Avec sa muraille brésilienne, Paris reste notre favori

Largement favori de son huitième de finale a moment du tirage au sort, le Paris Saint-Germain a vu sa cote s’effriter inexorablement avant de défier ce soir Manchester United. Pourtant, il existe encore beaucoup de raisons d’espérer.

Au PSG, l’histoire semble se répéter. Le 17 décembre dernier, le club parisien en pleine forme et brillant vainqueur de Liverpool, héritait de Red Devils au plus mal. Largué en Premiere League et complètement englués dans les conflits internes, le triple vainqueur de la compétition avait toute de la victime expiatoire idéale : du prestige mais un niveau de jeu en déliquescence. Pourtant, en deux mois, tout a changé au point d’imaginer une qualification parisienne comme presque utopique.

Une rencontre plus serrée que jamais

Un retournement express de situation

En effet, les deux clubs ont suivi des courbes de forme inverses. Du côté d’Old Trafford, Ole-Gunnar Solskjaer, remplaçant d’un Mourinho débarqué, s’est révélé être aussi efficace comme supersub sur le banc qu’il ne l’était sur le terrain et a opéré un spectaculaire  retour en forme des siens. Avec 11 victoires et un nul en douze rencontres, le Norvégien a transfiguré son équipe de retour aux affaires en Championnat et qui fait de nouveau peur à l’Europe.

Mais plus que les résultats, c’est la manière qui impressionne. Offensivement, les Redvils se sont retrouvés dans le sillage d’un Paul Pogba revenu à son meilleur niveau. Les statistiques ne mentent pas puisque les mancuniens marquent 2,5 buts par match avec Solskjaer contre 1,6 sous la houlette de Mourinho.  Cependant, c’est surtout défensivement que la transformation est saisissante. Complètement apeurée à l’image d’un De Gea méconnaissable et enchainant les boulettes, l’arrière garde mancunienne est passé de 1,5 à 0,6 buts encaissés par match. Quant au gardien espagnol, il est de nouveau l’un des portiers les plus efficaces de la planète foot.

À l’inverse, Paris n’a plus grand-chose de la belle mécanique de la fin d’automne. La faute à un mercato mal géré avec notamment l’épineux cas Rabiot mais également, et surtout, en raison d’une épidémie de blessures majeures au sein de son effectif. Meunier, Cavani et surtout Neymar manqueront ainsi à l’appel de ce choc. De plus, le milieu de terrain orphelin de Rabiot, avec un Verratti de retour de blessure et un Paredes pas encore prêt parait bien léger au moment de défier la redoutable triplette Matic-Pogba-Herrera. Le scénario ressemble à s’y méprendre à celui de l’an dernier lorsqu’ils s’étaient inclinés sans Neymar face à un Real de retour du diable vauvert. De là à penser que les parisiens vont connaitre une nouvelle désillusion, il n’y a qu’un pas…

Un PSG plus costaud défensivement

Un pas qu’à Sport-Vox, nous avons décidé de ne pas franchir ! Oui, il est évident que la marge entre les deux clubs s’est largement diminuée, oui le challenge d’affronter Pogba et les siens est tout autre qu’il y a quelques mois. Cependant, si l’écart s’est réduit, il ne faut pas oublier qu’il était abyssal au moment du tirage au sort tant le onze de Mourinho était dysfonctionnel quand celui de Tuchel trouvait son équilibre. Malgré la réduction de l’écart, on ne peut pas passer d’une situation d’ultra-favori à celle d’outsider en seulement deux mois.

Il reste effectivement des raisons de penser que le PSG va réussir à se sortir des griffes des Red Devils. Tout d’abord, si cette équipe à la sauce Solskjaer est enthousiasmante, elle manque encore énormément de vécu et d’expérience collective. Son tableau de chasse est légèrement en trompe l’œil puisqu’au court de sa série, elle n’a pas été confrontée à de réels cadors. Arsenal, dominée 3-1 est en panne de résultats alors que Tottenham, largement dominateur, est tombé sur un De Gea en état de grâce. Ses sautes de tensions, comme contre Burnley, sont encore fréquentes et ne sont pas compatibles au très haut niveau.

Deuxièmement, les absences parisiennes changent la donne tactiquement. Diminués, les parisiens vont présenter un bloc plus bas, articulé autour d’un axe monstrueux Marquinhos-Silva-Kimpembe, obligeant les mancuniens à porter la balle et à se découvrir, laissant ainsi des boulevards dans le dos de leur lourde défense. Des espaces dont Mbappe devrait se régaler. S’ils peuvent marquer à tout moment, difficile ainsi d’imaginer les Red Devils préserver leur cage inviolée. Une donnée essentielle au moment d’accueillir les anglais dans trois semaines pour le match retour qui s’annonce décisif. Comme souvent, cette double confrontation pourrait se gagner derrière et là, les parisiens sont très largement au dessus.

Si le nivellement des valeurs rend donc la rencontre de ce soir beaucoup plus excitante que prévu au soir du tirage au sort, le favori reste cependant le même à nos yeux et il est parisien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *