Bilan F1 2018 : dans les paddocks, la France recommence à peser

La saison 2018 de F1 s’est achevée le 25 novembre dernier avec le Grand prix d’Abou Dabi et c’est désormais l’heure de faire le bilan des forces françaises. On commencera par s’intéresser à ce qui s’est passé en dehors des pistes.

Si la France n’est plus la superpuissance qu’elle a pu être dans les années 1980, elle semble cependant amorcer une sortie progressive du désert qu’elle a traversé depuis la retraite d’Alain Prost. On est encore loin d’avoir trouvé un successeur au « professeur », mais les représentant hexagonaux semblent recommencer à peser, dans les paddocks.

Le retour du GP de France

Débutons pour LA grande nouvelle pour le sport automobile tricolore, le retour de la F1 en France. Après dix ans d’absence, la manche française a enfin fait son retour au calendrier. Magny-Cours a laissé place au Castellet qui avait déjà accueilli le GP de France à plusieurs reprises (1971-1983 puis 1985-1990).

Cette absence était un crève-cœur pour les fans français d’autant plus qu’il faut garder à l’esprit que c’est la France qui a inventé les courses automobiles. Et sans surprise, le public a été au rendez-vous avec pas moins de 160 000 personnes le temps d’un week-end selon les chiffres communiqués par les organisateurs.

Seul bémol, ce succès populaire a été le théâtre d’immenses embouteillages (comme c’est le cas pour de nombreux GP à l’étranger) et les spectateurs ont eu un mal fou à se garer. Mais les organisateurs ont prévu de faire le maximum pour que cela ne se reproduise plus la saison prochaine et on espère qu’ils tiendront parole.

Renault doit encore progresser

Sur le plan sportif, analysons tout d’abord la saison de Renault, seule écurie française du plateau. La marque au losange a fait son retour sur les circuits en 2016 et ne cesse, depuis, de progresser : 9esur 11 en 2016 avec 8 points, 6e sur 10 en 2017 (57 points) et 4esur 10 cette année (122 points). Renault s’est donc positionnée en 2018 comme la « meilleure des autres » derrière les intouchables Mercedes, Ferrari et Red Bull (cette dernière étant pourtant équipée d’un moteur Renault).

Mais cette progression ne doit pas masquer l’absence de victoire, de pole position et de podium depuis le retour de l’écurie sur les circuits. Alors pour renouer avec le succès et surtout, se mêler à lutte pour le titre, comme c’était le cas au milieu des années 2000 avec deux couronnes mondiales à la clé, Renault a réussi le plus beau coup du mercato des pilotes en recrutant Daniel Ricciardo. Le pilote australien (29 ans), qui roulait chez Red Bull, affiche un beau pedigree avec 7 victoires et 3 pole positions en 143 GP.

https://platform.twitter.com/widgets.js

Ricciardo fera équipe avec Nico Hülkenberg, un pilote allemand âgé de 31 ans et membre de l’écurie depuis 2017. Talentueux mais souvent jugé trop gentil, Hülkenberg qui détient le triste de record du plus grand nombre de course sans le moindre podium peut tout de même se vanter d’avoir remporté les 24 Heures du Mans en 2015.

Dès lors, on espère qu’en 2019, Renault pourra fournir à ces deux pilotes une monoplace à la hauteur de leurs ambitions. Renault sait que son châssis doit être amélioré tout comme son moteur. Ce n’est pas un hasard si Renault et Red Bull ont divorcé cette année. L’écurie autrichienne passait son temps à se plaindre du moteur français (beaucoup de pannes malgré 4 victoires). Mais la perte de Red Bull comme client n’est pas une mauvaise nouvelle en soi : Renault n’aura plus qu’un seul client en 2019, McLaren, ce qui permettra à l’écurie française de moins se disperser.

Directeurs sportifs : Vasseur à l’honneur

Abordons pour finir ce bilan, la saison des directeurs sportifs français : Cyril Abiteboul chez Renault, Eric Boullier chez McLaren-Renault et Frédéric Vasseur chez Sauber-Ferrari.

Pour Cyril Abiteboul, pas grand chose à dire, son bilan est positif. Avec les progrès constants de Renault et la signature d’une recrue phare : le pilote Daniel Ricciardo, 2018 restera un bon cru et 2019 s’annonce sous les meilleurs auspices.

Fin de parcours en revanche pour Eric Boullier. L’aventure McLaren, débutée en janvier 2014 s’est achevée l’été dernier par sa démission. Le Français, qui avait fait du bon travail chez Lotus de 2010 à 2013, a été le fusible idéal de McLaren qui enchaîne les mauvaises saisons depuis plusieurs années (sa dernière victoire remontant à 2012 !). Un bouc émissaire qui n’en méritait sans doute pas tant.

Frédéric Vasseur, enfin, peut être fier du travail accompli chez Sauber-Ferrari. Arrivé à l’été 2017 au sein d’une écurie moribonde, dernière du championnat, il a su redresser la barre avec brio. Sauber a terminé la saison 2018 au 8erang avec 48 points (contre 5 en 2017). Considéré comme le Guy Roux des sports mécaniques pour sa capacité à faire progresser les jeunes pilotes, il a cette saison accompagné l’éclosion du jeune monégasque Charles Leclerc, recruté par Ferrari en 2019. Et en échange, Frédéric Vasseur a pu récupérer l’expérimenté Kimi Räikkönen (39 ans, champion du monde en 2007), laissé libre par la Scuderia et qui viendra terminer sa carrière au sein de l’écurie suisse qui l’avait fait débuter en F1 en 2001.

La France redevient donc petit à petit une nation qui pèse dans les paddocks, reste à voir vendredi ce qu’il en est sur la piste…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *