Bilan F1 2018 : sur la piste, destins contrastés pour les français

La saison 2018 de F1 s’est achevée le 25 novembre dernier avec le Grand prix d’Abou Dabi et c’est désormais l’heure de faire le bilan des forces françaises. Après nous être intéressé aux paddocks, place aux pilotes.

En 2018, trois pilotes français étaient présents sur la grille : Romain Grosjean chez Haas-Ferrari, Pierre Gasly chez Toro Rosso-Honda et Esteban Ocon chez Force India-Mercedes. Et pour nos trois pilotes, le bilan de la saison est mitigé. Aucun de nos trois représentants ne figurent dans le Top 10 du classement des pilotes : Ocon est 12eavec 49 points, Grosjean est 14eavec 37 points et Gasly est 15eavec 29 points.

Grosjean toujours brouillon

Débutons ce bilan avec le pilote français le plus expérimenté du plateau : Romain Grosjean. A 32 ans, il a été fidèle à sa réputation de pilote aussi rapide que kamikaze. Sur le plan négatif, il a été à l’origine du gros carambolage en Espagne et a touché le fond en partant tout seul à la faute en Azerbaïdjan alors que la course était sous le régime de la Safety car, ce qui fait vraiment mauvais genre pour un pilote qui affiche 8 saisons de F1 et plus d’une centaine de GP à son actif…

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À force de multiplier les erreurs (il est également impliqué dans les accidents aux départs du GP de France et des Etats-Unis), Grosjean était même à deux doigts d’écoper d’un GP de suspension car il ne lui restait plus beaucoup de points sur son permis (oui, oui, le permis à points existe aussi en F1). Fort heureusement pour lui, les compteurs étaient remis à zéro au GP du Brésil et il a pu échapper à une sanction en fin de saison.

Et comme si cela ne suffisait pas, la poisse s’est invitée : Romain Grosjean a été victime à deux reprises des erreurs de son écurie. En Australie, une 4eplace s’est envolée à cause d’un écrou de roue mal serré par un mécanicien lors d’un arrêt aux stands. Et en Italie, Romain Grosjean avait terminé la course au 6erang, sur l’exigeant circuit de Monza, avant d’être disqualifié pour voiture non conforme, Haas n’ayant pas respecté un point du règlement…

En dépit de ces vents contraires, Romain Grosjean est encore parvenu à faire taire ses détracteurs : il a terminé 4een Autriche, en réalisant une course magnifique et a obtenu de belles places sur les circuits redoutés de Spa-Francorchamps (7e) et Suzuka (8e). Avec Grosjean, Haas, vient même de vivre sa meilleure saison en F1 et a donc logiquement prolongé le pilote français pour l’année 2019. Il faut maintenant que Grosjean arrive enfin à maîtriser sa fougue pour réaliser une saison solide de bout en bout car comme le disait Niki Lauda, légende de la F1, il y a quelque temps : « Grosjean a l’étoffe pour devenir un champion ». Et, même si elle temps presse, on a franchement envie de donner raison à Lauda.

Gasly s’illustre malgré Honda

Des trois pilotes français engagés cette saison, Pierre Gasly est celui qui a le plus progressé et ce, en dépit du peu performant et peu fiable moteur Honda de sa Toro Rosso. Pour cette saison, les écuries disposaient de trois moteurs pour l’ensemble des 21 courses et Gasly en a utilisé… huit. Conséquence, il a écopé de nombreuses places de pénalités, devant ainsi souvent partir en fond de grille et étant contraint à cinq abandons en course.

Pourtant, Pierre Gasly s’est illustré de fort belle manière pour sa première saison complète en F1 (il n’avait disputé que 5 GP en 2017). A seulement 22 ans, on retiendra que le pilote normand (il est né à Rouen), a époustouflé la planète F1 en se classant 4edu GP de Bahreïn. Ajoutons à cela une belle 7eplace à Monaco et on comprend mieux pourquoi Red Bull, l’écurie grande sœur de Toro Rosso, a décidé d’en faire le successeur de Daniel Ricciardo (qui part chez Renault).

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Chez Red Bull, Gasly aura l’opportunité de rouler pour un top team. Il devra toutefois faire équipe avec le redoutable mais impétueux Max Verstappen (21 ans mais déjà 5 victoire à son actif). Le pilote tricolore aura cependant un léger avantage sur son coéquipier néerlandais : Red Bull sera désormais équipé d’un moteur Honda (qui succède au moteur Renault) que Pierre Gasly connaît à la perfection. Reste à Honda à enfin fournir un moteur performant et fiable pour que Gasly puisse enfin vivre une saison sans avoir à se soucier de sa mécanique. Si tel est le cas, il pourrait pourquoi pas faire enfin résonner la Marseillaise sur un Grand Prix pour un pilote, on attend ça depuis 1996 et nous, comme Alain Prost, on y croit !

Ocon : une saison en enfer

Si la Normandie est heureuse et pleine d’espoir avec Gasly, elle fait en revanche grise mine avec Esteban Ocon. Le natif d’Evreux, âgé de 22 ans, sera sans volant en 2019… Pourtant, à l’aube de la saison 2018, nombreux étaient ceux qui pensaient Ocon capable de décrocher son premier podium en F1. Le hic, c’est qu’il a été dominé pendant presque toute la saison par son coéquipier, le Mexicain Sergio Pérez. Esteban Ocon s’est surtout mis en évidence lors des qualifications avec en point d’orgue une troisième place sur la grille de départ à Monza, malgré une piste humide, mais cela n’est pas suffisant : briller sur un tour est une excellente chose mais on attend surtout d’un pilote de briller pendant les 50 à 60 tours d’une course.

Bien évidemment, Ocon n’a pas été aidé par le climat morose de son écurie. Le patron de Force India, Vijay Mallya, est en effet soupçonné de fraude et de détournement de fonds après avoir emprunté de l’argent auprès de plusieurs banques, pour maintenir à flot sa compagnie aérienne Kingfisher Airlines et pour financer Force India. Le manque de liquidité de Force India a empêché l’écurie d’améliorer sa monoplace et, un malheur n’arrivant jamais seul, Mallya a été obligé de vendre son écurie au cœur de la saison. Et c’est là que la saison d’Ocon a viré au cauchemar : car le nouveau propriétaire de l’écurie Force India, rebaptisée depuis Racing Point F1, est le milliardaire canadien Lawrence Stroll. Or, ce dernier a annoncé qu’il remplacerait Ocon par son propre fils, Lance Stroll, pour la saison 2019.

À partir de ce moment-là, Ocon a roulé sous pression dans l’espoir de trouver un volant pour 2019. Hélas, à vouloir trop en faire pour épater la galerie, il a fini par fauter lors du GP du Brésil : alors qu’il était retardataire, il a tenté de se dédoubler du leader de la course, Max Verstappen, provoquant un accrochage entre les deux pilotes et s’attirant les foudres du paddock (une altercation a même éclaté après la course entre Verstappen et Ocon). Soutenu financièrement par Mercedes, qui n’a pas réussi à la placer dans une autre écurie pour 2019, Esteban Ocon a été nommé troisième pilote de l’écurie allemande en guise de consolation. Et sauf blessure ou maladie d’un des deux titulaires (Lewis Hamilton et Valterri Bottas), ce que l’on ne souhaite pas, Esteban Ocon ne devrait pas rouler en 2019. Mais le directeur de Mercedes, l’Autrichien francophone et francophile Toto Wolff l’a assuré : Esteban Ocon sera de retour en 2020.

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Et pourquoi pas avant ? Valteri Bottas, n°2 de l’écurie allemande n’a pas forcément réussi une belle fin de saison, décevant régulièrement ses employeurs. De là à voir une opportunité pour Ocon de lui chiper la place, le pas est grand mais pas complètement irréaliste. Et même s’il devait rester remplaçant toute la saison, ce n’est pas rédhibitoire pour la suite de sa carrière. Avant lui, Fernando Alonso ou Felipe Massa sont passés par une rétrogradation avant de définitivement s’imposer et réaliser les carrières que l’on sait. La situation du normand n’est donc pas désespérée, loin de là, rappelons qu’il n’a que 22 ans…

Si on attend toujours un successeur à Olivier Panis, dernier vainqueur d’un Grand Prix à Monaco, la situation est moins alarmante qu’elle a pu l’être il y a quelques années et on ne désespère pas de revoir, dans 2/3 ans, un tricolore se battre de nouveau pour le titre.

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