Coupe du Monde : mon équipe type

Après presque une semaine à savourer la victoire des Bleus, il est temps de faire, à froid, un bilan de cette 21ème Coupe du Monde. Ça commence, comme pour beaucoup de nos confrères par l’établissement d’une équipe-type.

Choisir un onze est un exercice éminemment compliqué et nécessairement clivant. Pour moi, il ne s’agit pas de construire une équipe cohérente et équilibrée mais plus de refléter l’esprit global de la compétition. C’est pourquoi j’ai opté pour un 3-5-2 très offensif. En effet, il me paraît clair qu’on ne se souviendra pas de cette édition russe pour la qualité de ses défenseurs (notamment les latéraux particulièrement faibles) mais bien pour la profusion de talents créatifs qu’il convient de mettre en avant.

Défense : du poids dans les duels

Thibault Courtois : le mur

Indiscutable dernier rempart, le Belge a démontré tout au long de la compétition qu’il était désormais le meilleur à son poste. Sans ses parades à répétition, les diables rouges n’auraient jamais passé l’obstacle auriverde en quarts de finale et auraient une toute autre correction contre la France.

C’est d’ailleurs le seul bémol à mettre à son actif : avant de se montrer aussi critique et médisant sur le jeu des Bleus, qu’il repense à ses trois parades décisives dans le dernier quart d’heure qui laisse son équipe dans le match…

Raphaël Varane : le patron

Le meilleur défenseur du mondial sans aucune contestation ! Infranchissable en un-contre-un, imbattable dans les airs, ultra-rapide en couverture, le madrilène n’a pas laissé grand chose à ses adversaires et est désormais la référence de ce à quoi doit ressembler un défenseur moderne.

Mais surtout, quel révélation dans l’attitude. Alors que l’on pouvait légitimement douter de ses capacités de leadership, le quadruple vainqueur de la Ligue des Champions (à seulement 25 ans !!) à fait taire toutes les critiques. Patron défensif des champions du monde, il a passé un cap, s’est défait de l’ombre envahissante de Sergio Ramos et se pose même en candidat au Ballon d’Or. Pour lui, il y aura eu un avant et un après Russie 2018.

Dejan Lovren : le symbole

Beaucoup ont péféré mettre en avant son compatriote Vida. Pourquoi pas d’ailleurs, le joueur de Fenerbahçe s’est plus montré offensivement et a une vraie « gueule ». Pourtant, j’ai tout de même choisi le roc de Liverpool car il n’y a, pour moi, pas photo défensivement entre les deux.

Lovren, c’est du brutal, du rugueux, du travailleur. Toujours bien placé, fort au duel et vicieux comme il faut, c’est un « chien de la casse », un vrai symbole de cette Croatie pas si flamboyante que ça en phase finale mais déterminée à survivre. Un mec comme ça, toutes les défenses en ont besoin.

Harry Maguire : la révélation

Je ne m’avance pas en affirmant que la très grande majorité des fans de football n’avait aucune idée de qui était le défenseur de Leicester aux cinq petites sélections il y a un mois. Comme moi, le monde a découvert  stupéfait Harry Maguire, bestiasse d’1m94 pour 100 kg à la tronche patibulaire suintant l’agressivité par tous les pores de sa peau et qui n’aurait pas dépareillé dans le Crazy Gang de Vinnie Jones !

Pourtant, il n’est pas juste l’archétype de la Premiere League ou une survivance des années 90 car, en plus de ses qualités athlétiques et mentales, le garçon a vraiment du ballon. À l’aise gonfle au pied, rapide pour son gabarit et efficace dans les deux surfaces (trois buts dans la compétition), il a tout pour s’imposer durablement chez les Three Lions et ne devrait pas s’éterniser chez les Foxes…

Milieu de terrain : des artistes autour de Kanté

N’Golo Kanté : le travailleur

Mais quel abatage ! Le joueur de Chelsea a démontré sur la plus belle scène du monde qu’il n’avait pas de rival dans la récupération du ballon. infatigable ratisseur de  ballons, il a écoeuré tous ses adversaires jusqu’à la finale qu’il malheureusement disputé malade. Quelle injustice pour lui que son corps l’ai lâché juste avant cette rencontre tant il avait marché sur la compétition…

Kanté c’est LE joueur que tous les entraîneurs veulent dans leur équipe. Au delà de ses capacités athlétiques hors normes, il se distingue par une intelligence défensive bluffante. Il voit tout,  anticipe tout, coupe toutes les trajectoires, ressort proprement tous les ballons. Sorte de Makelele 2.0, il ne lui manque qu’un peu plus d’aisance technique dans la projection pour être sans conteste le meilleur milieu de terrain de la planète foot.

Paul Pogba : le régulateur

Il aura certes mis un peu de temps mais le prodige du HAC est arrivé à maturité au meilleur des moments. Épuré de ses grigris inutiles et de ses prises de risques inconsidérées, le jeu du mancunien n’a jamais été aussi efficace. Impeccable dans le combat, idéal pour casser la première ligne et parfait dans le jeu long, il a définitivement trouvé son style : celui du numéro 8 ultime.

Au service de l’équipe, Pogba est irrésistible et s’est comporté comme le vrai leader des champions du monde, par le voix et par le geste. Peu importe qu’il nous régale moins de dribbles fantaisistes ou de frappes surnaturelles,  à 25 ans il a montré qu’il savait se muer en coéquipier exemplaire en faisant passer l’équipe avant lui et c’est bien là l’essentiel car, dès lors, il n’a plus de limites.

Luka Modric : le chef d’orchestre

Rayonnant, époustouflant, phénoménal… les mots manque pour évoquer la prestation du croate pendant cette compétition. Le meneur merengue sait absolument tout faire sur le terrain et pas seulement offensivement. Formidable combattant, au four et au moulin, il aura été le seul à rivaliser avec Kanté sur les statistiques de récupération tout en organisant avec talent le jeu dalmate.

Toujours aussi juste dans la dernière passe, parfait dans le jeu de transition et capable d’allumer de loin au besoin, il n’a aucun point faible et seule son immense modestie risque de le priver d’un Ballon d’Or cent fois mérité. Sur cette Coupe du Monde, Il aura été de loin le meilleur joueur, le mix parfait entre Deschamps et Zidane, le milieu de terrain ultime, un monstre. Indispensable.

Eden Hazard : le feu-follet

Donnez lui la balle où vous voulez, dans les pieds, dans la profondeur ou même à contre-temps, il sera dangereux. Sur son côté gauche, le lutin Belge aura fait vivre un calvaire à tous ses vis-à-vis par ses dribbles déroutants et sa conduite de balle parfaite. Percutant sans arrêt, il est capable de faire exploser n’importe quelle défense.

Au final, seule l’impeccable organisation Bleue aura, difficilement, réussi à le freiner. Sans les Français, qu’il n’a pas non plus épargné dans ses commentaires, il aurait sans doute mené sa sélection, plus complète que la Croatie, au titre suprême. Reste à savoir si la chance se représentera pour le possible remplaçant de CR7 au Real…

Kylian Mbappé : le prodige

On a beau l’attendre au tournant, il arrive toujours à nous surprendre, à faire encore et toujours plus vite que prévu dans nos projections les plus optimistes. Arrivé en Russie comme une promesse, il en repart en candidat au Ballon d’Or. Entre temps, il a émerveillé le monde entier avec une précocité telle que seul le roi Pelé le devance encore.

Exceptionnel de vitesse de vitesse, de technique en mouvement et de justesse tactique, il a été l’arme fatale des champions du monde. Tant et si bien que les adversaires des français se sont plus occupé de lui que de Griezmann, réorganisant leur système en fonction du gamin de Bondy. Cette attention ne l’a pourtant pas empêché de marquer à quatre reprises et de confirmer que, si l’ère Messi-Ronaldo touche à sa fin, le successeur est d’ors et déjà là, prêt à imposer sa loi. À toute vitesse.

Attaque : un duo redoutable

Antoine Giezmann : le diesel

Parti tout doucement, il a terminé la compétition en boulet de canon en ayant l’intelligence de se réinventer pour continuer à apporter le maximum à l’équipe. L’abnégation d’un milieu récupérateur au service de la vista de l’un des plus fins techniciens de sa génération, tout le travail de Simeone à Madrid a payé, l’intelligence de jeu est désormais véritablement sa qualité première.

Face à l’émergence de Mbappé, il a su s’adapter sans en prendre ombrage, reculer sur le terrain pour se muer en première rampe de lancement, en organisateur plutôt qu’en pur finisseur. À l’Euro, il avait été la star, le buteur, en Russie il a presque joué en 10 en apportant son sang froid dans les moments clés. Il avait du mal en finale, en 2018 il aurait été le meilleur joueur des deux qu’il a disputé. Suffisant pour succéder à Ronaldo ?

Harry Kane : le buteur

Depuis la retraite internationale de Rooney, l’Angleterre se cherchait un leader charismatique. Elle l’a trouvé en la personne de la star de Tottenham. Kane est le nouveau visage de cette sélection en plein renouveau qui a enfin retrouvé une demi-finale de Coupe du Monde, 28 ans après la dernière.

Combatif, sérieux et travailleur, le serial buteur est à l’image de ces nouveaux Lions qui se sont construit dans la discrétion et sans polémiques. S’il  a terminé le tournoi beaucoup moins fort qu’il ne l’a débuté, il a néanmoins décroché le soulier d’or avec 6 buts. Suffisant pour intégrer cette équipe type et, du haut de ses 24 printemps, le capitaine n’en est qu’au début de son ascension.

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