Les choix de Noah, un premier pas vers la victoire

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À la veille de débuter la finale de Coupe Davis entre la France et la Suisse, Noah a choisi ses hommes. Une équipe taillée pour remporter le trophée.

On y est, les Bleus accueillent demain la Belgique pour la finale tant attendue de la Coupe Davis 2017. Enfin accueillent… il y aurait beaucoup à dire sur le choix de Lille comme ville hôte avec des belges presqu’à la maison, mais ce n’est pas le sujet. Quand on n’entendra que les chants belges, on dira poliment que c’est une belle fête du tennis. Bref, le véritable suspense résidait encore dans la composition de l’équipe qui défiera David Goffin et ses petits copains.

Si Noah a décidé d’attendre le dernier moment, on sait désormais que ce sont les malheureux Julien Benneteau et Nicolas Mahut qui regarderont les débats des tribunes, laissant toute la pression d’ultra-favori à Tsonga, Pouille, Gasquet et Herbert. Un choix pas si surprenant que ça mais et laisse imaginer un dénouement heureux.

Victoire obligatoire

Car oui, n’en déplaise au tout nouveau statut de David Goffin, qui a l’air de beaucoup émouvoir la France du tennis, un échec ce week-end serait inexcusable pour une génération qui manque encore d’un point d’orgue. En valeur absolue, il n’y a pas photo entre les deux équipes, la densité française doit faire la différence face à une équipe complètement dépendante des performances de son leader.

Leader à qui tout le monde promet déjà deux points faciles en simple, ce qui est très loin d’être entendu ! Malgré son Masters réussi, il arrive en bout de course après une saison éreintante et est contraint de jouer sous infiltration tant son genou gauche le fait souffrir. Alors enchaîner victorieusement trois matche au meilleur des cinq manches contre de solides oppositions, j’ai du mal à y croire.

Pourquoi trois matches ? Parce que malgré ce qui est annoncé, c’est bien lui qui se présentera aux côtés de Ruben Bemelmans samedi, ça ne fait guère de doute. Sur la rencontre d’une vie, Johan Van Herck ne va pas s’amuser à lancer Joris De Loore, 343 mondial en double et qui revient tout juste de blessure. Du coup, comme en 2015 contre la Grande-Bretagne, la Belgique devrait s’en remettre complètement à son leader, une mission compliquée, presque impossible pour le 7ème joueur mondial.

Tsonga plus leader que jamais

Du côté des Bleus, Noah joue également au poker menteur. On imagine ainsi très peu Pierre-Hugues Herbert fouler le rebound ace du stade Pierre Mauroy ce week-end. S’il était bien le profil qui collait le plus à Gasquet, bombardé pilier de son double, par rapport à Benneteau et Mahut, il n’est là que pour palier à une éventuelle défaillance de Tsonga. Comme son homologue, le N°1 français devrait ainsi être de la partie les trois jours avec un surplus de fraîcheur non négligeable.

D’ailleurs, retrouver la paire Tsonga-Gasquet ne serait qu’une demi-surprise. Dès sa prise de fonction, cette association avait les faveurs du chanteur qui a toujours considéré que deux très bons joueurs de simple feraient toujours une paire de double plus efficace qu’un duo, même rôdé, de joueurs moyens. La France avait d’ailleurs pu vérifier cet adage il y a trois ans et la démonstration des duettistes Wawrinka-Federer. Sachant de surcroît que les deux hommes ont déjà brillé ensemble, leur place sur une finale semble évidente.

Enfin, qu’un joueur dispute les trois jours n’a jamais gêné Noah, il a souvent fonctionné ainsi. A Lyon en 1991, Forget et Leconte ont joué tous les matches, réduisant Boetsch et Delaitre au rang de simples spectateurs. Pour lui Tsonga est l’homme fort, le patron de cette équipe, s’il est en forme, il doit être sur le terrain, en simple comme en double.

Gasquet pour un cinquième match décisif

Deuxième message très fort de Noah, en se privant d’une paire de spécialistes il veut blinder le simple. Avec un double belge comme point faible, il veut se prémunir de tout coup dur et s’offrir des possibilités de coaching. Si, sans surprise, ce sera bien Pouille qui défiera Goffin demain après-midi, avec un bon coup à jouer tant leur bilan est à son avantage (il mène 3-0 dans leurs confrontations), il y a ainsi fort à parier que ce soit sa seule occasion de briller du week-end.

En effet, il ne jouera pas le double et sa place en cas de simple décisif semble très incertaine. Si la logique est respectée, ce dont on peut douter, on devrait se retrouver à 2-2 dimanche avec face aux Bleus, un spécialiste de la situation, Steve Darcis. Avec six victoires en autant de duels décisifs depuis ses débuts en 2005, le bras droit de Goffin est un expert. Sachant que ça lui est arrivé deux fois cette saison avec notamment un succès sur Alexander Zverev. S’il n’est que 76ème à l’ATP, il faudra donc se le farcir !

Dans ces conditions, lancer un presque bizuth comporterait un grosse part d’incertitudes, surtout quand on se rappelle de la fragilité de Pouille ces derniers mois. Son niveau de un jeu, basé sur l’intensité et la prise de risque, est très largement conditionné à son niveau de confiance. Sans elle, il devient subitement très friable et prévisible. A l’inverse d’un Gasquet qui, s’il n’est pas non plus un monstre de mental, possède une palette tactique, technique et une expérience bien plus large, lui permettant de surmonter plus aisément une crise. Et personnellement, je rêve d’un succès décisif de Richie pour couronner enfin sa carrière, malgré les déceptions, on n’oublie jamais vraiment les amours de jeunesse…

Capitaine Noah a fait ce que j’attendais de lui, trancher dans le vif, sans états d’âme. Là où certains auraient voulu récompenser un Mahut irréprochable ou céder à la hype Benneteau, il a fait selon moi les bons choix, ceux qui devraient rapporter à la France un dizième saladier d’argent. Reste à vérifier cela sur le court.

 

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