La Soufflante N°2 – l’écœurant management du Real Madrid et de Florentino Perez

Sur Sport-Vox, désormais, tous les lundis c’est « La Soufflante » ! Un ou plusieurs membres de notre rédaction vous livre leur coup de gueule sur le week-end sportif qui vient de s’achever. Cette semaine encore on parle foot avec l’éviction de Julen Lopetegui.

On l’a vu venir, cette fois c’est officiel, Julen Lopetegui n’est plus l’entraîneur du Real Madrid après moins de six mois à la tête du plus grand club du monde. Si, à première vue, les résultats semblent justifier ce traitement définitif, il n’y a qu’un mot qui me vient à l’esprit quand je pense à l’attitude de Florentino Perez : dégueulasse !

Une saison de transition inévitable

La manita infligée par Suarez et ses comparses aura donc signé l’arrêt de mort du technicien espagnol. Après 139 petits jours sur le banc le plus convoité de la planète football, il va devoir faire ses valises. Une décision qui peut paraître logique sportivement tant le club aux treize Ligues des Champions est à la peine en ce début de saison, cinq défaites sur les sept derniers matches est évidemment indigne du standing du triple champion d’Europe en titre mais, à y regarder de plus près, le limogeage de l’ancien coach de Porto laisse un goût vraiment désagréable dans la bouche.

Car franchement, il faudrait être de mauvaise foi, voire même carrément malhonnête pour soutenir que ces difficultés n’étaient pas prévisibles ! On parle d’un club en évidente fin de cycle, qui a perdu coup sur coup son entraîneur charismatique et sa superstar, dont l’effectif est vieillissant et repu de titres. Sérieusement, l’équipe a perdu Ronaldo, un mec qui facture juste 450 buts en 438 matches pour Madrid ! Après ça, qui pariait un kopek sur le Real en début de saison ? Personne. Nous avions même mis les merengues parmi nos flops du mercato. Bref, les imaginer repartir pied au plancher était de l’ordre de la psychiatrie tant une période de reconstruction paraissait inévitable. Lopetegui avait légitimement besoin de temps pour reconstruire un collectif, il n’en aura pas eu.


A ce titre, le communiqué du club est juste puant. Tout mettre sur le dos de l’entraîneur en se cachant derrière les huit nommés au Ballon d’Or est d’une hypocrisie qui confine à l’inconvenance. Comment demander à un groupe épuisé par trois saisons intenses, qui a perdu un quintuple Ballon d’Or sans le voir être remplacé, de repartir sur la même lancée comme si de rien n’était ? En année post coupe du monde en plus ? C’est juste aberrant de connerie. N’oublions pas où en était le Real en janvier dernier avant de réaliser le printemps que l’on connait, l’équipe était tout sauf souveraine et Zidane était sur la sellette. La façon de faire est minable mais Lopez est coutumier du fait.

Lopetegui dindon de la farce

Car oui, n’oublions pas comment cette histoire a commencé. En juin dernier, Lopetegui est le sélectionneur hyper côté d’une Roja imbattable depuis 20 matches, qui vient de coller 6-1 à l’Argentine de Messi et qui s’apprête à rouler sur le mondial russe. Cette dynamique, le Real n’en a eu cure au moment de débaucher le technicien basque. Comme toujours, Perez n’a vu que son intérêt et a imposé à son futur entraîneur d’annoncer sa signature avant même le début de la compétition, sans s’émouvoir des remous qui ne manquerait de déstabiliser son futur coach et la sélection espagnole.


Cette condition, Lopetegui l’avait payée au prix fort puisqu’il avait été débarqué et avait vu le travail de deux ans réduits à néant. La Roja avait également payé les pots cassés avec des prestations très en deçà de ses standards du moment et une anonyme sortie de route en huitièmes de finale. Alors oui, personne n’a mis le couteau sous la gorge de l’entraîneur pour signer à Madrid et il a sa part de responsabilité dans le fiasco de l’été mais le Real avait-il besoin de se comporter ainsi ? Qu’est ce qui empêchait le club d’attendre la fin du mondial pour faire son annonce pour préserver les chances de la Roja ? Rien.

Je sentais à l’intérieur du club, surtout de la part du président (NDLR : Florentino Pérez), qu’on ne me considérait plus comme au début. […] Il ne m’a jamais regardé que comme une relation d’affaire. Je le sais. Ce qu’il me disait ne venait pas du cœur.

Cristiano Ronaldo sur Florentino Perez

Encore une fois, la direction madrilène a montré ses limites à travers une communication et un management des plus discutables. Il est trop facile de se planquer derrière une exigence de résultats alors que l’on agit uniquement à des fins électoralistes. Perez se moque ouvertement des intérêts supérieurs du football espagnol et n’affiche aucun respect pour les entraîneurs qui se succèdent sur le banc merengue (le 13ème sous sa présidence), seule compte sa côte de popularité auprès des socios. En six mois, il a foutu en l’air les espoirs de titre de sa sélection nationale et la carrière d’un jeune entraîneur prometteur et ça ne va pas l’empêcher de dormir…

Si certains se demandaient encore pourquoi Zidane avait préféré mettre les voiles, cette nouvelle éviction devrait les éclairer, quant au nouveau fusible, Santiago Solari, on lui souhaite beaucoup de courage.

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