Fabien Galthié, le pompier pyromane qui attise les braises du conflit LNR/FFR

L’Équipe de France joue l’Écosse cet après-midi avec un groupe renouvelé pour la quatrième semaine consécutive. Une entorse aux accords conclus pour cette tournée d’automne qui fait grincer des dents.

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Belle victoire 28-0 de Bleus très solides le week-end dernier face aux Îles Fidji, un troisième succès consécutif cet automne qui vient confirmer le travail de Fabien Galthié et de son staff. Non, on déconne, le match n’a évidemment pas eu lieu en raison de plusieurs cas de Covid chez les iliens et a été remporté sur tapis vert mais cela n’a pas empêché le sélectionneur de se faire remarquer.

Un rappel des troupes mal à propos

On le sait, le sujet de la mise à disposition des internationaux pendant les fenêtres internationales où le Top 14 joue toujours (les fameux doublons) est un sujet particulièrement épineux et le prétexte d’une véritable guerre des nerfs entre les deux instances dirigeantes du rugby français la FFR et la LNR. Cette tournée automnale aura ainsi été la trame de négociations à rallonge et particulièrement tendues avec, d’un côté, la fédération qui souhaitait rajouter un match pour remplir ses caisses et, de l’autre, les clubs qui souhaitaient rester dans le cadre des conventions World Rugby, à savoir 5 matches.

Après plusieurs rebondissements et de nombreuses piques par presse interposée, les deux parties se sont finalement entendues sur un accord un peu bancal. Six matches d’accord mais seulement trois feuilles de matches par joueur. Une façon de contenter tout le monde et une nouvelle preuve de bonne volonté de la part des clubs. Mais cette fragile trêve négociée de haute lutte, Galthié n’en a visiblement cure et l’a bien montré cette semaine. Alors que le premier cycle de trois matches se terminait et que les joueurs du premier groupe France devait en avoir terminé avec cette tournée, le sélectionneur a décidé de les rappeler pour le prochain match au prétexte fallacieux qu’il les a libérés pour leur club vendredi…

C’est évidemment hallucinant de mauvaise foi et cela a fait grincer beaucoup de dents au sein du Top14 ! Comment clairement envisager qu’un joueur qui n’a pas passé la semaine avec ses comparses et qui n’a pas préparé la rencontre puisse être aligné ? Et sans même parler de préparation, c’est juste impossible au sein d’un groupe de sortir un joueur au dernier moment pour aligner un international alors que les équipes ont déjà été annoncées aux joueurs. Et ça, même un handicapé émotionnel comme Galthié le sait…

Galthié se fout des clubs

Bref, le Columérin prend vraiment les gens pour des cons. Sachant qu’il aurait même officieusement demandé à ses internationaux de demander à ne pas jouer, il comptait même clairement là dessus pour offrir un week-end de repos à ses hommes et les récupérer frais lundi. Pour lui, c’est tout bénéfice, il gagne la rencontre sur tapis vert, conserve ses cadres une semaine de plus que prévu par les accords et les repose par dessus le marché. Pour les clubs déjà privés de plusieurs titulaires (5 pour le Stade Toulousain par exemple) pendant un tiers du championnat, c’est semaine « volée » est une provocation, pire une déclaration de guerre.

Quand on se rappelle les conditions de travail de ses prédécesseurs, on se dit quand même que Galthié a la mémoire courte et un sacré manque de reconnaissance. Il a demandé un groupe élargi à 42 joueurs au lieu des 31, il l’a eu, il a réclamé un staff étoffé, il l’a eu, il a voulu une tournée d’automne avec deux matches en plus, il l’a eu… Jamais un sélectionneur n’a été aussi choyé, accompagné, n’a autant eu les internationaux à disposition que lui. Malgré tout ces efforts consentis par les clubs sur l’autel de la Coupe du monde 2023 à la maison, il leur manque encore une fois de respect, oubliant d’ailleurs ses coup de gueule contre les doublons quand il entrainait en club.

Alors, doit-on être surpris par cette attitude quand on connait le parcours du personnage ? Bien sûr que non, il semblerait que l’homme soit aussi petit que le technicien est grand. Et il est pour moi le meilleur théoricien du rugby français, c’est dire. Il suffit de se souvenir de ses dernières aventures d’entraîneur, toutes terminées dans le marasme. Lâché par son groupe qui aurait demandé son éviction à Toulon ou aux prudhommes à Montpellier. Même dans son club du Stade Français, il a laissé beaucoup de souvenirs amers…

Une rupture à craindre ?

Mais malgré l’importance qu’il veut bien se donner, le problème qu’il crée dépasse largement son orgueilleuse petite personne. De bonnes relations entre les différentes instances sont indispensables à la réussite du rugby français et on en est très loin actuellement. Si le dialogue n’est pas rompu, le lien entre la fédération et les clubs professionnels est particulièrement fragile. Ce conflit larvé qu’il attise par son attitude pourrait bien vite renaître de ses cendres et balayer toutes les négociations.

Soyons clairs, les clubs sont à vif sur ces questions en ce moment et, avec les élections à la LNR qui se profilent, il vaudrait mieux pour la fédération qu’il n’y ait pas de mauvaises surprises. Je m’explique, il a beau ruer dans les brancards, Paul Goze, l’actuel président, est issu du rugby et en respecte évidemment le porte étendard, l’Équipe de France. Il n’ira jamais trop loin pour ne pas mettre en péril l’intérêt supérieur du rugby français, à savoir la réussite du XV de France. Mais imaginons une seconde que, lassé d’être uniquement pris pour des vaches à lait, les clubs se rebiffent et suivent le conseil de Mourad Boudjellal qui les enjoignaient récemment à prendre leur destin en main ?

Arrêtons l’hypocrisie, ce sont les clubs qui forment les joueurs et qui les paient et le rôle de leurs présidents et entraîneurs n’est pas de faire gagner les bleus ! Si ces grands patrons, qui ne viennent pas du rugby mais du monde des affaires, décident de se séparer de la LNR et de fonder leur propre ligue privée en emmenant leur joueurs, les instances n’auront que leurs yeux pour pleurer. Les clubs seraient position de force pour libérer ou non leur salariés et on verrait alors quels seront ceux qui accepteraient de rester dans le giron de la Fédération en divisant leur salaire par quatre ou cinq. À mon avis, il ne seraient pas nombreux et ce serait alors la compétitivité de l’équipe nationale qui plongerait.

Ce qui n’est aujourd’hui qu’un scénario fiction pourrait devenir une réalité si Fabien Galthié continue à n’en faire qu’à sa tête au détriment des clubs.

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