Catherine Bellis : le prodige qui va vous réconcilier avec le tennis féminin

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Elle a 17 ans, vient de San Francisco et pourrait bien vous donner envie de rallumer votre télé. Exceptionnel talent, Catherine Bellis est la future patronne du circuit WTA.

Si vous êtes familier de Sport-Vox, vous connaissez sans doute ma grande affection pour le circuit féminin, son jeu stéréotypé, son rythme monocorde et son absence de suspense. Pourtant, l’espoir d’un avenir meilleur existe et nous vient des Etats-Unis ! Surdouée du jeu, Catherine Bellis va exploser cette saison et devenir très vite l’une des meilleures tenniswomen de la planète.

Un passage remarqué aux Petits As

J’ai découvert cette jeune fille du côté de Tarbes pour le tournoi des Petits AS 2013. Alors que depuis le passage au 21ème siècle les joueuses de l’Est faisaient la loi, une gamine d’outre-Atlantique au jeu résolument novateur et atypique a explosé le tableau. Véritable phénomène, la jeune Catherine Bellis (13 ans à l’époque) m’avait scotché par son intelligence tactique et sa capacité d’adaptation quand ses adversaires se contentaient souvent de faire des ronds ou de cogner dans la balle aussi fort que possible.

Vainqueur du tournoi avec une facilité déconcertante, elle m’avait alors convaincu que je venais d’assister à l’émergence d’une future légende du jeu. Et près de quatre ans après, je le pense toujours.

Une progression implacable

Elle n’a effectivement pas tardé à confirmer ces belles dispositions en devenant championne du monde junior dès l’année suivante, à tout juste 15 ans ! Remportant 49 matches sur 56 en U18, elle a exercé une domination quasi despotique sur des joueuses de trois ans ses aînées. Elle ne s’attardera d’ailleurs pas sur un circuit junior beaucoup trop étroit pour elle, n’y disputant qu’un tournoi depuis 2015. La même année, elle s’est même offert son premier succès sur le circuit WTA, pour son premier match, à l’US Open contre la 12ème mondiale Dominika Cibulkova, rien que ça !

La suite, ce sont deux années de formation sur les circuits secondaires avec quelques incursions remarquées sur le tour principal. Sa saison 2016 lui a d’ailleurs permis de remporter déjà son premier tournoi WTA à Hawaï et d’intégrer le Top 100 avec seulement six tournois au compteur. Tournois durant lesquels elle affiche un taux de victoires de 71%, juste hallucinant… Seulement battue par des joueuses du calibre de Venus Williams, Monica Puig ou Angélique Kerber, elle commence 2017 à la 74ème place mondiale.

2017, attaquée tambour battant

Désormais libérée des limitations d’inscriptions en tournois liés à son âge (10 tournois maximum par an jusqu’à 16 ans), on va enfin voir la californienne sur une saison pleine et ça va faire très mal ! Pour son premier tournoi de la saison cette semaine à Dubaï, elle a d’ailleurs déjà cassé le tableau. Après des victoires convaincantes contre Putintseva et Sigemund, respectivement 27ème et 41ème mondiale, elle s’est offert le scalp de son premier Top 5, Agniezska Radwanska. Un match magnifique, sorte de condensé des qualités du prodige américain.

Face à l’une des meilleures tacticiennes du circuit, elle s’est montrée impériale, trouvant en permanence des solutions techniques, tactiques et mentales. Malgré la perte sèche du second set, souvent fatale aux jeunes pousses contre les cadors, elle s’est comporté en patronne. Ne se laissant jamais gagner par la tension, elle a survolé la troisième manche pour s’offrir un premier quart de finale cette saison. Sa réaction après le match est symptomatique de son caractère, pas d’effusion excessive, juste le sentiment du travail accompli.

Un jeu déjà à maturité

Pourtant, de prime abord, elle n’a rien d’impressionnant. Du haut de son 1m68, elle n’a ni le gabarit ni la puissance des patronnes du circuit. Sa force est ailleurs, dans un coup d’œil phénoménal au service d’une technique presque parfaite. Son revers à deux mains est ainsi un modèle du genre. Timing, relâchement, il est illisible pour ses adversaires qui ne voient souvent que trop tard la zone visée. Quand on sait que côté coup droit ce n’est pas mal non plus, on comprend mieux pourquoi Radwanska, constamment attaquée par les retours laser de Bellis, n’a remporté qu’un seul de ses jeux de service pendant la troisième manche… Seul bémol, une mise en jeu qui, bien que variée, est encore un peu tendre. Mais le meilleur est encore à venir.

Car oui, Bellis est avant tout exceptionnelle dans la tête. Mentalement d’abord, elle n’a peur de rien ni personne et ne semble pas connaître la pression. Elle sait où elle va et chaque victoire n’est qu’une étape. Tactiquement ensuite, elle possède une lecture du jeu hors norme et une capacité à jouer tous les coups du tennis en alternant tous les effets. Capable de tout prendre en demi-volée comme de temporiser, elle n’aime rien tant qu’endormir son adversaire en variant les angles et les longueurs avant de placer des accélérations assassines. Avec pourquoi pas, au détour d’un point, un amorti bien senti. Ne manque plus que quelques montées au filet pour tomber amoureux…

Bref, avec une telle pépite Serena peut sereinement envisager de prendre retraite et nous de regarder à nouveau des tournois WTA.

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