L’ATP peut souffler, la relève est enfin là !

Dimitrov_Zverev

Malgré une finale de l’Open d’Australie particulièrement old school, ce début de saison semble clairement rebattre les cartes de la hiérarchie mondiale dans le tennis masculin. L’ordre établi depuis des années par le Big Four (et Stan Wawrinka) semble enfin pouvoir être renversé.

Après un premier majeur qui nous un offert un mythique revival des années 2000 avec cette improbable finale Federer-Nadal remportée par le suisse, évoquer la prise de pouvoir d’une nouvelle génération de joueurs pourrait sembler à minima saugrenu. Pourtant, deux hommes sont désormais à prendre très au sérieux et devraient tout casser dans les prochains mois. Tous deux vainqueurs en tournoi dimanche dernier, talentueux et charismatiques, Grigor Dimitrov et Alexander Zverev incarnent le futur mais surtout le présent du circuit ATP.

Grigor Dimitrov (ATP 12) : le successeur

Oubliez Federer et Nadal, le vrai patron du circuit en ce moment c’est le bulgare. Quasiment intouchable en ce début de saison, il ne s’est incliné qu’à une seule reprise, contre le cours du jeu, dans un match de mutant en demi-finale de l’Open d’Australie. Et pourtant cette rencontre contre Nadal, la plus belle depuis bien longtemps, il aurait dû la remporter.

« Rafa m’a dit au filet de continuer comme ça. Que si je jouais aussi bien, je gagnerais un tournoi du Grand Chelem. Au-delà de devenir numéro 1 mondial, c’est mon rêve. Je pense que c’est possible. Pour cela, je dois être constant. »

Impressionnant tout au long de la quinzaine, écartant sans ménagement Gasquet ou Goffin, il a confirmé ce qu’on pressentait déjà fin 2016, il est enfin arrivé à maturité. Dans son combat de titan contre Rafa, il s’est même permis de dominer physiquement le majorquin dans une dernière manche qu’il n’a perdu qu’à l’expérience. Qu’il semble loin le temps où il rampait perclus de crampes sur le Suzanne Lenglen après un seuls set contre Richard Gasquet…

Avec un physique et un mental enfin au niveau de son incroyable technique, il évolue désormais dans une autre dimension. Son bilan 2017 en atteste : 14 victoires pour une seule défaite avec notamment des succès contre Raonic, Thiem, Nishikori ou Goffin (deux fois), s’offrant deux titres au passage, à Brisbane et à Sofia. S’il ne pointe qu’à la douzième place mondiale, il est troisième à la Race et devrait très vite (dès cette semaine probablement) dépasser Nadal. Bien plus que les autres porte-drapeaux de sa génération Raonic et Nishikori, il semble maintenant en mesure de remporter des majeurs.

Bref, après des années d’errances en couverture des tabloïds, celui qu’on attend comme le digne successeur du cannibale de Bâle (petite dédicace à Benoît Maylin) est prêt à rentrer dans un costume qu’on a longtemps cru trop grand pour lui. Une excellente nouvelle pour l’ATP qui ne pourra pas vivre éternellement sur la rivalité Roger/Rafa mais surtout pour les amoureux de tennis qui auront bien besoin d’un peu de finesse dans ce tennis de bouchers qui s’annonce…

Pronostic : pourquoi pas un passage de relais avec Federer sur le Center Court de Wimbledon, ça ne manquerait pas de gueule.

Alexander Zverev (ATP 18) : le futur patron

En parlant de tennis monolithique et surpuissant, on en arrive naturellement à notre deuxième larron. Lui aussi vainqueur ce week-end en martyrisant nos petits bleus du côté de Montpellier, la pépite du tennis d’Outre-Rhin confirme semaine après semaine que sa prise de pouvoir est inéluctable. Alexander Zverev est un mutant et pourrait le démontrer beaucoup plus rapidement que prévu.

Car oui, le bougre progresse à toute vitesse et fait déjà partie des meilleurs ! A une époque où les teenagers n’arrivent plus à se faire une place au soleil, il fait figure d’exception. D’ailleurs, il a toujours fait tout plus vite que les autres. N°1 mondial en junior à 16 ans, je l’ai personnellement découvert à Hambourg l’année suivante où, bénéficiaire d’une wild-card, il avait puni 6/2 6/0 Robin Haase avant de se payer Youzhny, Giraldo et Kamke pour ne perdre qu’en demi-finale contre Ferrer. Incroyable combattant, insolent de confiance, il avait déjà ce petit quelque chose en plus qui crevait les yeux.

Ce grand échalas d’1m98 est l’archétype du tennisman de demain. Particulièrement mobile pour sa taille, il possède une puissance de feu extraordinaire grâce un relâchement et un timing bluffant, le tout servi par une amplitude énorme et une technique irréprochable. Sa souplesse et sa vitesse de bras lui permettant d’envoyer du très lourd sans avoir besoin de passer des heures en salle de musculation et en gardant donc un poids relativement modeste, favorisant une impressionnante couverture de terrain. Une espèce de mélange particulièrement flippant entre Monfils et Del Potro. Un Novak Djokovic 2.0. Une machine de guerre destinée à dominer le monde du tennis. Couvé par son frère, avec qui il a remporté le double à Montpellier, il est route vers les sommets.

Et pourquoi pas dès cette année ? On est vite passé dessus mais il est passé tout près de s’offrir le scalp de Nadal à l’Open d’Australie, s’inclinant seulement en cinq manches de très haut niveau. Avant d’enchaîner la semaine passée par un titre dans l’Hérault, avec au passage des victoires sur Tsonga et Gasquet, lui permettant déjà d’intégrer le Top 20 à 19 ans. Alors oui, le jeune homme connait encore des baisses de tensions, comme en Coupe Davis contre la Belgique, mais il ne semble jamais aussi fort mentalement que quand le niveau s’élève et, à la vitesse où il progresse, il y a fort à parier qu’il nous sorte une très grosse perf en Grand Chelem en 2017 avant de s’installer durablement dans le Top 5 dès 2018. Le voir N°1 n’est qu’une question de temps.

Pronostic : il va taper très fort à l’US Open et se qualifiera pour le Masters en fin d’année.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *