Après un nouveau mercato raté, la politique sportive du PSG interpelle

Nous sommes le 1er février, le mercato d’hiver est clos après une dernière journée finalement pauvre en rebondissements.  Notamment du côté de la capitale où la gestion des transferts soulève de nouveau des questions.

Cette fois c’est bien terminé, le sportif va pouvoir enfin reprendre ses droits, ce marché inutile est fermé et ce n’est vraiment pas pour me déplaire. Au bilan, alors que l’on attendait monts et merveilles du club de la capitale, c’est avec un arrière-goût d’inachevé que les supporters parisiens vont aborder  la deuxième partie de saison. En effet,  ce mercato a encore étalé au grand jour les incohérences de fonctionnement du PSG.

Toujours pas de sentinelle en vue

Comme depuis deux ans, le PSG avait une priorité absolue, remplacer enfin Thiago Motta en signant en milieu défensif de haute tenue et encore une fois, cette quête apparaît inachevée. Dans deux semaines, les champions de France iront probablement défier un Manchester United en pleine bourre en bricolant un milieu de terrain autour de Marquinhos. Si le brésilien ne démérite pas, il n’est pas non plus un technicien de haute volée et sa présence dans l’entrejeu laisse un vide en défense centrale.

Alors oui, Paris a signé Paredes, un très bon joueur payé au prix fort, mais ce dernier ne règle absolument pas le problème. Par son profil tout d’abord, l’argentin est un super technicien avec un jeu long  à faire rougir Andrea Pirlo mais est-ce vraiment ce dont le club a besoin ? Pas selon moi, Verratti ayant de solides arguments dans ce domaine. Non, ce dont le club avait besoin, c’est d’impact, de puissance et de vice, d’un vrai récupérateur capable de rivaliser avec Pogba et Matic. Et ça, c’est loin d’être le point fort de l’ancien du Zenith.

Mais surtout, le club avait besoin d’un joueur immédiatement opérationnel. Avec l’impressionnant retour en forme des Red Devils et la blessure de Neymar, dire que les débats se sont rééquilibrés est un euphémisme. La saison du club parisien va se jouer dès février et sa recrue phare, au repos depuis début décembre, ne sera certainement pas en mesure de jouer un rôle déterminant. Même pas sûr qu’il soit d’ailleurs de jouer un rôle du tout… Bref, alors qu’ils ont eu un mois pour préparer cette échéance, les dirigeants parisiens n’ont offert aucune solution à Tuchel qui va aborder ce huitième avec un milieu de terrain dégarni.

Le cas Rabiot : une aberration

Car oui, non seulement le club ne s’est pas véritablement renforcé à court terme mais, en plus, il s’offre le luxe de se priver d’un international confirmé et performant dans son secteur de jeu le plus défaillant. Je parle bien évidemment du cas Adrien Rabiot qui symptomatise à lui seuls les errements, pour ne pas dire plus, de la direction parisienne. À deux semaines de se confronter à la redoutable triplette mancunienne Matic-Pogba-Herrera, comment peut-on se permettre d’écarter un tel joueur ?

Alors oui, le joueur est loin d’être exempt de tout reproche, oui il a toujours été un poil à gratter voire un poil de cul coincé entre les dents des qataris mais soyons sérieux, la gestion de son cas a été désastreuse !  Le joueur est dans son droit de vouloir aller au bout de son contrat et le coup de pression de ses dirigeants pour qu’il prolonge aura été pitoyable et contre productif.  Non content de perdre un actif financier, le PSG a décidé de se mettre une balle dans le pied sportivement. Payer à rien faire un joueur de ce calibre alors que son impact au milieu serait plus que bienvenu, c’est du grand n’importe quoi.

Le PSG a transformé une situation banale en comedia del arte, une négociation difficile en soap opera et c’est le club qui en sort affaibli. Des joueurs en fin de contrat, cela arrive dans tous les clubs, tous les ans sans que ça prenne des proportions aussi ridicules. Can, Khedira, Ramsey… nombreux sont les cas où des joueurs en fin de contrat ont joué et rendu service à leur club jusqu’à la dernière seconde. Visiblement pas à Paris où, non content de le perdre, ils perdent également sa dernière saison. Il fallait être sacrément stupide pour penser qu’il accepterait de partir cet hiver en s’asseyant sur une confortable prime d’arrivée…

Henrique sur un siège éjectable

Stupide ou incompétent ? Car c’est finalement ce qu’on est en droit de se demander en analysant les actions de la cellule parisienne qui semble parfois fonctionner à l’envers et sans aucune cohérence ni coordination. L’agacement régulier de Tuchel en conférence de presse est représentatif des tensions internes qui minent ce club en période de transferts. Un conflit ouvert semble désormais inévitable entre Antero Henrique et l’entraîneur allemand tant ce dernier apparaît remonté contre ses dirigeants.

Il faut le comprendre, comment peut-on expliquer qu’alors que la signature d’un milieu défensif est ultra prioritaire depuis des mois, le club n’ait pas été en mesure de répondre aux attentes de son coach ? On aurait pu penser que le mercato aurait été préparé et qu’une sentinelle prête à  en découdre, type Gueye ou Doucouré (cibles manquées par frilosité) débarquerait dès l’ouverture du marché. Au lieu de cela, et alors qu’il doit se priver de Rabiot et Verratti, Tuchel récupère à la dernière seconde un meneur de jeu à court de rythme, c’est à désespérer des plus flegmatiques que lui…

Le pire est que le club n’en est pas à son coup d’essai tant ce mercato ressemble à s’y méprendre à celui de l’an dernier. Un mois pour récupérer un Diarra hors de forme qui n’avait strictement rien apporté sportivement, un camouflet pour Henrique qui a pourtant remis le couvert. Quand on sait que c’est également lui qui capitalise toute la rancœur du clan Rabiot qui ne souhaitait même plus lui parler, on peut vraiment s’interroger sur la capacité du portugais à répondre aux attentes du club et à assumer ses ambitions.

Avec une gestion des transferts encore une fois très discutable et critiquée, le Directeur Sportif du PSG est désormais sous une intense pression En cas de déconvenue contre les hommes de Solskjaer, le fusible est tout trouvé, il s’appelle Antero Henrique.

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