La refonte de l’environnement fédéral : Partie 3

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Premier volet de notre dossier concernant la refonte de l’environnement fédéral. Après nous être intéressé à la modernisation du fonctionnement de la FFR (voir ici), puis à la ré-attribution des budgets fédéraux (voir ici), nous aborderons le dernier point de cette première partie : « La ré-organisation des sections jeunes ».

Restructuration du pôle France de Marcoussis

  1. Fin du système de promotion annuelle

Actuellement le pôle espoir de Marcoussis regroupe une trentaine de jeunes entre 18 et 20 ans qui s’entraîne ensemble tout au long de l’année pour préparer les échéances internationales de leur catégorie. Ce système nous apparaît aujourd’hui peu efficient pour amener ces jeunes au plus haut niveau.

Sélectionner ces joueurs, prétendument les meilleurs de leur génération, c’est aussi les enlever à leur club. Or, plutôt que de les regrouper, il nous semble plus pertinent de laisser éclore ces talents au contact de joueurs professionnels matures. Au sein de leur clubs respectifs, ils s’entraînent tous les jours avec des joueurs aguerris, souvent internationaux qui vont les pousser dans leurs retranchements et les tirer vers le haut.

Les laisser entre joueurs d’une même catégorie d’âge ne les prépare pas à se confronter au plus haut niveau. De plus, il est plus difficile pour eux de découvrir le Top 14 ou la Pro D2 en étant absents 33 semaines dans l’année. C’est la compétition qui les formera au haut niveau et, pour cela, rien de mieux que d’être immergé dans un effectif professionnel et de devoir se battre pour y faire sa place et y gagner du temps de jeu.

  1. Calendrier calqué sur celui des A

S’ils n’étaient donc plus au CNR toute la saison, le système de sélection de jeunes perdurerait malgré tout avec des regroupements très réguliers. Comme pour le sélectionneur de l’Equipe de France, son homologue chez les espoirs ferait appel à ces jeunes plusieurs fois par saison.

A l’instar des grands, ils seraient en sélection à trois périodes de l’année, en novembre, pour le Six Nations en février/mars et en fin de saison pour le stage de juin. La sélection des joueurs serait supervisée par le sélectionneur des Bleus pour inscrire ces joueurs dans le projet global de l’Equipe de France.

Ce calendrier, calqué sur celui des A, offrirait l’avantage de pouvoir établir des passerelles entre les deux sélections à travers des entraînements communs, des oppositions ou des ateliers vidéo. L’objectif étant que les systèmes de jeu des deux sélections soient les mêmes afin de permettre au sélectionneur des Bleus de les préparer efficacement à prendre la relève à moyen terme.

  1. Instauration d’une tournée à l’étranger

Toujours dans l’optique de préparer ces jeunes au plus haut niveau, il apparaît indispensable de les confronter dès que possible à ce qui se fait de mieux. Or, les catégories de jeunes les plus performantes se trouvent dans l’hémisphère Sud.

A ce titre, une tournée annuelle d’un mois devrait être instituée en automne. Durant cette période, plus que disputer des rencontres contre des équipes locales, l’objectif majeur sera de confronter les jeunes à des façons de travailler et de se préparer différentes de celles qu’ils pratiquent depuis toujours en France.

Ces stages devront permettre à ces jeunes d’appréhender les points forts de leurs homologues pour s’en inspirer et renforcer notamment leur bagage technique, clairement en retard sur les jeunes sudistes. L’idée est non seulement d’en revenir avec des idées d’exercices individuels pour progresser, mais surtout de comprendre la mentalité qui permet à ces nations de dominer ces classes d’âges. Pour progresser, il faut s’inspirer des meilleurs.

Développement du rugby à 7

  1. Le rugby à 7 comme outil de formation

On le constate depuis des années, la technique individuelle des Bleus laisse clairement à désirer comparativement à celle des nations du sud. Ces derniers utilisent leurs avants comme des arrières, jouent debout dans la défense, bref envoient du jeu de partout, donnant parfois l’impression que les Néo-Zélandais, par exemple, ne pratiquent pas vraiment le même sport que nos Bleus.

C’est en partie vrai car ces qualités, les All Blacks les ont acquises grâce à un mode de formation différent qui fait du rugby à VII l’antichambre du rugby à XV. Afin de mettre en place leur jeu de mouvement où chaque joueur doit être capable de jouer à la main et de créer le décalage, les Baby Blacks font donc leurs classes au jeu à VII avant de passer à XV.

Cette formation leur permet de développer des « skills » très au-dessus de la moyenne, de se perfectionner au un-contre-un (offensif ou défensif), d’affiner leur conduite de balle à une main et, de fait, de multiplier les off-loads. Si le système professionnel français ne permet pas de copier leur modèle à l’identique, intégrer le VII dans le processus de formation des jeunes rugbymen est une solution tout à fait souhaitable.

  1. Création d’un championnat des réserves

Nous prônons donc l’instauration d’un championnat des réserves. En parallèle du championnat espoir dont le format est en passe d’être réduit (une bonne idée de la FFR), toutes les équipes de Top 12* et de Pro D2 se verront dans l’obligation d’aligner une équipe à VII (effectif de 16 joueurs), composée uniquement de joueurs sélectionnables de moins de 21 ans, piochés parmi les espoirs et les pensionnaires des centres de formation. Chacun des seize joueurs devra prendre part à au moins trois tournois.

Ce championnat se disputerait pendant deux mois, pendant les périodes de trêves internationales*. Sur deux mois, deux tournois seraient organisé chaque semaine sur le modèle du World Rugby 7, un opposant les 12 clubs de Top 12, le second les 12 club de Pro D2*. Chaque tournoi établirait un classement de un à douze avec un nombre de points dégressif.

A la fin de ces huit tournois, le nombre de points total obtenu par chaque club permettrait de déterminer un classement final avec deux champions des réserves, un en Top 12 et un en Pro D2. Les clubs vainqueurs recevront une subvention supplémentaire comme mesure incitative à aborder sérieusement ces tournois.

  1. Un vivier pour l’équipe nationale olympique

En plus d’améliorer la formation technique des joueurs, cette compétition permettrait de détecter les jeunes potentiels à même d’intégrer l’équipe de France de la spécialité puisque ce seront près de 400 joueurs qui auront participé. Un vivier très intéressant pour le staff technique national.

Avec le retour du rugby aux Jeux Olympiques et le succès rencontré à Rio, la France se doit de professionnaliser son approche de cette sélection et d’afficher des performances bien supérieures à celles entrevues ces dernières saisons. Une liste de joueurs protégés pour le VII sera donc définie en début de saison.

Au même titre qu’au rugby à XV, chaque joueur de club sera sélectionnable de manière automatique pour les Seven Series sans que des négociations préalables n’aient dû avoir lieu avec leur club. Ces derniers recevant les mêmes dédommagements que pour le XV.

Après cette première partie sur les modifications à apporter au fonctionnement fédérale, nous nous attaquerons très prochainement à la réforme du système professionnel.

*Voir partie 3 du dossier « Restructuration des compétitions »

 

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