Le Masters Next Gen, un impératif pour l’avenir de l’ATP

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Encore une nouveauté dans le petit monde du tennis, après la Laver Cup, c’est le premier masters Next Gen qui débute aujourd’hui. Décryptage d’une idée originale et innovante de l’ATP.

Il semblerait que les décideurs du tennis masculin aient enfin pris conscience d’une chose : la nécessité de préparer l’avenir. Depuis plus de quinze, la petite balle jaune respire au gré des affrontements entre deux, allez disons trois, géants de ce sport. Roger Federer, Rafael Nadal et, dans une moindre mesure Novak Djokovic incarnent un âge d’or incroyable de notre sport qu’ils ont remis au centre de la planète sport. Cependant, malgré ce que montre le bâlois année après année, ils ne sont pas éternels et l’ATP finira bien par devoir faire son beurre sans eux.

L’indispensable émergence d’une relève

En effet, il va bien falloir passer à autre chose, faire vivre le tennis sans cette extraordinaire génération où même les seconds couteaux ont une sacrée gueule et un charisme d’enfer. Pour donner la réplique aux premiers rôles, rien de moins que des Del Potro, Murray, Wawrinka, Roddick, Tsonga, Berdych, Ferrer, Cilic, Monfils, Gasquet et j’en passe… Une palanquée de supers joueurs qui, dans l’ombre des géants, ont assuré un spectacle d’une qualité inégalée pendant plus d’une décennie. Et si leur ambitions personnelles se sont bien souvent fracassées sur l’autel de la sainte trinité qu’ils ont certainement  maudite, on peut dire que les amoureux du jeu en ont pris plein les yeux.

Malheureusement, après ce festival presque ininterrompu, les lendemains déchantent. Les successeurs se font attendre et les trentenaires, qui n’ont jamais été aussi nombreux à squatter le Top 100, jouent les prolongations. Derrière eux, les 25-28 ans semblent bien faiblards. Les Dimitrov, Roanic, Nishikori, Goffin ou autres Sock ne semblent pas vraiment en mesure de prendre le relais et risquent bien d’être une génération oubliée.

Devant ce constat d’urgence et même s’il y a mis le temps, le board semble aujourd’hui conscient que le tennis doit se sortir de l’omniprésente rivalité Federer-Nadal pour exister médiatiquement et doit impérativement promouvoir une jeunesse qui, quelle que soit ses qualités, va devoir assurer le spectacle. C’est tout le but de cette communication « Next Gen » qui a comme point d’orgue l’organisation de ce premier masters.

Une organisation résolument innovante

L’idée est simple, on prend les meilleurs joueurs de moins de 21 ans et on organise, calquée sur la Race qui se concrétise à Londres, une Race to Milan où seules ces jeunes pousses sont répertoriées. Tout au long de la saison, une communication parallèle permet donc de familiariser le grand public avec ces nouveaux visages, destinés à devenir les têtes de gondoles du tennis de demain. Les meilleurs de ce classement se retrouvant cette semaine dans la capitale lombarde pour en découdre.

Si l’on peut regretter l’absence des deux joueurs les plus excitants de cette belle jeunesse, l’allemand Zverev, qualifié chez les grands et l’australien Kyrgios, trop vieux d’une année, le casting tient tout de même la route. Sept des huit protagonistes, qualifiés au classement, se situent entre la 37ème et la 65ème place mondiale. Nous aurons ainsi par ordre de classement : Andrey Rublev (20 ans, 37 ATP), Karen Kachanov (21 ans, 45 ATP), Borna Coric (20 ans, 48 ATP), Denis Shapovalov (18 ans, 51 ATP), Hyeon Chung (21 ans, 54 ATP), Jared Donaldson (21 ans, 55 ATP) et Daniil Medvedev (21 ans, 65 ATP). Pour compléter le casting, l’invité italien Gianluigi Quinzi (21 ans, 306 ATP), vainqueur d’un play off transalpin, jouera à domicile.

Bref, un casting attrayant à forte connotation slave pour une compétition qui servira de laboratoire. Au programme, des sets en quatre jeux, le no ad et le no let, des évolutions du jeu dont on parle depuis longtemps mais qui seront utilisés pour la première fois en simple dans une compétition officielle de l’ATP. Si personnellement, je ne plébiscite pas forcément la mise en place d’un format  trop court qui dénaturerait un peu le jeu, je suis ravi qu’on expérimente enfin la fin de cette aberration qu’est le let. Malgré le petit couac du tirage au sort, la semaine s’annonce intéressante.

En tout cas, si le niveau de jeu n’est pas au rendez-vous, il y aura quoi qu’il arrive des leçons à tirer de ce nouveau tournoi. Une belle initiative de l’ATP qui a enfin compris qu’il fallait regarder vers l’avant. Mieux vaut tard que jamais…

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