Le désastre de Rio, à qui la faute ?

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Elle s’avançait pleine de certitudes et d’ambition, plus forte que jamais pour finalement prendre une claque magistrale. A Rio, l’équipe de France de tennis a été catastrophique, sur le terrain d’abord où elle n’a pas remporté la moindre médaille mais aussi en coulisse où les polémiques se sont succédées. Quelles leçons la FFT doit tirer de cette olympiade désastreuse ?

Depuis 1988 et le retour du tennis aux Jeux Olympiques, jamais l’équipe de France n’était arrivée avec autant d’ambition. Complète et dense, elle apparaissait peut-être comme « LA » nation forte de ces jeux. Sûr de son fait, le Directeur Technique National Arnaud Di Pasquale, lui-même médaillé olympique en 2000, annonçait un objectif minimum de quatre breloques.

« C’est certain, on va revenir avec des médailles ». 

Arnaud Di Pasquale

Depuis, plus qu’un couac, une berezina ! Des déceptions en pagailles, aucune médaille et des polémiques à n’en plus finir avec, en point d’orgue, l’exclusion de Benoît Paire. Un terrible fiasco qui fait tâche dans le climat déjà déplorable et délétère de la Fédération Française de Tennis.

Une véritable dream team !

Revenons un peu en arrière. Nous sommes le 5 août, la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques bat son plein et l’équipe de France de tennis s’avance en bombant le torse. Présente en force dans chacune des cinq épreuves, tous les rêves sont permis.

En simple messieurs, les quatre représentants bleus sont tous têtes de séries avec en tête d’affiche Tsonga (N°5) et Monfils (N°6) qui, s’ils ne sont pas favoris, sont les principaux outsiders du tableau. Un peu en retrait, Simon (N°15) et Paire (N°16) ont une bonne tête de trouble-fête. Chez les filles, si Cornet, Garcia et Mladenovic sont plus loin au classement, elles ont les capacités de créer la surprise dans un tableau ouvert.

Si en simple on peut rêver, en double, il s’agit juste d’assurer ! Mahut et Herbertn, tout juste titrés à Wimbledon, sont N°1 mondiaux et grands favoris chez les hommes et la paire Mladenovic/Garcia, qui reste sur un triomphe à Roland Garros, est tête de série N°2 chez les femmes. En double mixte, c’est encore mieux puisque, sur les seize équipes engagées, les deux françaises sont les deux favorites !

Seule ombre au tableau, la blessure de Gasquet qui, en plus d’un outsider crédible en simple, prive l’équipe d’une seconde équipe de double compétitive.

La suite on la connaît, aucune performance significative en dehors du quart de finale de Monfils. Pour le reste c’est la Berezina avec quatre échecs au premier tour pour nos équipes de doubles. Si les joueurs sont bien sûr les premiers fautifs, la gestion de l’événement par l’encadrement est clairement sujet à caution.

L’amateurisme sur la règlementation

Premier couac de la sélection, l’élimination de la paire Mladenovic/Garcia. Très en forme, la doublette se fait cueillir d’entrée par une équipe japonaise méconnue Doi/Hozumi. Si la défaite surprend, c’est surtout le score qui interpelle 6/0 0/6 6/4 ! Que s’est-il passé pour occasionner un tel retard à l’allumage ?

L’explication arrive quelques minutes plus tard sur les réseaux sociaux avec un énorme coup de gueule de Kristina Mladenovic qui s’en prend à la fédération, responsable selon elle d’avoir ignoré un point de règlement.

« Être aux JO, partir sur notre match de double et être en stress total car l’ITF ne nous laisse pas jouer dans des couleurs différentes pour au final devoir prêter une tenue (par chance j’en avais une en plus) à ma partenaire, raconte Kristina Mladenovic. Mais elle a dû la porter tout le match à l’envers car elle a un sponsor différent. »

« Merci à notre fédé de nous avoir mis dans de bonnes conditions de jeu et de s’être renseignée sur le règlement. Merci à notre FFT si incompétente pour nous avoir gâché ce moment de sport si important dans nos carrières respectives à Caroline Garcia et moi. Ce scénario nous a coûté beaucoup d’énergie et malheureusement notre tennis n’a pas été à la hauteur et nous n’avons pas réussi à faire basculer ce match ! ».

Kristina Mladenovic

Caroline Garcia insistera quelques instants plus tard en s’interrogeant publiquement :

« J’essaye juste de comprendre comment cela se fait que la FFT ne soit pas au courant des règles officielles. ».

Caroline Garcia

La charge des deux jeunes filles est violente, sans concession mais surtout justifiée ! Après investigation, on apprend que les deux comparses ont demandé en amont au staff des précisions sur la possibilité de porter des tenues de couleurs différentes. Rassurées par Alexandra Fusai, responsable du haut niveau féminin à la FFT et Arnaud Di Pasquale, le DTN, elles se sont donc présentées à leur premier match avec deux tenues dépareillées et se sont vues interdire l’accès du court par le juge-arbitre.

Si l’on pourrait disserter sur l’assistanat dans le tennis, il est vrai que ce sont des grandes filles et qu’elles auraient pu se renseigner elles même, la faute de la FFT semble indéniable ! Comment des cadres fédéraux, dont le métier est de mettre les athlètes dans les meilleures conditions, peuvent être à ce point négligents au point de risquer la disqualification des joueuses ? A la FFT, non seulement, ils ne connaissent pas le règlement mais pire, ils induisent les joueuses en erreur en leur affirmant le contraire…

La réaction du DTN sera ensuite consternante puisque, loin de reconnaître la faute commise, il préférera incriminer l’ITF et critiquer ses joueuses à qui il promet des sanctions.

La gestion du cas Paire

Deux jours plus tard, nouveau psychodrame avec l’exclusion de Benoît Paire de l’Equipe de France après sa défaite contre l’Italien Fognini. Si le timing fait sourire (aurait-il été exclu en cas de victoire ? rien n’est moins sûr…), c’est surtout la gestion du cas Paire dans son ensemble qui interpelle.

Une sélection surprenante

Petit retour en arrière. Nous sommes le 18 juillet, au lendemain de la qualification des Bleus pour la demi-finale de la Coupe Davis en République Tchèque quand Richard Gasquet, blessé, officialise ce que l’on présumait déjà, son forfait pour les jeux de Rio. Pour le remplacer, la FFT désigne Benoît Paire.

C’est un peu la stupéfaction dans le monde du tennis français. Paire, alors 24ème joueur mondial, reste sur une série de performances abominables avec une série en cours de 3 petites victoires en 10 rencontres, dont une par forfait… Il est au 36ème dessous et n’est en plus pas vraiment connu pour son esprit d’équipe.

A l’inverse, un autre postulant, Lucas Pouille, est en pleine bourre ! Il sort d’un quart de finale à Wimbledon et d’une première sélection particulièrement convaincante en Coupe Davis. Il joue le tennis de sa vie, pointe à son meilleur classement, 22ème et a toujours clamé son amour de jouer pour son pays. A noter également que Pouille est un très bon joueur de double qui pourrait tout à fait faire la paire avec Tsonga, privé de son partenaire initial.

Une sortie de route prévisible

Comment dès lors, Arnaud Di Pasquale a-t-il pu préférer l’Avignonnais ? Le DTN se cache derrière les critères de sélections qui indiquent que doivent être sélectionnés les meilleurs joueurs au classement ATP au moment de la liste, à savoir le 17 juin et, à ce moment-là, Paire était effectivement devant.

Mais à quoi sert un DTN s’il n’est pas capable de s’affranchir de certaines règles en dépit du bon sens pour favoriser la vie en groupe ? Quel est sa plus-value s’il ne s’agit que de lire un classement pour faire une sélection ? C’est toutes ces questions que soulèvent cette affaire.

Oui, l’attitude de Paire est impardonnable et doit être sanctionnée mais elle était prévisible ! Le joueur, qu’on qualifiera de fantasque, pour être poli, est l’archétype même du joueur à problèmes. Instable, dilettante, je m’en foutiste, il n’a jamais su se fondre dans un collectif comme en témoigne son exclusion du CNE en 2008. De plus ses déclarations pré-olympiade annonçait la couleur ! Les Jeux ne sont pour lui qu’une « préparation à Cincinnati ».

Quelles conséquences ?

Les premières sanctions sont d’ores et déjà tombées. A la veille de l’US Open, bravo pour le timing encore une fois affligeant d’amateurisme de cette FFT qui sait mettre ses joueurs dans de bonnes conditions, les trois protagonistes ont été suspendus à titre provisoire en attente du prochain comité directeur qui statuera sur leur sort.

On nous promet une véritable explication de texte, une remise au point mais dans les faits, que peut-il se passer le 24 septembre prochain ?

Les filles sanctionnées sur la forme

On ne devrait pas avoir de surprise de ce côté-là, la sanction sera minimale. Un rappel à l’ordre de principe mais qui ne devrait pas empêcher le duo de défendre les couleurs de la France pour la prochaine finale de Fed Cup.

Amélie Mauresmo, doit la voix pèse heureusement beaucoup plus que celle de Di Pasquale, s’est montré très ferme à ce sujet : elle a besoin des deux jeunes femmes et compte sur elles. Si elle soutient en partie la FFT, ses sous-entendues sont lourd de sens…

« Le mode de fonctionnement n’est ni cohérent, ni adapté. On a une mission, on est en train de l’accomplir, on veut continuer à rêver de gagner cette finale.  Donc je garde ma ligne de conduite. Je peux entendre certaines choses. Mais je n’ai pas envie de payer les pots cassés pour les autres ».

Amélie Mauresmo

Benoît Paire écarté pour un moment

Pour lui, ce pourrait être la fin d’une aventure en bleu qui n’a jamais vraiment commencé. Les sanctions devraient être lourdes et l’éloigner pour un moment de la Coupe Davis.

Une décision qui ne changera pas grand-chose tant on imagine mal Yannick Noah faire appel à ce type de joueur…

Di Pasquale remis en question ?

C’est la vraie question, quid du DTN ? Ces insuffisances sont explosées au grand jour, il ne semble clairement pas avoir les épaules pour assumer le poste.

Incapable de prendre de vraies décisions fortes ou d’assumer sa part de responsabilité, pas véritablement légitime auprès des joueurs ou du grand public, il doit à mon sens être débarqué.

Rio est aussi et surtout son échec, il n’a pas su apporter le petit plus mental nécessaire à ce genre de compétition ou transcender ses joueurs. Il annonçait des médailles certaines, quatre breloques comme objectif ? Il a échoué, à lui d’en tirer les conséquences et de s’en aller.

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