Lucas Pouillle face à la chance de sa vie !

pouille

De retour sur la terre de son plus grand exploit, Lucas Pouille est dans une situation inédite pour un joueur français dans un tournoi Grand Chelem. Placé dans un bas de tableau décimé dont il est désormais le favori, il est face à la chance de sa vie et j’espère qu’il saura la saisir.

Bon je vais commencer par faire mon mea culpa car on ne peut vraiment pas dire que j’ai eu le nez creux à propos de Lucas Pouille dans mes pronostics d’avant tournoi. Après une tournée américaine calamiteuse, je voyais carrément le nordiste comme la déception de cet US Open. S’il n’a effectivement pas été loin de me donner raison avec une sortie de route précoce, je suis vraiment ravi de m’être trompé car il est toujours là et pourrait même marquer le tennis français.

Miraculé des premiers tours

Soyons clair, lors du deuxième tour, quand j’ai vu Jared Donaldson revenir à deux sets partout après que Lucas ait mené deux manches zéro et un break, j’ai bien cru que ce dernier allait s’inscrire dans la tradition tricolore des matches salement caviardés. Qu’il rejoigne Richard Gasquet, Gaël Monfils et autre Paul-Henri Mathieu au panthéon des rencontres imperdables, perdues mentalement plus que tennistiquement. Et pourtant, il s’en est sorti, pas brillamment, dans la douleur et en balbutiant son tennis mais il a réussi à passer ce moment délicat pour survivre dans le tournoi et se donner une chance de rêver.

Une victoire à première vue anodine et cependant, même s’il semble loin du niveau qui lui avait permis de renverser Roberti Bautista Agut et surtout Rafael Nadal l’an dernier, un succès au forceps qui pourrait prendre une place majeure dans sa carrière tant il lui ouvre des perspectives affolantes à l’aube de son troisième huitième de finale en Majeur. En effet, il a su capitaliser sur ce difficile combat pour ensuite dominer le Kazakh Kukushkin et atteindre la dernière semaine dans des conditions inespérées. Déjà initialement vernis par le tirage au sort, il se retrouve carrément dans la peau d’un favori pour atteindre la finale.

Un tableau de rêve

Car oui, cet US Open est fou. Alors qu’il était déjà certainement, sur la ligne de départ, le plus faible en terme de niveau et de densité depuis le début du siècle (absence de Murray, Wawrinka Djokovic, Raonic, Nishikori,…), les cadors présents se sont fait un malin plaisir à se rater les uns après les autres pour offrir aux rescapés du bas de tableau une autoroute vers la gloire. Franchement, rejoindre les huitièmes en ayant seulement tapé Bemelmans, Donaldson et Kukushkin – respectivement 96ème, 51ème et 103ème mondiaux – c’est tout sauf un parcours du combattant ! Et le pire, c’est que ça n’est pas terminé.

Son quatrième tour théorique devait le mettre aux prises avec sa bête noire Andy Murray – qu’il n’a jamais inquiété en quatre rencontres – mais ce dernier a jeté l’éponge avant le tournoi, laissant sa place au dernier finaliste de Wimbledon, Marin Cilic. Un autre gros client que ne devra pas non plus affronter Lucas puisqu’il s’est pris les pieds dans le tapis contre Diego Schwartzmann. Loin de moi l’idée de sous-estimer l’argentin qui réalise une saison très solide mais sur la route d’un quart de finale, on a quand même fait pire qu’un joueur de 25 ans, 37ème mondial et sans aucune référence à ce niveau. Même s’il joue son meilleur tennis, mieux l’affronter lui qu’un ancien vainqueur du tournoi.

Un espoir de finale ?

Et si l’on se projette un peu plus loin, on s’aperçoit que, suite aux sorties de route prématurées de Zverev, Cilic, Isner et Tsonga, il ne reste plus aucun Top 10 sur sa route et un seul joueur mieux classé que lui, l’espagnol Carreno Busta, pas vraiment un spécialiste de la surface… Sans compter que d’autres solides outsiders comme Karen Kachanov, Gilles Muller ou Jack Sock ont également baissé pavillon prématurément, restent le toujours dangereux Sam Querrey et la sensation Denis Shapovalov. Résultat des courses, on sait donc déjà que le finaliste issu de cette partie basse sera au mieux 12ème à l’ATP et complètement bizuth à ce niveau. L’opportunité qui s’offre à lui de devenir le successeur de Jo-Wilfried Tsonga, dernier français finaliste en majeur, est unique. Reste à profiter de cet improbable concours de circonstances.

En effet, malgré cet alignement de planète particulièrement improbable, le plus dur commence pour lui. Alors qu’il arrivait à New-York sans aucun repère ni confiance avec certainement en tête qu’une place en deuxième semaine serait un très bon résultat, il se retrouve face à la chance d’une vie avec un niveau de jeu incertain. Devant lui, la route est dégagée, il a presque l’obligation de gagner pour atteindre au minimum le dernier carré. Tout autre résultat serait désormais une déception et ferait à coup sûr ressurgir les vieilles rengaines sur les joueurs au coq incapables de profiter des coups de pouces du destin. Une situation imprévue de favori, forcément génératrice de pression, alors qu’il peine à trouver des sensations. Pas forcément évident à gérer.

Mais c’est ainsi, tout va très vite en tennis et l’on ne choisit pas le moment où un destin peut basculer. Une chose reste cependant quasi-certaine, le train ne passera une seconde fois pour Lucas Pouille. A lui désormais de sauter dedans pour entrer dans la légende et rejoindre Cédric Pioline, seul bleu de l’histoire finaliste à Flushing Meadows en tordant le coup aux préjugés. Avec son fighting spirit, il en est capable.

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