Gaël Monfils, l’éternelle déception.

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« Monfils est une des plus grosses déceptions de l’histoire » ces mots ne sont pas de moi mais de John McEnroe et j’y adhère totalement ! Son US Open, conclu sur un match indigne, a terminé d’enterrer tous les espoirs que j’avais pour un joueur qui fout consciencieusement en l’air son extraordinaire potentiel depuis dix ans.

Car oui, potentiel il y a ! Monfils est à mes yeux l’athlète le plus exceptionnel qu’ait engendré le tennis professionnel : une combinaison de souplesse, de rapidité et de puissance inédite dans l’histoire du jeu. Et je pèse mes mots. Aucun autre tennisman, que ce soit Bjorn Borg, Rafael Nadal ou Novak Djokovic ne possédait les capacités physiques innées du guadeloupéen.

Ajoutez à cela une technique efficace, une main de premier ordre et une véritable appétence pour le combat, n’en jetez plus, Monfils devait être le tennisman ultime ! Au moins à l’échelle nationale. Car soyons clairs, sur le papier, ils sont tous très loin. Que ce soit Noah, Leconte, Pioline, Gasquet ou Tsonga, aucun ne possédait une palette si large et aussi peu de failles apparentes.

Un palmarès famélique et un bilan 2016 médiocre

Tout ça pour quel bilan ? Rien ou presque. 6 titres en carrière pour aucune finale majeure avec comme principal fait d’armes un titre à Washington, tournoi où il n’a pas battu mieux que le 27ème joueur mondial. Loin des trois autres « mousquetaires » qui ont dépassé les dix titres depuis belle lurette.

Son année 2016 est clairement en trompe l’œil, que n’a-t-on pas lu cette saison sur le parisien ? Qu’il avait enfin pris conscience de ses qualités, qu’il s’était mis au travail, qu’il était désormais capable d’exprimer ses fantastiques qualités. Tout cela en s’appuyant sur des résultats soi-disant en réelle progression. Mais qu’en est-il réellement ?

Commençons par les tournois du Grand Chelem. C’est vrai qu’il compte un quart et une demie cette saison, bilan somme toute honorable, mais regardons de plus près : en Australie, il atteint les quarts en ayant Nicolas Mahut comme adversaire le mieux classé et à New-York, c’est contre un Lucas Pouille éreinté qu’il a obtenu sa plus probante victoire. Nous jetterons un voile pudique sur son absence à Roland Garros et sa sortie de route d’entrée à Wimbledon.

LES PERFORMANCES DE MONFILS EN GRAND CHELEM EN 2016
Victoires Défaites
Australian Open Yiuchi SUGITA 122 Australian Open Milos RAONIC (13) 14
Australian Open Nicolas MAHUT 71 Wimbledon Jérémy CHARDY 34
Australian Open Stéphane ROBERT 214 US Open Novak DJOKOVIC (1) 1
Australian Open Andrey KUZNETSOV 75
US Open Gilles MULLER 37
US Open Jan SATRAL 227
US Open Nicolas ALMAGRO 46
US Open Marcos BAGHDATIS 44
US Open Lucas POUILLE (24) 26

Les chiffres sont accablants, une seule tête de série battue et aucune performance face à un joueur mieux classé. Sa prétendue saison accomplie, il la doit avant tout à une succession de coups du sort favorables qui ont vus ses tableaux s’ouvrir miraculeusement devant lui. Dès que l’opposition s’est élevée, il n’a pas existé. Aurait-il atteint les demi-finales de Flushing Meadows s’il avait dû, comme prévu, se coltiner Raonic puis Nadal ? J’en doute sérieusement.

Ce constat vaut également pour les autres catégories de tournoi où il n’a eu que huit TOP 10 à affronter cette année pour deux victoires, contre Tsonga à Monte Carlo et un Raonic hors de forme à Toronto. Au bilan des victoires bleues marquantes pour 2016, il n’apparaîtra nulle part, on se souviendra de Gasquet contre Nishikori à Paris ou bien sûr de Pouille contre Nadal à New-York, pas de Monfils.

Les raisons de l’échec

Ces défaites à répétition dans les grands matches ne sont pas le fruit du hasard ou d’une réelle infériorité tennistique vis-à-vis des cadors. Elles résultent surtout d’une attitude sujette à caution.

  1. Un mépris de l’entraînement

Les carences de Monfils sont très largement connues sur le circuit. Joueur fantasque, il aime la compétition, pas l’entraînement. Nombreux sont les coaches de renoms ont tenté le défi de polir ce diamant brut, aucun n’y est réellement parvenu. Quelle que soit la méthode, elle est vouée à l’échec.

A l’heure de l’ultra-professionnalisme, Monfils est un ovni ! Il s’entraîne peu et par à-coups, ne s’astreint pas à une hygiène de vie stricte et refuse de structurer sa vie autour du tennis. Bref, on est très loin de la vie parfaitement contrôlée voire monacale des ténors du jeu.

Observer tour à tour un entraînement de Monfils et de Nadal est, à ce titre, édifiant. Quand l’espagnol est à bloc du premier au dernier exercice et frappe dans chaque balle avec une intensité et une concentration maximum, le français est clairement dilettante. Selon son humeur, il sera soit concentré soit je m’en foutiste. Certaines de ses séances sont clairement inutiles voire contre-productives.

C’est clairement là que le bât blesse. En plus de fragiliser son corps et de s’occasionner de trop nombreuses blessures, sa nonchalance l’a empêché de se construire un vrai mental de champion. Au tennis, la performance vient beaucoup de l’automatisation : on réussira beaucoup plus facilement à jouer avec une énorme intensité en match si on le fait quotidiennement à l’entraînement. C’est cette automatisation qui construit les victoires, les victoires qui construisent la confiance, la confiance qui permet de jouer le coup juste au moment décisif.

  1. Un manque de constance dans les résultats

Gagner de grands tournois ne se fait pas en un jour, il faut pouvoir assimiler les étapes, s’habituer à gérer les moments clés pour pouvoir être capable de sortir son meilleur tennis au moment propice. C’est cela dont Monfils n’est pas assez capable.

A force de rester dans sa zone de confort, de préférer le show à l’efficacité lors des rencontres à sa portée, il n’arrive pas à jouer au maximum de ses possibilités quand la route s’élève. De ce fait, il n’a jamais réussi à obtenir une constance dans les résultats, à systématiser sa présence en deuxième semaine de majeurs pour apprivoiser ces matches qui comptent. En 39 tournois du Grand Chelem, il n’a ainsi passé le troisième tour qu’à 12 reprises, pour 6 quarts de finale et seulement 2 demi-finales…

Pour être capable de gagner ces grandes rencontres, il faut avant tout les banaliser, les aborder comme des matches normaux. Tout l’influx nerveux du joueur doit passer dans l’affrontement de l’adversaire, pas dans l’appréhension de l’événement. C’est la répétition de ces grands matches qui permet donc de les gagner.

  1. Une incapacité à jouer dans les moments chauds

Son dernier US Open est symptomatique de ces carences, arrivé en grande forme physique devant un Djokovic diminué et prenable, il s’est complètement liquéfié devant l’enjeu. Résultat ? 5-0 en un quart d’heure avant de commencer à faire n’importe quoi !

Face à un Novak des grands jours, ça aurait donné une correction en trois petits sets mais, et c’est sans doute là le plus frustrant, le Nole de vendredi était un petit cru. Malgré un débours de deux sets, Gaël a eu une seconde chance qu’il a saccagé en début de quatrième manche par son incapacité à jouer offensivement sous pression, quand il a entrevu la possibilité d’un exploit. Sur ce match, il n’aura été capable de jouer son tennis que quand il pensait l’affaire entendue contre lui. Dès que la possibilité de gagner (aussi mince soit-elle) a existé, il s’est arrêté de jouer…

Pour battre les meilleurs, il faut les bousculer, leur rentrer dedans, pas jouer la défense à trois mètres de sa ligne. De par son inexpérience des grands matchs, Monfils est donc aujourd’hui incapable de tenir un plan tactique si la rencontre tourne mal. Il se réfugie dans sa zone de confort, en défense. Plus la rencontre va se tendre, moins ses premières balles vont passer, moins son grand coup droit va rentrer. Vendredi, il a semblé par moment perdu sur un central que pourtant il adore.

Quel avenir ?

A trente ans, le parisien n’a plus vraiment beaucoup de temps devant lui, je pense même que 2017 sera sa dernière chance d’exploit. S’il sécurise sa place dans le Top 10, il pourrait s’offrir des tableaux plus faciles pour entrevoir des derniers carrés en Grand Chelem.

Cependant, difficile de penser qu’il soit capable de changer diamétralement sa façon d’évoluer au quotidien pour enfin devenir un vrai professionnel, condition indispensable à un triomphe en majeur. Sa meilleure chance de victoire historique réside à mon sens en Coupe Davis. Les patrons du circuit l’ayant tous remportée, les Bleus devraient avoir une belle carte jouer dès cette année.

Un trophée qui, bien que superbe, ne serait qu’un lot de consolation au vu de ses capacités…

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