire. Sans aucune pression, dans son tournoi préféré et avec l’envie de tout bouffer, il va faire mal et son deuxième tour choc contre Monfils va immédiatement le lancer. Il a besoin d’une bonne baston contre un mec au mental suffisamment fragile pour ne pas profiter de son manque de repères, le francilien tombe à pic pour lancer le serbe vers son septième sacre austral.

La surprise : Thanasi Kokkinakis

Nombreux sont les jeunes loups à vouloir montrer les dents d’entrée de jeu cette saison. Tsitsipas, Chung, Marterer, Medvedev, De Minaur… ils sont quelques uns à pouvoir se révéler lors de cette première levée du Grand Chelem. Le jeune Australien, hype du début de saison est d’ailleurs le premier nom auquel j’ai pensé. Cependant, ses débuts fracassants pourraient jouer contre lui. Au lieu d’arriver dans l’anonymat, on ne parle que de lui à Melbourne. Demi-finaliste à Brisbane et minimum finaliste à Sydney, il a frappé fort, trop fort et peut-être trop tôt. Il abordera son premier tour face à Berdych presque en favori ! Face à un vieux briscard, certainement sur la Rod Laver Arena et avec une attente démesurée autour de lui, ça risque de faire beaucoup à gérer émotionnellement.

Les autres ayant des tirages compliqués, c’est finalement un autre Aussie qui pourrait faire parler de lui. Retombé au 215 rang mondial, le jeune homme de 21 ans a montré par le passé qu’il avait tout ce qu’il fallait pour briller à la maison et s’offrir un troisième tour de prestige contre le 4ème joueur mondial, Alexander Zverev. Un défi à la hauteur du gamin d’1m96 qui a tout dans la raquette pour faire douter un allemand qui peine encore à passer un cap en majeur et qui aura toute la pression sur les épaules.

La déception : Pablo Carreno Busta

Certains me diront sans doute que peu de spécialistes sont prêts à miser leur chemise sur cet espagnol si discret et que le voir disparaître dès les premiers tours ne serait pas un coup de tonnerre. Ils n’auraient pas tord cependant le gaillard est tout de même tête de série N°10, sort d’une demi-finale à Flushing Meadows et fait donc, de facto, partie des potentiels outsiders du tournoi.

Malgré tout, j’ai du mal à l’imaginer aller très loin dans le tableau même si le sort, particulièrement clément, lui a réservé l’inconnu local Jason Kubler en entrée. S’il devrait logiquement s’en sortir, la suite face à Gilles Simon apparaît nettement moins digeste et pourrait lui être fatale.

Le meilleur français : Lucas Pouille

Après un US Open apocalyptique, difficile d’être optimiste pour les Bleus. Non pas qu’ils ne soient pas en forme et requinqués par leur victoire en Coupe Davis mais leur classement en recul ne les a pas protégés et les obligera à des exploits précoces pour aller en deuxième semaine. Bien qu’ils soient en forme, difficile en effet d’imaginer Monfils s’offrir Djoko ou Gasquet sortir Roger. Quant au tableau de Tsonga qui va potentiellement le voir affronter Shapovalov, puis Kyrgios et Dimitrov avant les quarts, difficile de faire pire.

Bref, il va falloir compter sur Gilles Simon et Lucas Pouille pour aller loin. Le niçois n’a pas pris les pires têtes de séries (Carreno Busta et Muller) et peut espérer défier Marin Cilic en huitièmes. Pouille peut même voir un peu plus loin, après deux tours de chauffe largement à sa portée, il devra batailler contre Kevin Anderson puis Jack Sock pour rallier son troisième quart en Grand Chelem. Difficile mais pas impossible pour un joueur ragaillardi par son triomphe lillois. Un tel succès par équipe en a libéré plus d’un, pourquoi pas lui ?

Le match : Denis Shapovalov-Stefanos Tsitsipas

Les huitièmes de finale regorgeront  d’affiches très alléchantes mais elles paraissent encore un peu hypothétiques pour en parler. Penchons nous donc sur les premiers tours et il y a de quoi faire. Gasquet-Federer, Monfils-Djokovic, Rublev-Dimitrov, Kachanov-Del Potro, Berdych-De Minaur… un vrai feu d’artifice !

Pourtant, si je ne devais un voir qu’un, ce sera Tsitsipas-Shapovalov. Non pas que j’aime voir les commentateurs galérer avec leurs patronymes respectifs mais bien parce que ces deux teenagers devraient nous régaler. Deux joueurs explosifs qui cherchent en permanence à faire mal, deux superbes revers à une main, ça risque de partir dans tous les sens avec une palanquées de coup gagnants. Il y aura du déchet c’est certain mais il ya a fort à parier que ça va durer et qu’il y aura de l’émotion. De plus, c’est la première fois qu’ils s’affrontent et la première fois c’est toujours spécial. Qui sait, peut-être la naissance d’une rivalité entre deux futurs monstres…

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