Malgré son record, le PSG doit vendre Edinson Cavani

Désormais meilleur buteur de l’histoire du PSG, fait aussi parler de lui en dehors du terrain où les rumeur d’un départ bruissent. Une mauvaise nouvelle ? Pas vraiment, pour moi, cette saison doit être la dernière du Matador au Par des Princes.

C’est fait, avec son 157ème but inscrit contre Montpellier, Edinson Cavani s’est inscrit au panthéon des buteurs sous le maillot du Paris Saint-Germain. Une belle récompense pour un joueur irréprochable, particulièrement apprécié des supporters du club.

Pourtant, alors qu’il semble au zénith de sa carrière, il m’apparaît évident que, pour le bien du club parisien, son avenir doit s’inscrire ailleurs que dans la capitale dès l’été prochain.

Un profil technique pas vraiment optimal

Loin de moi l’idée de remettre en question un joueur que j’apprécie tout particulièrement, mais je me pose clairement la question de son osmose avec les deux autres membres du trio d’attaque du PSG. En effet, alors que la connivence entre Neymar et Mbappé saute aux yeux, Cavani semble avoir du mal à trouver sa place.

Techniques, rapides, hyper mobiles, capables de jouer à tous les postes sur le front de l’attaque, le français et le brésilien parlent le même football, fait d’enchaînements supersoniques et de mouvements perpétuels. Au milieu d’eux, l’uruguayen apparaît emprunté, presque pataud, incapable de suivre le mouvement quand les deux autres passent la surmultipliée. Loin de moi l’idée de prétendre que sa technique est faible mais par rapport aux deux autres génies, il est un cran en dessous.

On le voit bien, il a tendance à regarder le duo combiner en attendant le ballon dans la surface, pas forcément l’idéal dans le jeu prônée par Emery, fait de projection et de vivacité. Si ce n’est pas forcément un problème en soit, surtout qu’il n’attend pas pour rien l’animal, je suis persuadé qu’un avant-centre plus rapide, technique et à l’aise que lui dans les petits espaces serait plus à même d’optimiser l’attaque du club.

Son successeur déjà au club

Et ça tombe bien, il est déjà là ! Pas besoin de se creuser la tête et de sortir la planche à billets, l’avant-centre parfait pour le PSG est déjà au club, c’est Kylian Mbappe. Le transfuge de Monaco est un phénomène et ne semble avoir aucune limite. Buteur, passeur, il a tout et son début de saison est très au dessus des attentes. Alors que beaucoup, moi le premier, doutions de sa capacité à s’adapter à un nouveau poste, sur la droite de l’attaque, il ne lui aura fallu qu’une petite poignée de rencontres pour mettre tout le monde d’accord.

Son entente avec Neymar est télépathique et il crée des différences énormes dès qu’il touche le ballon. C’est bien simple, on remarque clairement quand il est absent. Si certains me rétorqueront, avec raison, qu’il n’est pas encore aussi complet que Cavani, notamment de la tête, la seule question est de savoir combien de temps ça lui prendra pour le devenir. A la vitesse à laquelle il progresse, ça devrait aller vite. On pensait que c’était l’attaquant de demain mais en fait, c’est celui d’aujourd’hui.

Son replacement permettrait du coup la présence devant d’un autre technicien à même de combiner plus efficacement avec les deux autres. On le voit avec le retour en grâce de Di Maria que ce type de joueur, beaucoup plus brillant balle au pied qu’El Matador, complète parfaitement le duo Neymar-Mbappe.

Une attaque au service de Neymar

Mais le plus important sans doute c’est peut-être que le serial buteur qu’est Cavani, n’est déjà plus le meilleur au club dans ce rôle. Le ratio de la superstar brésilienne est déjà supérieur puisqu’il a inscrit (L1+LDC) 23 buts en 22 matches quand Cavani en a inscrit 27 en 28. La différence est infime et l’uruguayen est, en absolu, encore devant, mais pour combien de temps ? Depuis la reprise, les courbes se sont inversées et je suis prêt à parier que Neymar va vite combler son retard pour terminer meilleur buteur du championnat.

Dans ces conditions, il semblerait plus opportun de laisser Mbappé prendre le rôle d’avant-centre, pour se mettre complètement au service de la star brésilienne (à l’image de ce que fait Benzema pour Ronaldo au Real) et d’associer à ces deux-là un troisième technicien qui ferait également office de lieutenant au capitaine de la Seleçao dans sa quête de Ballon d’Or. Di Maria,  complètement retrouvé et concurrencé par une recrue, a le profil idéal.

Dans un club où les auriverde ont pris le pouvoir, on voit bien que Cavani est à l’écart et que l’entente entre les deux hommes n’est que de façade. Les petites polémiques sur les pénaltys l’ont bien montré. Neymar veut une équipe à sa main où il sera la seule idole, il faut la lui donner, quitte à sacrifier le nouveau meilleur buteur de l’histoire du club.

Rééquilibrer les comptes

Enfin, un autre aspect, pécuniaire, doit rentrer en considération. Le 14 février, le buteur va fêter ses 31 ans. Si ce n’est pas encore un âge canonique pour un attaquant de sa classe, le mercato d’été sera certainement pour le club l’une des dernières occasions de faire une très grosse vente. Soyons clair, sa cote est au zénith et le PSG peut espérer tirer pas loin de 100 M€ pour son joueur. Un montant inespéré pour un attaquant trentenaire qui va immanquablement régresser durant les prochaines saisons.

Personnellement, sans le dénigrer, je pense même que ses performances exceptionnelles sont en grande partie dues aux deux phénomènes qu’il a à ses côtés et que pas mal d’avant-centres , dont Mbappe bien sûr, pourraient en faire autant. Il faut donc profiter de cette exposition pour faire jouer la concurrence (entre les clubs et italiens et la Chine notamment) et toucher le jackpot. Avec les menaces du flair-play financier, Paris a besoin d’argent et Cavani doit devenir le premier candidat au départ. 

Les joueurs sont plus que jamais des actifs dont il faut savoir se séparer au bon moment. S’il n’est pas vendu l’été prochain, sa côte sur le marché risque de s’effondrer. Avec sa vente, Paris pourrait, par exemple, facilement s’offrir Moussa Dembele et Malcom, deux jeunes à très haut potentiel dont le profil colle parfaitement aux besoins du club. Mais c’est cet été ou jamais. En 2019, les deux hommes vaudront le double de leur valeur actuelle et Cavani à peine la moitié de la sienne.

Cavani a marqué l’histoire du club, rien à redire là dessus, mais il n’incarne plus son avenir et et doit laisser sa place, sous peine de devenir un problème à gérer.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *