Open d’Australie 2017 : Le bulletin de notes des Bleus

Avec l’élimination de Tsonga par Wawrinka ce matin, il n’y a donc plus aucun français dans le tableau masculin du premier tournoi du Grand Chelem de la saison, l’occasion de faire un bilan des performances de nos frenchies.

Un français en quart, un autre en huitièmes et trois au troisième tour, le bilan d’ensemble de cet Australian Open est convenable. Pas de grosse craquante mais pas de performance notable non plus. Dans l’absolu, il reflète assez bien cette génération, constante mais trop rarement capable de se sublimer. Les bleus ont globalement été à leur place sans nous faire rêver.

Voilà pour un bilan collectif sans trop de saveur. Penchons-nous désormais sur les cas individuels en occultant volontairement Halys, Mahut, Mathieu, Chardy Mannarino et Herbert, tous non têtes de séries et éliminés sans avoir gagné un match.

Mention bien : encouragements du jury

Jo-Wilfried Tsonga (12) 

Battu en quart de finale 7/6 6/4 6/3 par Stan Wawrinka (4)

TsongaComme souvent le manceau se pose comme le taulier des Bleus, son quinzième quart de finale en Grand Chelem (meilleur bilan de l’histoire du tennis français) impose le respect. Il n’a pas tremblé face aux joueurs qu’il devait battre, s’offrant au passage une jolie victoire sur l’américain Jack Sock, un joueur très solide en ce début d’année. Dans l’absolu, être dans les huit en tant que tête de série  N°12, c’est même une perf !

Seulement voilà, il n’y a dans son parcours aucun morceau de bravoure, aucune victoire vraiment marquante. Bénéficiant des éliminations successives de Cilic et Tomic, sa qualification pour les quarts n’a rien d’un exploit, il n’a d’ailleurs battu aucun Top 20. Et son dernier match laisse même un très mauvais goût dans la bouche. Alors que, dans son tournoi fétiche privé de ses deux ultra favoris, il pouvait rêver à une consécration méritée, il n’a pas existé contre Wawrinka. Jamais la différence de niveau entre les deux hommes n’a paru si forte. Il ne semble plus capable de se transcender comme par le passé, plus capable de jouer un tennis surnaturel pendant 3h. Bref, cette fois on en est certain, il ne soulèvera jamais un trophée majeur et, je ne sais pas vous, mais moi ça m’attriste un peu.

Benoît Paire

Battu en 1/16ème de finale 6/1 4/6 6/4 6/4 par Dominic Thiem (8)

PaireLa voilà l’agréable surprise de cet Open d’Australie ! On avait laissé l’avignonnais en mort cérébrale en décembre dernier, définitivement perdu pour le tennis après le pitoyable épisode de Rio et le voilà qui ressort du bois. Certes, ce n’est qu’un troisième tour mais ses victoires sur Haas et Fognini et même sa défaite contre Thiem nous ont donné le sourire. Il est le seul joueur français à avoir dominé un joueur mieux classé que lui.

Plus que les résultats bruts, on n’a jamais vraiment douté de son talent, c’est l’attitude du fantasque compagnon de Shym qui a été très positive. Vainqueur en cinq sets et au couteau d’un italien au moins aussi fou que lui, il n’est pas sorti de son match, n’est jamais tombé dans le n’importe quoi dont il est coutumier, n’a jamais pété un câble. Il s’est comporté en professionnel. Il n’a pas non plus à rougir de son élimination face à Thiem après quatre sets durant lesquels il n’a pas perdu le fil et n’a pas brutalisé son outil de travail. Bref, une bonne base de travail qui pourrait vite lui permettre de regarder plus haut. Pourvu que ça dure…

Mention passable : peut mieux faire

Gilles Simon (25)

Battu 1/16ème de finale 6/2 7/6 3/6 6/3 par Milos Raonic (3)

SimonAvec lui on n’est que très rarement déçus, il est exactement là où on l’attend. Tout en maîtrise lors de ses deux premiers tours, il a livré une rencontre très consistante contre le troisième joueur mondial, Milos Raonic, en 1/16ème de finale. Bien que défait, il aura vraiment inquiété le géant canadien et pourra même regretter le tie break du second set perdu de justesse. Finalement battu en quatre manches, il est le seul à avoir vraiment rivalisé avec un Top 5.

Là où on l’attend mais jamais plus haut non plus. Malgré ses 32 ans, Gillou est toujours performant. Sa couverture de terrain et son sens tactique lui permettent encore d’enquiquiner n’importe qui. Quel dommage que son service ait été si faible, il aurait clairement pu aller plus loin. S’il est régulier, il lui aura donc toujours manqué ce petit quelque chose pour réaliser de vrais performances en Grand Chelem. Toujours capable d’inquiéter les gros, trop rarement de les battre.

Gaël Monfils (6) :

Battu en 1/8ème de finale 6/3 6/3 4/6 6/4 par Rafael Nadal (9)

MonfilsDocteur Jekill et Mister Hyde comme d’habitude. Impressionnant de constance, de sérieux et de puissance lors de ses premiers tours, il s’est liquéfie en huitième de finale contre Nadal. Arrivé en Australie avec un nouveau statut de sixième joueur mondial, il est finalement le seul de notre sélection à avoir été éliminé à la régulière par un adversaire moins bien classé que lui. Alors oui, Rafa et ses quatorze titres majeurs n’est pas le premier venu et perdre contre lui n’a rien d’infamant, mais plus que le résultat, c’est la manière qui exaspère.

On va le dire clairement : Monfils mouille sévèrement dès qu’il aborde un match contre un membre du Big Four ! Encore une fois, à l’image de sa demi-finale du dernier US Open (voir ici), il a abordé le match à l’envers, sans plan tactique et la tête basse, comme déjà résigné. Et face à Rafa, ça ne pardonne pas. Le temps d’entrer dans la rencontre, il avait deux sets de retard. Et pourtant il a eu sa chance ! Plus volontaire et impliqué, il a remporté la troisième manche et avait solidement la main sur la quatrième avant de complètement fondre un fusible. Menant 4-3 et 30-0 sur son service, il a débranché le cerveau mis quatre bâches consécutives en coup droit avant d’enchaîner d’incohérents service-volleys à 5-4. Un sabordage en règle et une certitude, ce joueur n’apprendra jamais de ses erreurs et continue de gâcher son immense potentiel.

Recalés : insuffisant

Richard Gasquet (18)

Battu 1/16ème de finale 6/3 6/2 6/4 par Grigor Dimitrov (15)

GasquetOn passe sous la moyenne avec le prodige de Serignan qui après deux tours très convaincants, s’est complètement raté contre Grigor Dimitrov au troisième. Dans une partie de tableau complètement dégagée, dans laquelle il faisait presque figure de favori face au bulgare, à Goffin et à Thiem, tous moins expérimentés que lui, il n’a pas su saisir sa chance. Et de quelle manière !

Alors qu’on attendait un festival de beau jeu entre les deux hommes, il n’y a pas eu de match. La faute au service de Gasquet, à peine digne d’un seconde série… Alors, c’est vrai que je n’ai jamais aimé ce coup, particulièrement disgracieux avec un armé très direct et un lancer de balle très court, chez le biterrois mais force était de constater qu’il arrivait à être efficace avec des prises d’effets intéressantes. Mais là ça a été du grand n’importe quoi avec des vitesses dignes d’une Dementieva des mauvais jours… Franchement, face à un membre du Top 30, servir à moins de 170 km/h de moyenne en première, c’est juste du suicide. Je ne sais pas si c’est dû à ses problèmes de dos mais il va vite falloir rectifier le tir s’il veut continuer à exister sur le circuit.

Lucas Pouille (16)

Battu au premier tour 6/0 3/6 6/3 6/4 par Alexander Bublik

PouilleOn attendait énormément du futur patron du tennis français après ses deux quarts consécutifs en Grand Chelem et on espérait le voir croiser le fer avec Andy Murray en huitièmes. On n’aura finalement rien vu, la faute à une blessure au pied qui l’a empêché de défendre correctement ses chances face à l’ukrainien Bublik au premier tour. J’ai d’ailleurs beaucoup hésité avant de l’intégrer à cet article.

Ceci étant, dès l’instant où il se présente sur le court, c’est qu’il se considère de défendre ses chances et donc, par ricochet, d’être jugé pour sa performance. Difficile d’estimer dans quelle mesure sa blessure l’a handicapé mais force est de constater que sa performance aura été particulièrement faible. Quand on sait qu’un Nadal a remporté des tournois majeurs avec des tendinites au genoux, on peut raisonnablement penser que le jeune nordiste aurait pu faire mieux. A lui d’en tirer une expérience et d’en sortir grandi.

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